mardi 7 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2408557 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | ROBATEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juillet 2024, M. J, M. I B, M. K G, Mme L H, Mme A D, représentés par Me Robatel, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 juillet 2024 par lequel le maire de Brie-Comte-Robert a ordonné aux occupants de la parcelle située dans l'emprise de la route départementale 50 à l'entrée de Villemeneux, hameau de la ville de Brie-Comte-Robert, de quitter les lieux dans un délai de 48 heures ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence, dès lors que le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique incombe, en vertu de l'article L. 2214-4 du code général des collectivités territoriales, à l'Etat dans les communes où la police est étatisée ;
- il est insuffisamment motivé ;
- il ne détermine pas de manière précise la localisation du terrain visé par la mesure d'évacuation ;
- il est entaché d'un vice de procédure tiré de l'absence de procédure contradictoire préalable en violation des articles L. 121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il est entaché d'un vice de procédure tiré de ce que le rapport motivé établi par les services chargés de l'hygiène et de la sécurité ainsi que la proposition d'une offre d'hébergement ou de logement adaptée à chaque occupant font défaut, en méconnaissance de l'article 197 de la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 ;
- il est entaché d'erreur de fait et d'erreur de qualification juridique des faits quant à la réalité des désordres et risques justifiant son adoption ;
- l'autorité municipale ne pouvait légalement prendre l'arrêté attaqué sans préalablement mettre en œuvre les procédures d'expulsion prévues par le code des procédures civiles d'exécution ;
- il est entaché du défaut de diagnostic social préalable obligatoire en violation de la circulaire du 26 août 2012 relative à l'anticipation et à l'accompagnement des opérations d'évacuation des campements illicites et de l'instruction du gouvernement du 25 janvier 2018 visant à donner une nouvelle impulsion à la résorption des campements illicites et des bidonvilles ;
- il méconnaît le droit des occupants à la protection de leur domicile ainsi qu'au respect de leur vie privée et familiale protégés par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît leur droit au respect de leurs biens, protégé par les stipulations de l'article 1er du premier protocole à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît l'intérêt supérieur de leurs enfants en violation de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- il présente un caractère disproportionné.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 août 2024, la commune de Brie-Comte-Robert, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Prissette,
- et les conclusions de M. Grand, rapporteur public.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 9 juillet 2024, le maire de Brie-Comte-Robert a, sur le fondement des dispositions de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales, ordonné aux occupants de la parcelle située dans l'emprise de la route départementale 50 à l'entrée de Villemeneux de quitter les lieux dans un délai de 48 heures et a décidé qu'à défaut, le concours des forces de police sera sollicité pour procéder d'office à l'évacuation. Les requérants demandent au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ".
3. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire des requérants à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité externe de l'arrêté :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'Etat qui y sont relatifs ". Aux termes de l'article L. 2212-2 du même code : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. / () ". Aux termes de l'article L. 2214-4 de ce code : " Le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique, tel qu'il est défini au 2° de l'article L. 2212-2 et mis par cet article en règle générale à la charge du maire, incombe à l'Etat seul dans les communes où la police est étatisée, sauf en ce qui concerne les troubles de voisinage. / Dans ces mêmes communes, l'Etat a la charge du bon ordre quand il se fait occasionnellement de grands rassemblements d'hommes. / Tous les autres pouvoirs de police énumérés aux articles L. 2212-2, L. 2212-3 et L. 2213-9 sont exercés par le maire y compris le maintien du bon ordre dans les foires, marchés, réjouissances et cérémonies publiques, spectacles, jeux, cafés, églises et autres lieux publics. ".
5. Si les requérants soutiennent que seul le préfet était compétent pour réprimer les atteintes à la tranquillité publique, il ressort des pièces du dossier que l'autorité administrative ne s'est pas fondée sur ce motif pour prendre l'arrêté attaqué mais sur les risques pour la sécurité et la salubrité publiques causés par l'occupation litigieuse. Or, en vertu des dispositions précitées, la police municipale est compétente pour assurer, notamment, la sécurité et la salubrité publiques. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ".
7. En l'espèce, l'arrêté du 9 juillet 2024, qui est également suffisamment motivé en fait, vise notamment les dispositions du code général des collectivités territoriales sur lesquelles il se fonde. Les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué ne serait pas motivé en droit, au seul motif qu'il ne vise pas l'un des alinéas de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales, alors qu'il résulte de ce qui a été dit au point précédent qu'il a été édicté pour prévenir les atteintes à la sécurité et à la salubrité publiques, en vertu du pouvoir général que le maire tient de cet article. Par suite, le moyen doit, en tout état de cause, être écarté.
8. En troisième lieu, si les requérants soutiennent que le terrain visé par la mesure d'évacuation n'est pas identifiable, cette circonstance qui relève des conditions d'exécution de la décision attaquée est sans incidence sur sa légalité. En tout état de cause, il ressort des termes de l'arrêté attaqué qu'il vise les occupants de la parcelle située dans l'emprise de la route départementale 50, à l'entrée de Villemeneux, de sorte qu'il détermine précisément le terrain concerné par l'évacuation. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2 () sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". L'article L. 121-2 de ce code prévoit que : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : / 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles () ".
10. Si les requérants soutiennent qu'ils n'ont pas été mis en mesure de présenter des observations préalablement à l'intervention de la décision attaquée, l'arrêté du 9 juillet 2024 mentionne que les conditions d'occupation " font courir un risque grave et imminent pour la sécurité ". Ce faisant, il fait état d'une situation d'urgence qui n'est pas sérieusement contestée par les requérants et qui permettait au maire de ne pas observer de procédure contradictoire préalable. Il suit de là que le moyen doit, en tout état de cause, être écarté.
11. En cinquième lieu, aux termes de l'article 11-1 de la loi du 23 juin 2011 portant dispositions particulières relatives aux quartiers d'habitat informel et à la lutte contre l'habitat indigne dans les départements et régions d'outre-mer, issu de l'article 197 de la loi du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique : " I.- À Mayotte et en Guyane, lorsque des locaux ou installations édifiés sans droit ni titre constituent un habitat informel au sens du deuxième alinéa de l'article 1er-1 de la loi n° 90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement, forment un ensemble homogène sur un ou plusieurs terrains d'assiette et présentent des risques graves pour la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publique, le représentant de l'État dans le département peut, par arrêté, ordonner aux occupants de ces locaux et installations d'évacuer les lieux et aux propriétaires de procéder à leur démolition à l'issue de l'évacuation. L'arrêté prescrit toutes mesures nécessaires pour empêcher l'accès et l'usage de cet ensemble de locaux et installations au fur et à mesure de leur évacuation. / Un rapport motivé établi par les services chargés de l'hygiène et de la sécurité placés sous l'autorité du représentant de l'État dans le département et une proposition de relogement ou d'hébergement d'urgence adaptée à chaque occupant sont annexés à l'arrêté mentionné au premier alinéa du présent ".
12. Si les requérants soutiennent que l'arrêté attaqué aurait dû être précédé d'un rapport motivé établi par les services chargés de l'hygiène et de la sécurité ainsi que d'une proposition d'offre d'hébergement ou de logement adaptée à chaque occupant en application de l'article 197 de la loi du 23 novembre 2018, ils ne peuvent utilement se prévaloir des dispositions de cet article, relatives à la lutte contre l'habitat indigne dans les départements et régions d'outre-mer, qui ne sont applicables qu'en cas de mesure d'évacuation prise par le représentant de l'Etat à Mayotte et en Guyane. Par suite, le moyen soulevé en ce sens ne peut qu'être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne la légalité interne de l'arrêté :
13. En premier lieu, si les requérants soutiennent que l'arrêté contesté est entaché d'une erreur de fait et d'une erreur de qualification juridique des faits, ils se bornent à indiquer que " le maire échoue à établir la réalité des désordres et risques " et à affirmer qu'ils " contestent les motifs allégués tenant à l'insalubrité, la surpopulation ou encore l'absence de commodités ", sans toutefois apporter d'élément de nature à remettre en doute la matérialité des faits fondant l'arrêté du 9 juillet 2024, ainsi que l'existence d'un risque pour la sécurité et la salubrité publiques justifiant son édiction. Or, il ressort des pièces du dossier que le maire de Brie-Comte-Robert a tenu compte de la localisation de l'occupation, aux abords d'une route départementale fortement empruntée et à proximité de la Francilienne, axe routier particulièrement fréquenté et accidentogène. Il s'est également référé aux éléments figurant dans le rapport de la police municipale établi le 9 juillet 2024 et aux clichés photographiques annexés à ce rapport, relevant notamment la présence dans le campement, en cours d'agrandissement et comprenant au demeurant des enfants, d'un groupe électrogène en état de fonctionnement, de bidons d'essence, de matériels électriques jonchant le sol et d'un dépôt de ferraille. Dans ces conditions, la matérialité de ces faits n'étant pas sérieusement contestée, le maire a pu estimer que les conditions d'occupation de la parcelle, à proximité d'axes routiers très fréquentes, faisaient courir un risque grave pour la sécurité, et que les conditions de vie sur le campement faisaient courir un risque pour la salubrité publique. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur de qualification juridique des faits doivent être écartés.
14. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit au point précédent, les risques pour la sécurité et la salubrité publiques auxquels étaient exposés les requérants et leurs familles du fait des conditions d'occupation irrégulière de la parcelle en cause justifiaient l'arrêté attaqué. Dès lors, le maire de Brie-Comte-Robert pouvait, en tant qu'autorité investie du pouvoir de police, ordonner la mesure contestée, qui n'avait pas à être précédée d'une décision de justice préalable. Par suite, si les requérants ont entendu soutenir que l'autorité municipale ne pouvait légalement prendre l'arrêté attaqué sans mettre en œuvre les procédures d'expulsion prévues par le code des procédures civiles d'exécution, un tel moyen ne peut qu'être écarté comme inopérant.
15. En troisième lieu, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de la circulaire interministérielle du 26 août 2012 et des orientations générales fixées en matière de résorption des campements illicites et des bidonvilles par l'instruction gouvernementale du 25 janvier 2018 susvisées, qui sont dépourvues de caractère réglementaire.
16. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
17. Il résulte de ce qui a été dit au point 13 du présent jugement que les risques créés par l'occupation et sur lesquels le maire de Brie-Comte-Robert s'est fondé pour ordonner l'évacuation de la parcelle concernée étaient établis. Si les requérants, qui se bornent au demeurant à produire cinq photographies sans apporter aucune précision sur la situation personnelle et familiale des différents occupants, soutiennent qu'ils ont fait de ce campement un lieu de vie, de sorte que l'arrêté attaqué porte illégalement atteinte à leur droit à la protection de leur domicile et au droit au respect de leur vie privée, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'ils ont demandé postérieurement à l'arrêté attaqué, par un courrier du 11 juillet 2024, à ce que soient installés des points d'eau et des toilettes mobiles et à ce que soit organisée une collecte des ordures ménagères. Dans ces conditions, eu égard aux nécessités de sécurité, qui ne sont nullement discutées, et de salubrité justifiant la mesure contestée, laquelle a pour objet de soustraire les occupants des terrains à une situation de danger, l'autorité administrative n'a pas porté au droit au domicile et à la vie privée et familiale des occupants du campement une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels l'arrêté a été pris, alors même que celui-ci n'aurait pas été précédé des mesures telles que celles préconisées par la circulaire interministérielle du 26 août 2012 relative à l'anticipation et à l'accompagnement des opérations d'évacuation des campements illicites. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des droits au respect de la vie privée et familiale et à la protection du domicile protégés par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
18. En cinquième lieu, aux termes de l'article 1er du premier protocole additionnel à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne physique ou morale a droit au respect de ses biens. Nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d'utilité publique et dans les conditions prévues par la loi et les principes généraux du droit international. / Les dispositions précédentes ne portent pas atteinte au droit que possèdent les États de mettre en vigueur les lois qu'ils jugent nécessaires pour réglementer l'usage des biens conformément à l'intérêt général ou pour assurer le paiement des impôts ou d'autres contributions ou des amendes. ".
19. D'une part, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, eu égard à l'intérêt général justifiant l'arrêté attaqué, celui-ci n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit des occupants au respect de leurs biens, s'agissant de leurs abris. En outre, si les requérants soutiennent que ceux-ci " existent depuis plusieurs mois et ont connus diverses améliorations " et qu'ils " sont tolérés par les autorités " ils ne l'établissement nullement. D'autre part, l'arrêté attaqué n'a pour objet ni pour effet de porter atteinte au droit de propriété des requérants s'agissant de leurs effets personnels. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 1er du premier protocole à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
20. En sixième et dernier lieu, aux termes du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
21. En l'espèce, l'arrêté contesté est notamment fondé sur la nécessité de protéger la santé et la sécurité des enfants résidant sur les parcelles en cause et exposés de ce fait à des dangers. En outre, l'arrêté attaqué n'a pas en lui-même pour effet de faire obstacle à leur scolarisation. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du premier paragraphe de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 9 juillet 2024.
Sur les frais liés au litige :
23. Les conclusions présentées par les requérants au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, au demeurant mal dirigées, ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E:
Article 1er : M. F, M. B, M. G, Mme H et Mme D sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. J, M. I B, M. K G, Mme L H, Mme A D et à la commune de Brie-Comte-Robert.
Copie en sera adressée au préfet de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 17 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Gougot, présidente,
M. Duhamel, premier conseiller,
Mme Prissette, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 janvier 2025.
La rapporteure,
L. PRISSETTE
La présidente,
I. GOUGOTLa greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026