Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408605

mercredi 11 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2408605
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLE MIGNOT

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de Mme B, qui contestait un arrêté du préfet de Seine-et-Marne du 18 janvier 2024 lui retirant son visa de long séjour et l'obligeant à quitter le territoire. La requête a été jugée manifestement irrecevable car tardive, en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Le tribunal a constaté que l'arrêté, notifié le 29 mai 2024, mentionnait un délai de recours de trente jours, et que la requête, enregistrée le 12 juillet 2024, dépassait ce délai. La demande d'aide juridictionnelle, déposée le 25 juillet 2024, n'a pas suspendu ce délai conformément au décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020. Les textes appliqués incluent les articles L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 776-2 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 juillet 2024, Mme A C B, représentée par Me Le Mignot, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2024 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a retiré son visa de long séjour valant titre de séjour, l'a obligée de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;

2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne de réexaminer sa situation et de lui délivrer un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 2 000 euros, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 11 juillet 1991.

Vu les autres pièces du dossier.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 16 octobre 2024.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les voies de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les délais de recours, dans la notification de la décision. ". Aux termes de l'article R. 776-2 du même code applicable à la date de la décision attaquée : " I.- Conformément aux dispositions de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application de l'article L. 251-1 ou des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de trente jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour ou à l'interdiction de circulation notifiées simultanément. () ". Et aux termes de l'article 43 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et relatif à l'aide juridictionnelle et à l'aide à l'intervention de l'avocat dans les procédures non juridictionnelles : " Sans préjudice de l'application de l'article 9-4 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée et du II de l'article 44 du présent décret, lorsqu'une action en justice ou un recours doit être intenté avant l'expiration d'un délai devant les juridictions de première instance ou d'appel, l'action ou le recours est réputé avoir été intenté dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle s'y rapportant est adressée ou déposée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration dudit délai et si la demande en justice ou le recours est introduit dans un nouveau délai de même durée à compter : () 3° De la date à laquelle le demandeur de l'aide juridictionnelle ne peut plus contester la décision d'admission ou de rejet de sa demande en application du premier alinéa de l'article 69 et de l'article 70 ou, en cas de recours de ce demandeur, de la date à laquelle la décision relative à ce recours lui a été notifiée ; () ".

2. Au cas particulier, Mme B demande l'annulation de l'arrêté du 18 janvier 2024 par lequel le préfet de Seine-et-Marne a retiré son visa de long séjour valant titre de séjour, l'a obligée de quitter le territoire français sur le fondement du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Il ressort des pièces du dossier que cet arrêté lui a été notifié au plus tard par courriel du 29 mai 2024. Cet arrêté comportait la mention relative aux voies et délais de recours, indiquant la possibilité pour Mme B de présenter un recours contentieux devant le tribunal dans un délai de trente jours suivant les dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et R. 776-2 du code de justice administrative. Il s'ensuit que la présente requête, enregistrée le 12 juillet 2024, a été formée après l'expiration de ce délai de trente jours, sans que la demande d'aide juridictionnelle, formée en l'espèce le 25 juillet 2024, n'aie présenté un caractère suspensif en vertu des dispositions précitées du décret du 28 décembre 2020. Elle est ainsi manifestement tardive et peut, dès lors, être rejetée en toutes ses conclusions, en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête présentée par Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C B, à Me Le Mignot et au préfet de Seine-et-Marne.

Fait à Melun, le 11 décembre 2024.

La présidente de la 5ème chambre,

I. BILLANDON

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,