vendredi 2 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2408896 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | SAOUDI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n°2405712 du 17 juillet 2024, la première vice-présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis la requête de M. C A, enregistrée le 8 juillet 2024, au tribunal administratif de Melun territorialement compétent.
Par cette requête enregistrée le 18 juillet 2024, M. A, retenu au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot n° 2, représenté par Me Boujnah, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 7 juillet 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a fixé le pays à destination duquel il sera renvoyé en exécution de la peine d'interdiction définitive du territoire français prononcée par le tribunal correctionnel de Versailles le 15 juillet 2022.
M. A soutient que l'arrêté attaqué :
- est entaché d'incompétence ;
- est insuffisamment motivé ;
- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La requête a été communiquée au préfet de la Seine-Saint-Denis, qui n'a pas produit de mémoire en défense mais qui a produit des pièces enregistrées le 13 juillet 2024.
Le centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot n° 2 a communiqué des pièces enregistrées le 30 juillet 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné Mme Massengo, conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant, à la date de l'arrêté attaqué, de la procédure prévue aux articles R. 776-13-1 et suivants, R. 776-15, R. 777-1 et suivants, R. 777-2 et suivants et R. 777-3 et suivants du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Massengo,
- les observations de Me Boujnah, représentant M. A, absent, qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens, et soutient, en outre, que l'arrêté a été notifié dans des conditions irrégulières dès lors qu'il n'a pas été assisté d'un interprète, que l'arrêté attaqué est illégal dès lors que la décision d'assignation du territoire n'a pas été retirée et qu'il a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas été mis à même de présenter des observations relatives au risque encouru en Algérie ;
- et les observations de Me Khan, représentant le préfet de la Seine-Saint-Denis, qui conclut au rejet de la requête, aucun des moyens soulevés n'étant fondé.
Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 14h09.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né en 1993, a été condamné le 15 juin 2022 par le tribunal correctionnel de Versailles à une peine de douze mois d'emprisonnement délictuel et à une peine d'interdiction définitive du territoire français, pour des faits de récidive de vol par ruse, effraction ou escalade dans un local d'habitation ou un lieu d'entrepôt aggravé par une autre circonstance. Les peines ont été confirmées par un arrêt de la Cour d'appel de Versailles du 7 septembre 2022. M. A a été interpellé puis placé en garde à vue le 6 juillet 2024, pour des faits de non-respect d'une assignation à résidence et usage de produits stupéfiants. Par un arrêté du 7 juillet 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis a décidé son placement en rétention administrative, prolongé par une ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire du 10 juillet 2024. Par un autre arrêté du 7 juillet 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis a fixé le pays à destination duquel M. A sera renvoyé en exécution de la peine d'interdiction définitive du territoire français prononcée le 15 juin 2022 par le tribunal correctionnel de Versailles et confirmée en appel le 7 septembre 2022. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2024-1329 du 3 mai 2024, régulièrement publié, le préfet de la Seine-Saint-Denis a donné délégation à Mme B D, cheffe du bureau de l'éloignement, pour signer les décisions relevant du bureau de l'éloignement, et notamment la décision en litige, en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles n'ont pas été absentes ou empêchées lors de la signature de l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été signée par une autorité incompétente doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, si le requérant se prévaut de la notification irrégulière de l'arrêté attaqué, cette circonstance est sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 122-1 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix () ". Et aux termes de l'article L. 211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () / ".
5. La décision par laquelle un préfet fixe le pays vers lequel un étranger doit être reconduit pour l'exécution d'un jugement prononçant une interdiction du territoire français constitue une mesure de police devant être motivée en application du 1° de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et est subordonnée au respect de la procédure contradictoire préalable prévue par les dispositions précitées des articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration.
6. D'une part, il ressort des pièces du dossier que, préalablement à la décision litigieuse, M. A a été auditionné le 6 juillet 2024 suite à son interpellation et à son placement en garde à vue pour des faits de non-respect d'une assignation à résidence et usage de stupéfiants. Au cours de cet entretien, l'intéressé, qui était assisté d'un interprète en langue arabe, a pu notamment s'exprimer sur la possibilité d'un retour volontaire dans son pays d'origine ou d'une reconduite, et a précisé qu'il souhaitait être reconduit en Italie car il pense pouvoir y obtenir des documents de séjour et du travail. De plus, il été mis en mesure d'ajouter d'autres observations, ce qu'il n'a pas souhaité faire. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'il n'a pas été mis en mesure de présenter des observations écrites ou orales relatives à l'existence d'un risque pour sa sécurité en cas de retour en Algérie. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit être écarté.
7. D'autre part, la décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur lesquelles elle se fonde, mentionne la décision du tribunal de grande instance de Versailles du 15 juin 2022, confirmée en appel, condamnant M. A à une peine d'interdiction définitive du territoire français, et souligne que l'intéressé n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine ou dans son pays de résidence habituelle dans lequel il est légalement admissible. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Et aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () / Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
9. Si M. A, qui n'a pas souhaité se présenter à l'audience, soutient dans sa requête qu'il craint pour sa vie en cas de retour en Algérie, en raison d'un litige " entre familles ", qui l'a conduit à quitter ce pays, il n'apporte aucun élément permettant d'apprécier la réalité d'un risque d'exposition à des peines ou traitements inhumains ou dégradants dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations et dispositions précitées ne peut qu'être écarté.
10. En cinquième lieu, M. A soutient que l'arrêté attaqué est illégal dès lors que la décision d'assignation à résidence dont il faisait l'objet n'a pas été retirée. Toutefois, la décision en litige a pour seul objet de fixer le pays à destination duquel il pourra être renvoyé en exécution d'une interdiction judiciaire du territoire, et ne prononce pas son placement en rétention. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 7 juillet 2024 par lequel le préfet de la Seine-Saint-Denis a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé, en exécution de la peine d'interdiction définitive du territoire à laquelle il a été condamné.
D E C I D E :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au préfet de la Seine-Saint-Denis.
Lu en audience publique le 2 août 2024 à 14h57.
La magistrate désignée,
Signé : C. MASSENGO
La greffière,
Signé : N. RIELLANT
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N. RIELLANT
N°2408896
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026