jeudi 13 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2408362 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET KOSZCZANSKI & BERDUGO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 juillet 2024, M. A B, représenté par Me Koszczanski, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 5 juin 2024 du préfet de Seine-et-Marne en tant qu'il porte refus de délivrance d'un titre de séjour et obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours à compter de la notification de la décision ;
2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " ou, à défaut, de réexaminer sa demande dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration est incomplet, qu'il ne comporte pas les signatures lisibles des médecins composant le collège qui a rendu un avis, et que le rapport établi par le médecin rapporteur omet certaines informations relatives à son état de santé ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 425-9, L. 423-23, L. 421-1 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2024, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
L'Office français de l'immigration et de l'intégration, représenté par son directeur général, a produit des observations enregistrées le 10 décembre 2024 et communiquées.
Il fait valoir que le suivi médical et les traitements dont M. B a besoin sont disponibles au Bangladesh.
Par une ordonnance du 10 décembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 7 janvier 2025 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Massengo a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant bangladais né en 1965, déclare être entré en France en 2005. Il a bénéficié d'une carte de séjour temporaire en raison de son état de santé valable du 12 août 2015 au 11 août 2016, puis régulièrement renouvelée jusqu'au 12 juin 2020. Par un arrêté du 25 juillet 2022, le préfet de Seine-et-Marne a refusé de faire droit à sa demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre de son activité salariée ou, subsidiairement, de renouvellement de son titre de séjour mention " vie privée et familiale " pour motif médical. Par un jugement du 6 février 2024 rendu dans l'instance n° 2210679, le tribunal a annulé cet arrêté et a enjoint au préfet de Seine-et-Marne de réexaminer la demande de M. B. A la suite du réexamen, cette autorité a, par un arrêté du 5 juin 2024, refusé de faire droit à la demande de l'intéressé, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté en tant qu'il porte refus de délivrance du titre de séjour sollicité et obligation de quitter le territoire français.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision attaquée énonce les dispositions légales applicables ainsi que les faits qui en constituent le fondement. Par suite, et dès lors que la motivation d'une décision administrative ne se confond pas avec le bien-fondé de ses motifs, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, M. B soutient que la décision susvisée est entaché d'un défaut d'examen approfondi de sa situation, dès lors d'une part que le préfet de Seine-et-Marne devait procéder à une nouvelle saisine du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) afin d'obtenir un avis actualisé. Toutefois, M. B n'établit pas avoir, suite au prononcé de l'injonction de réexamen par le tribunal dans son jugement rendu dans l'instance n° 2210679, fait part d'éléments circonstanciés relatifs à l'aggravation de son état de santé qui auraient dû conduire le préfet à saisir, à nouveau, le collège de médecins de l'OFII avant l'édiction de l'arrêté du 5 juin 2024. D'autre part, M. B soutient que le défaut d'examen est caractérisé dès lors que le rapport établi par un médecin de l'OFII et transmis au collège ayant rendu l'avis du 7 janvier 2022 ne fait pas mention du " risque cardiaque " souligné par son médecin traitant dans le certificat médical transmis à l'OFII. Toutefois, le rapport médical rédigé par le médecin de l'OFII à destination du collège de médecin mentionne la " cardiopathie ischémique (chronique) " de l'intéressé et indique les différents traitements administrés. Ces informations permettaient, par elles-mêmes, de porter à la connaissance du collège de médecins l'existence du risque cardiaque encouru par M. B en l'absence de prise en charge. Enfin, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces du dossier que le préfet de Seine-et-Marne n'aurait pas examiné la situation de M. B en ce qui concerne sa situation professionnelle. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen doit être écarté en toutes ses branches.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. " De plus aux termes de l'article R. 425-12 de ce code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement le demandeur ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre (). Il transmet son rapport médical au collège de médecins. En outre, l'article 6 de l'arrêté du 27 décembre 2016 pris pour l'application de ces dispositions énonce que : " () un collège de médecins () émet un avis () précisant : / a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ; / b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; / c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; / d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays () ".
5. Il ressort des pièces du dossier qu'avant de refuser la délivrance du titre de séjour, le préfet de Seine-et-Marne a sollicité l'avis du collège de médecins de l'OFII sur l'état de santé de M. B. Premièrement, il ressort de la copie de l'avis rendu le 7 janvier 2022 que ce collège s'est prononcé après transmission, le 22 décembre 2021, du rapport médical établi le même jour par un médecin rapporteur relevant l'existence d'une maladie pulmonaire obstructive chronique et d'une cardiopathie ischémique chronique. Deuxièmement, par cet avis, le collège de médecin s'est prononcé sur l'état de santé de M. B, sur les conséquences du défaut de prise en charge, sur l'accessibilité des soins dans son pays d'origine et sur la possibilité pour l'intéressé de voyager sans risque. Dès lors que les médecins ont estimé que la condition liée à l'indisponibilité des traitements dans le pays d'origine n'était pas remplie, ils n'étaient pas tenus de préciser la durée prévisible des soins. De plus, le collège de médecin n'était pas non plus tenu, au regard des dispositions précitées, de reporter sur leur avis les informations relatives aux pièces et éléments de la procédure suivie préalablement à l'établissement de leur avis. Troisièmement, les noms, prénoms et signatures des médecins membres du collège apparaissent de manière lisible sur ledit avis du 7 janvier 2022, dont la copie a été produite par l'OFII et versée aux débats. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure de recueil de l'avis du collège de médecins de l'OFII doit être écarté en toutes ses branches.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. () / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. /()/ ".
7. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'OFII allant dans le sens de ses dires doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance d'un titre de séjour. Il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
8. Pour refuser la délivrance du titre de séjour sollicité par M. B, le préfet de Seine-et-Marne s'est fondé sur l'avis du collège de médecins de l'OFII en date du 7 janvier 2022, selon lequel l'état de santé de l'intéressé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut devrait entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine, il pouvait y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Il ressort des pièces du dossier que M. B est atteint d'une maladie pulmonaire obstructive chronique et d'une cardiopathie ischémique chronique, induisant la prescription de plusieurs médicaments : le " seretide ", le " nebivolol ", le " duoplavix " et l' " atorvastatine ". Si l'intéressé soutient que ces traitements ne sont pas effectivement disponibles dans son pays d'origine, il se borne à produire un courriel reçu d'un laboratoire pharmaceutique l'informant que le " nebivolol ", médicament générique qu'il produit, est susceptible d'être commercialisé au Bangladesh par un autre laboratoire, une liste incomplète des médicaments essentiels au Bangladesh, datant de 2008, et à retranscrire des données à caractère général relatives au système de santé de ce pays. Ces seuls éléments ne sont pas de nature à remettre en cause l'appréciation des médecins de l'OFII quant à la possibilité pour lui de bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet de Seine-et-Marne, qui ne conteste pas la réalité et la gravité de ses pathologies nécessitant une prise en charge médicale, a méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en lui refusant le renouvellement de son titre de séjour.
9. En cinquième lieu, lorsqu'il est saisi d'une demande de délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'une des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet n'est pas tenu, en l'absence de dispositions expresses en ce sens, d'examiner d'office si l'intéressé peut prétendre à une autorisation de séjour sur le fondement d'une autre disposition de ce code, même s'il lui est toujours loisible de le faire à titre gracieux, notamment en vue de régulariser la situation de l'intéressé. En l'espèce, M. B n'établit pas avoir présenté une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de cet article est inopérant et ne peut qu'être écarté.
10. En sixième lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1,L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
11. M. B ne conteste pas être marié à une personne résidant au Bangladesh et être le père de trois enfants qui vivent également dans ce pays où il a lui-même vécu jusqu'à l'âge de quarante ans selon ses déclarations. S'il soutient qu'il est entré en France en 2005, qu'il y travaille depuis 2015 et qu'il dispose en conséquence de nombreuses attaches personnelles et professionnelles sur le territoire, il ne produit aucune pièce permettant d'apprécier la nature et l'intensité de ces liens. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que le préfet de Seine-et-Marne a méconnu les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
12. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
13. Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui déclare sans l'établir être entré en France en 2005, travaille en contrat à durée indéterminée au sein du même établissement de restauration depuis le mois de juillet 2015, à temps non complet jusqu'en novembre 2016 et à temps complet à compter de ce mois. Dans ces conditions, au regard de l'ancienneté de son intégration professionnelle, l'intéressé est fondé à soutenir que le préfet de Seine-et-Marne a commis une erreur manifeste d'appréciation en considérant qu'il ne justifiait pas de motifs exceptionnels au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
14. Toutefois, aux termes de l'article L. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public. ". Au cas particulier, le préfet de Seine-et-Marne s'est également fondé, pour rejeter la demande de M. B, sur le motif tiré de ce que son comportement constitue une menace à l'ordre public.
15. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été condamné le 28 janvier 2021 par le tribunal correctionnel de Fontainebleau à une peine d'emprisonnement avec sursis d'une durée d'un an ainsi que d'une interdiction de détenir ou de porter une arme soumise à autorisation pendant cinq ans, pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'incapacité supérieure à huit jours. Si M. B soutient que ces faits ont eu lieu sur son lieu de travail, qu'il a bénéficié du soutien de son employeur et que l'autre protagoniste de l'altercation a été licencié, il ne produit aucune pièce au soutien de ses allégations. De plus, bien que le casier judiciaire du requérant ne comporte pas d'autres mentions, les faits précités sont récents au regard de la date de la décision attaquée et présentent un niveau élevé de gravité. Dans ces conditions, le préfet de Seine-et-Marne n'a pas commis d'erreur d'appréciation en retenant que le comportement de M. B constituait une menace à l'ordre public. En outre, il résulte de l'instruction que le préfet de Seine-et-Marne aurait pris la même décision s'il s'était fondé uniquement sur ce motif. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des articles L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'erreur d'appréciation quant à l'existence d'une menace à l'ordre public, doivent être écartés.
16. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour doivent être rejetées.
En ce qui concerne la légalité de l'obligation de quitter le territoire français :
17. Aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
18. Il résulte des constatations opérées au point 11 que M. B n'établit nullement l'intensité des liens personnels et familiaux qu'il détiendrait sur le territoire français. De plus, il résulte des constatations opérées au point 15 que le comportement de M. B doit être regardé comme constitutif d'une menace à l'ordre public. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir qu'en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, le préfet de Seine-et-Marne a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts poursuivis par la décision et a entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation.
19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 5 juin 2024 en tant qu'il porte refus de délivrance d'un titre de séjour à M. B et obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
20. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet de Seine-et-Marne.
Copie en sera transmise au ministre de l'intérieur et à l'Office français d'immigration et d'intégration.
Délibéré après l'audience du 30 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
Mme Massengo, conseillère,
Mme Bourrel Jalon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 février 2025.
La rapporteure,
C. MASSENGO
La présidente,
I. BILLANDONLa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026