mardi 6 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2408679 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | VAN ELSLANDE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 15 juillet 2024 et le 1er août 2024, la Société Française Du Radiotéléphone, représentée par Me Bidault demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision du 23 mars 2024 par laquelle le maire de Boissy-aux-Cailles l'a mise en demeure de mettre fin aux manquements relevés à la réglementation de l'urbanisme, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'arrêté du 18 juin 2024 par lequel le maire de Boissy-aux-Cailles a ordonné la démolition du " projet de la société SFR " sur le fondement des dispositions de l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme, sous une astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Boissy-aux-Cailles une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
* la condition d'urgence de l'article L. 521-1 du code de justice administrative est caractérisée par :
- les travaux de destruction d'un ouvrage étant irréversible, l'urgence est caractérisée s'agissant des deux décisions en litige ;
- un intérêt public local et national s'attache au maintien de l'antenne relais, qui permet de couvrir une partie du territoire, comme l'exige l'Arcep dans le cadre de l'accord " New Deal Mobile " ;
- le comportement de la requérante, qui a été diligente, est sans incidence sur l'appréciation de l'urgence.
* il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 23 mars 2024, dès lors que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ; le procès-verbal n'a pas été communiqué ;
* il existe un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 18 juin 2024, dès lors que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation ; le procès-verbal n'a pas été communiqué ;
- aucune infraction n'est constituée dès lors que la Société Française Du Radiotéléphone a édifié une antenne conforme au permis de construire et n'a commis aucune infraction d'urbanisme ; ni le dossier ni la demande de permis ne font état d'un diamètre de 80 - 90 centimètres ; il en est de même de la forme du pylône, qui est de forme tubulaire de couleur RAL 7006 ; aucun des plans du dossier ne prescrit un tel diamètre ou une forme circulaire de pylône ;
- l'astreinte tendant à la démolition de l'ouvrage d'un montant de 500 euros par jour constitue une mesure disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 juillet 2024, la commune de Boissy-aux-Cailles, représentée par son maire en exercice, représenté par Me C, conclut au rejet de la requête et à ce que soient mis 3 000 euros à la charge de la Société Française Du Radiotéléphone en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les mesures nécessaires n'impliquent pas forcément la destruction de l'antenne installée ; il appartient à la société de trouver un moyen technique pour se conformer aux prescriptions du permis de construire ;
- l'urgence n'est pas caractérisée ; la société a tardé à contester la première décision qui porte l'injonction en litige ; l'arrêté en litige qui fixe le taux de l'astreinte n'est que la conséquence de la première décision ;
- aucun des moyens soulevés n'est propre à créer un doute sérieux.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée sous le numéro 2408673 par laquelle la Société Française Du Radiotéléphone demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Mahieu, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport de M. A ;
- les observations de Me Gaury substituant Me Bidault, représentant la Société Française Du Radiotéléphone qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens.
Me Gaury fait valoir que l'urgence est présumée compte tenu de l'intérêt général à résorber les zones blanches, et à l'intérêt local des populations de la commune à demeurer connectées ce qui serait impossible en cas de démolition. Elle ajoute que l'antenne est opérée non seulement par Société Française Du Radiotéléphone, mais aussi par d'autres opérateurs de téléphonie compte tenu du cahier des charges de l'Arcep.
Me Gaury prétend qu'il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision et de l'arrêté en litige. Elle précise que sa cliente s'est conformée aux prescriptions du permis de construire qui ne prévoient pas la forme du pylône, ni son diamètre. Elle ajoute que cette installation est conforme à l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France, qui tient compte de la proximité avec l'église du village qui est un monument historique protégé. Elle précise qu'il n'existe aucune disposition dans le règlement du plan local d'urbanisme de la commune qui exige que le pylône soit circulaire (et non à facette) et qui limite le diamètre du pylône à 1,08 mètre. Me Gaury soutient que la décision et l'arrêté en litige ont pour conséquence la démolition du pylône et de l'antenne relais (l'antenne relais est contenue dans le pylône). La déconstruction de l'installation, pour sa reconstruction sous un diamètre de 1,08 mètre est impossible à un coût raisonnable. Cette mesure est une véritable démolition, et cette démolition est disproportionnée.
- les observations de Me C, représentant la commune de Boissy-aux-Cailles, qui conclut au rejet de la requête.
M. C soulève une fin de non-recevoir tirée de ce que la décision du 23 mars 2024 a épuisé ses effets. Elle ne fait plus grief. L'arrêté du 18 juin 2024 n'est qu'une mesure d'exécution de la première décision et ne peut plus faire l'objet d'un recours.
M. C fait valoir que la condition d'urgence n'est pas caractérisée. La première décision date du 23 mars 2024, et la société requérante a été négligente en ne l'attaquant pas. Elle ne peut plus se prévaloir de l'urgence. Le coût de déconstruction et de reconstruction de l'antenne relais est tout à fait acceptable pour une société de la taille de la Société Française Du Radiotéléphone.
M. C fait valoir que la procédure de délivrance du permis de construire a été longue. Le permis a été délivré suite à une première opposition à une déclaration de travaux. A l'origine, le diamètre envisagé pour le pylône était de 80 centimètres et il a été accepté de le porter à 108 centimètres. Ce diamètre ressort du plan de coupe de l'installation, qui est annexé au permis de construire, et qui vaut prescription pour le constructeur. En construisant un pylône de 160 centimètres, la société requérante a commis une infraction aux prescriptions du permis. En conséquence, le maire était fondé à dresser un procès-verbal d'infraction. Ce procès-verbal est transmis au Procureur de la République, et n'a pas à être communiqué à la société. L'erreur de la société requérante a d'ailleurs été reconnue par ses représentants lors des réunions de concertation conduites antérieurement à ce procès.
- les observations de M. B, maire de Boissy-aux-Cailles.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 12h30.
Une note en délibéré pour la Société Française Du Radiotéléphone a été enregistrée le 2 août 2024 à 17h32.
Considérant ce qui suit :
1. Le mandataire de la Société Française Du Radiotéléphone, a déposé une demande de permis de construire n° PC077 041 22 00002 afin d'installer une antenne relais de 15 mètres, ainsi qu'un local technique sur la parcelle enregistrée au cadastre sous le n° C 1181. Par un arrêté du 21 octobre 2022, le maire de la commune de Boissy-aux-Cailles a accordé à la Société Française Du Radiotéléphone un permis de construire pour édifier cette antenne relais. Le permis de construire a été délivré sous réserve des prescriptions suivantes : " Afin de minimiser l'impact visuel, il conviendra de peindre l'ensemble des éléments dans un coloris proche du RAL 7006 " gris beige " (clôture comprise) en mettant en œuvre un dégradé de couleur s'éclaircissant progressivement pour atteindre sa nuance la plus claire en haut du mât de l'antenne " et " Afin d'assurer une bonne intégration paysagère, il conviendra de mettre en place une haie continue d'essences diversifiées et locales le long de la clôture. Elle sera composée d'arbres de hautes tiges tels que le Charme (Carpinus betulus), le chêne séssile (Quercus petraea) et le merisier (Prunus avium) ainsi que des espèces buisonnantes tels que l'érable champêtre (acer campestre), le noisetier (Corylus avellana) et le prunellier (prunus spinosa) ".
2. Le maire de la commune de Boissy-aux-Cailles a dressé le 25 septembre 2023 un procès-verbal d'infraction en relevant que l'antenne installée avait un diamètre de 160 centimètres et que le tube de l'antenne était " à facette ". Par une lettre du 9 novembre 2023, le maire a informé la société requérante qu'il envisageait de prononcer à son égard une mise en demeure sous astreinte de se conformer aux prescriptions du permis de construire, et il a invité cette société à présenter ses observations dans un délai de 20 jours. Par une lettre du 28 septembre 2023, la Société Française Du Radiotéléphone a présenté ses observations en indiquant que le pylône respectait les prescriptions du permis de construire. Par une décision du 23 mars 2024, réceptionnée le 2 avril 2024, le maire a mis en demeure la Société Française Du Radiotéléphone de " mettre fin à cette irrégularité " et de " procéder au changement de cette antenne " dans un délai de deux mois avec une astreinte d'un montant maximal de 500 euros par jour de retard, sur le fondement des dispositions de l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme. Cette mesure n'ayant pas été suivie d'effet, le maire a, de nouveau, dressé un procès-verbal d'infraction le 10 juin 2024. Par un arrêté du 18 juin 2024, notifié le 24 juin 2024, l'autorité municipale a ordonné le versement d'une astreinte journalière d'un montant de 500 euros par jour de retard à compter de la notification de cet arrêté. Par la requête susvisée, la Société Française Du Radiotéléphone demande la suspension de la décision du 23 mars 2024 et de l'arrêté du 18 juin 2024 du maire de la commune de Boissy-aux-Cailles.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
En ce qui concerne la fin de non-recevoir opposée par la commune de Boissy-aux-Cailles :
4. La commune de Boissy-aux-Cailles soutient que la requête est irrecevable dès lors que la décision du 23 mars 2024 a épuisé ses effets, et que l'arrêté du 18 juin 2024 ne constitue qu'une mesure d'application de la décision précitée. Toutefois, il ressort de la décision du 23 mars 2024 que le maire a mis en demeure la Société Française Du Radiotéléphone de " mettre fin à cette irrégularité ", c'est-à-dire d'une part que le maire a contraint l'opérateur à ramener le diamètre du pylône entourant l'antenne de transmission de 160 centimètres à une valeur comprise entre 80 et 90 centimètres et, d'autre part, qu'il l'a contraint à changer la forme du pylône entourant l'antenne en substituant à la forme de monotube à facette qui a été installée une forme de tube circulaire. En outre, cette décision a également enjoint à la société requérante de procéder au " changement de cette antenne ". Enfin, la décision a précisé à l'opérateur que s'il ne se conformait pas à cette double mise en demeure, il serait " tenu au versement d'une astreinte d'un montant maximal de 500 euros par jour de retard, et ce jusqu'à ce qu'il ait été satisfait aux mesures prescrites ". Cependant, si le maire de Boissy-aux-Cailles n'a pas indiqué précisément dans cette décision le montant de l'astreinte administrative qu'il entendait infliger à la Société Française Du Radiotéléphone à l'expiration du délai imparti par la mesure de mise en demeure, il est constant que par un arrêté du 18 juin 2024 l'autorité municipale a ordonné le versement d'une astreinte journalière par la Société Française Du Radiotéléphone d'un montant fixé à 500 euros par jour de retard à compter de la date de notification de cet arrêté et jusqu'à ce qu'il ait été justifié de l'exécution des opérations nécessaires à la mise en conformité de la construction " telles que prescrites dans le courrier de mise en demeure en date du 23 mars 2024 ". Dans ces conditions, la décision du 23 mars 2024 doit être regardée comme constituant la base légale de l'arrêté du 18 juin 2024. Par suite, ces deux décisions présentent le caractère d'actes faisant grief. Par suite la fin de non-recevoir soulevée par la commune de Boissy-aux-Cailles ne peut qu'être écartée.
En ce qui concerne la condition d'urgence :
5. D'une part, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
6. D'autre part, eu égard à la gravité des conséquences qu'emporte une mise en demeure, prononcée en application de l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme, lorsqu'elle prescrit une mise en conformité qui implique nécessairement la démolition de constructions, la condition d'urgence est en principe satisfaite en cas de demande de suspension de son exécution présentée, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, par le propriétaire de l'immeuble qui en est l'objet. Il ne peut en aller autrement que dans le cas où l'autorité administrative justifie de circonstances particulières faisant apparaître, soit que l'exécution de la mesure de démolition n'affecterait pas gravement la situation du propriétaire, soit qu'un intérêt public s'attache à l'exécution rapide de cette mesure.
7. D'une part, il résulte de l'instruction que l'installation en litige est composée d'un pylône en béton contenant une antenne relais dimensionnée pour héberger des modules de transmission des différents opérateurs de téléphonie mobile agréés couvrant un territoire en " zone blanche ". Compte tenu de l'importance relative de la réduction du diamètre du pylône et au regard des plans annexés au permis de construire, une telle réduction du diamètre du pylône doit en l'espèce être regardée comme impliquant la suppression de l'antenne relais précédemment installée. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que la même antenne relais pourrait être réinstallée après une éventuelle régularisation de la construction du pylône. Dans ces conditions, la déconstruction prescrite par la décision du 23 mars 2024 et l'arrêté du 18 juin 2024 du pylône en béton contenant l'antenne relais doit être regardée comme entraînant une démolition ayant un caractère irréversible. D'autre part, si la Société Française Du Radiotéléphone indique à la barre que l'addition du coût de démolition du pylône et de la démolition de l'antenne relais et du coût de construction d'un nouveau pylône et de l'installation d'une nouvelle antenne relais atteindrait une somme totale de l'ordre de 200 000 euros, et que la commune de Boissy-aux-Cailles fait valoir qu'une telle somme n'affecterait pas gravement la situation financière de la Société Française Du Radiotéléphone, cette seule circonstance ne suffit pas à renverser la présomption d'urgence, à la date de la présente ordonnance, compte tenu de l'intérêt public à maintenir une couverture téléphonique pour les populations du territoire desservies par l'antenne relais.
8. Dans ces conditions, la condition d'urgence prévue par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme étant caractérisée.
En ce qui concerne la condition relative au doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
9. Aux termes de l'article L. 481-1 du code de l'urbanisme : " I. Lorsque des travaux mentionnés aux articles L. 421-1 à L. 421-5 ont été entrepris ou exécutés en méconnaissance des obligations imposées par les titres Ier à VII du présent livre et les règlements pris pour leur application ainsi que des obligations mentionnées à l'article L. 610-1 ou en méconnaissance des prescriptions imposées par un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou par la décision prise sur une déclaration préalable et qu'un procès-verbal a été dressé en application de l'article L. 480-1, indépendamment des poursuites pénales qui peuvent être exercées pour réprimer l'infraction constatée, l'autorité compétente mentionnée aux articles L. 422-1 à L. 422-3-1 peut, après avoir invité l'intéressé à présenter ses observations, le mettre en demeure, dans un délai qu'elle détermine, soit de procéder aux opérations nécessaires à la mise en conformité de la construction, de l'aménagement, de l'installation ou des travaux en cause aux dispositions dont la méconnaissance a été constatée, soit de déposer, selon le cas, une demande d'autorisation ou une déclaration préalable visant à leur régularisation. II.- Le délai imparti par la mise en demeure est fonction de la nature de l'infraction constatée et des moyens d'y remédier. Il peut être prolongé par l'autorité compétente, pour une durée qui ne peut excéder un an, pour tenir compte des difficultés que rencontre l'intéressé pour s'exécuter. III.- L'autorité compétente peut assortir la mise en demeure d'une astreinte d'un montant maximal de 500 € par jour de retard. L'astreinte peut également être prononcée, à tout moment, après l'expiration du délai imparti par la mise en demeure, le cas échéant prolongé, s'il n'y a pas été satisfait, après que l'intéressé a été invité à présenter ses observations. Son montant est modulé en tenant compte de l'ampleur des mesures et travaux prescrits et des conséquences de la non-exécution. Le montant total des sommes résultant de l'astreinte ne peut excéder 25 000 €. ". Aux termes de l'article L. 481-2 du même code : " I. - L'astreinte prévue à l'article L. 481-1 court à compter de la date de la notification de l'arrêté la prononçant et jusqu'à ce qu'il ait été justifié de l'exécution des opérations nécessaires à la mise en conformité ou des formalités permettant la régularisation. Le recouvrement de l'astreinte est engagé par trimestre échu. / () ".
10. Premièrement, il ne ressort pas des pièces du dossier du permis de construire déposé en mairie de Boissy-aux-Cailles qu'une disposition expresse ferait mention du diamètre et de la forme du pylône entourant l'antenne relais. Si le plan de l'élévation (en coupe) et le plan de masse annexé au permis de construire font état d'éléments chiffrés, il ressort du plan de l'élévation qu'après application de la règle d'échelle au trait représentant le diamètre du pylône ce diamètre mesurerait approximativement un mètre, tandis qu'il ressort du plan de masse qu'un tel diamètre mesurerait approximativement deux mètres. En conséquence, il n'est pas établi qu'en construisant un pylône d'un diamètre d'un mètre et soixante centimètres la Société Française Du Radiotéléphone aurait méconnu les prescriptions du permis de construire qui lui a été délivré. De même, s'il ressort des pièces du dossier du permis de construire que l'antenne relais devait être entourée d'un pylône, aucune élément rédactionnel ou graphique du permis de construire ne permet de considérer que la façade du pylône devait impérativement être circulaire et lisse. Enfin, s'il n'est pas contesté que la société requérante connaissait la volonté de la commune de limiter l'impact visuel de cette construction compte tenu de sa proximité de l'église Saint-Martin classée à l'inventaire des monuments historiques et de l'inclusion du territoire de la commune dans le parc naturel régional du Gâtinais français, cette seule circonstance est sans incidence sur l'issue du litige dès lors que ces exigences quant à la forme du pylône et quant au diamètre du pylône n'ont pas été reprises dans le permis de construire et dans ses pièces annexées. Deuxièmement, et à supposer même que le pylône construit aurait un diamètre de soixante centimètres supérieur aux prescriptions de l'autorisation d'urbanisme délivrée, un retour à la situation antérieure par la déconstruction du pylône impliquant la suppression de l'antenne relais au moins temporairement emporterait des conséquences disproportionnées compte tenu de l'incidence d'une telle erreur notamment sur la visibilité de l'ouvrage. Par suite, et en l'état de l'instruction, ces deux moyens sont de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 23 mars 2024 et quant à celle de l'arrêté du 18 juin 2024.
11. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision et de l'arrêté contestés.
12. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 23 mars 2024 et l'arrêté du 18 juin 2024 du maire de Boissy-aux-Cailles jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond.
Sur les frais d'instance :
13. En premier lieu, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle aux conclusions de la commune de Boissy-aux-Cailles dirigées contre la Société Française Du Radiotéléphone qui n'est pas, dans la présente instance de référé, la partie perdante.
14. En second lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la commune de Boissy-aux-Cailles la somme de 4 000 euros au titre des frais exposés par la Société Française Du Radiotéléphone et non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de la décision du 23 mars 2024 et de l'arrêté du 18 juin 2024 du maire de Boissy-aux-Cailles est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête en annulation présentée par la Société Française Du Radiotéléphone.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la Société Française Du Radiotéléphone est rejeté.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Boissy-aux-Cailles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée Société Française Du Radiotéléphone et à la commune de Boissy-aux-Cailles.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 août 2024.
Le juge des référés,
S. ALa greffière,
C. MAHIEU
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026