mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2408817 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Formation | Chambre Référés 13 |
| Avocat requérant | TCHOLAKIAN |
Vu la procédure suivante :
Par une lettre du 4 janvier 2024, M. A B, représenté par Me Tcholakian, a saisi le tribunal administratif de Melun d'une demande tendant à obtenir l'exécution de la décision du 9 novembre 2023, sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, sous astreinte de 50 euros par jour de retard passé un délai de quinze jours.
Il indique que la préfète du Val-de-Marne n'a pas exécuté cette décision en ne le convoquant pas, près de deux mois après sa notification.
La demande initiale de M. B a été communiquée le 31 janvier 2024 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucune observation. Elle a été aussi communiquée ce même jour au préfet de police de Paris.
Des rappels en vue de l'exécution de la décision du 9 décembre 2023 ont été transmis à la préfète du Val-de-Marne et au préfet de police de Paris le 21 mars 2024.
Par une lettre du 20 mars 2024, M. A B, représenté par Me Tcholakian, a informé le tribunal que la préfète du Val-de-Marne avait expressément refusé d'exécuter la décision du 9 novembre 2023.
Le 29 mars 2024, le préfet de police de Paris a informé le tribunal que les frais irrépétibles avaient été versés le 11 janvier 2024 à la Caisse des règlements pécuniaires des avocats.
Par une ordonnance du 4 juillet 2024, a été ouverte la phase juridictionnelle de la demande d'exécution de la décision du 9 novembre 2023 à l'égard de la préfète du Val-de-Marne.
La préfète du Val-de-Marne a convoqué M. B en préfecture " en vue de l'exécution d'un jugement " le 7 août 2024.
Par un mémoire enregistré le 7 août 2024, M. A B, représenté par Me Tcholakian, prend acte de cette convocation et demande qu'il soit mis à la charge de la préfète du Val-de-Marne une somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision du magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Melun (requête n° 2309053) du 9 novembre 2023 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience du 27 août 2024, tenue en présence de Madame Darnal, greffière d'audience, M. Aymard a présenté son rapport, en l'absence de l'intéressé et de la préfète du Val-de-Marne, ou de leurs représentants, dûment convoqués.
Considérant ce qui suit :
1. Par un jugement du 9 décembre 2023, le magistrat désigné par la présidente du présent tribunal a, d'une part, annulé la décision du 29 août 2023 par laquelle le préfet de police de Paris avait fait obligation à M. A B, ressortissant arménien né le 25 août 1993 à Erevan, de quitter sans délai le territoire français, avait fixé le pays de renvoi et avait prononcé à son encontre une interdiction de retour pour une durée de deux ans, et, d'autre part, enjoint à la préfète du Val-de-Marne, territorialement compétente en raison du domicile déclaré de l'intéressé à Alfortville, 42 rue des Essertes, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, valable jusqu'à ce qu'elle ait statué sur son cas, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard passé ce délai de quinze jours. La préfète du Val-de-Marne n'a pas exécuté cette décision. Par une lettre du 4 janvier 2024, M. B a demandé à la présidente du présent tribunal d'en assurer l'exécution. La préfète du Val-de-Marne n'ayant produit aucune observation lors de la phase administrative, une procédure juridictionnelle a été ouverte le 4 juillet 2024 à son encontre.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative :
2. Aux termes d'une part de 1'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. / () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 921-5 du même code : " Le président () du tribunal administratif saisi d'une demande d'exécution sur le fondement de l'article L. 911-4, ou le rapporteur désigné à cette fin, accomplissent toutes diligences qu'ils jugent utiles pour assurer l'exécution de la décision juridictionnelle qui fait l'objet de la demande. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 921-6 de ce code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la préfète du Val-de-Marne n'a convoqué M. B que le 7 août 2024, soit près de huit mois après la notification de la décision du 9 décembre 2023, aux fins de dépôt d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour et lui a remis à cette occasion un récépissé de demande de titre de séjour, ne comportant toutefois pas d'autorisation de travail, valable trois mois.
4. Dans ces conditions, et quand bien même cette exécution serait très tardive, il n'y a plus lieu de statuer sur la demande présentée par M. B sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, l'injonction prononcée par le magistrat désigné dans sa décision du 9 décembre 2023 étant une injonction de réexamen et non de délivrance d'un titre de séjour, l'intéressé n'ayant pas, par ailleurs, demandé la liquidation de l'astreinte prononcée dans cette décision.
Sur les frais du litige
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 500 euros à verser à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande présentée par M. B sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative.
Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1 500 euros à M. B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente décision sera notifiée à M. A B et à la préfète du Val-de-Marne.
Le magistrat désigné, La greffière,
M. Aymard C
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2408817
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2603340
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi d'une demande visant à assurer l'exécution d'une précédente injonction et à obtenir une astreinte pour son inexécution. Le juge a constaté que la préfète de l'Isère n'avait pas renouvelé le récépissé de séjour de la requérante, malgré l'injonction antérieure, et que cette dernière avait ainsi subi un préjudice (licenciement). En conséquence, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné à la préfète de statuer expressément sur la demande de titre de séjour dans un délai d'un mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2506265
**Sujet principal** : Demande d'exécution d'une ordonnance de référé ayant suspendu un refus de titre de séjour et enjoint à l'administration de réexaminer la situation. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nice (statuant par ordonnance). **Solution retenue** : Le juge constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution, car l'administration a pris une nouvelle décision (un refus de titre de séjour daté du 7 janvier 2026), ce qui a assuré l'exécution de l'ordonnance initiale. La demande est donc devenue sans objet. **Textes appliqués** : Articles R. 222-1 (3°) et L. 911-4 du code de justice administrative.
07/04/2026