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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2408921

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408921

lundi 30 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2408921
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantDIEUDONNE DE CARFORT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 19 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Dieudonné de Carfort, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au sous-préfet de Nogent sur Marne (Val-de-Marne) de lui délivrer une convocation pour le dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

2°) d'enjoindre à la sous-préfecture de Nogent sur Marne de fixer ledit rendez-vous dans un délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir et ce sous astreinte de 100 € par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3.000 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que, de nationalité malienne, il est entré en France le 7 avril 2015, qu'il vit avec sa mère, reconnue handicapée à plus de 80 %, que, par un jugement du 4 avril 2024, le tribunal administratif de Melun a annulé une décision de la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de Nogent-sur-Marne) lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, que l'administration a refusé d'exécuter ce jugement en refusant de la convoquer, que la condition d'urgence est satisfaite car il est maintenu en situation précaire, et que la mesure sollicitée est utile et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

La requête a été communiquée le 20 juillet 2024 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a présenté aucun mémoire en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1 Par un jugement du 4 avril 2024, la 5ème chambre du présent tribunal a annulé une décision en date du 23 mai 2022 par laquelle la préfète du Val-de-Marne avait refusé de délivrer un titre de séjour à M. B A, ressortissant malien né le 7 janvier 1997 à Bamako, et a enjoint à cette autorité de réexaminer sa demande dans un délai de trois mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. La préfète du Val-de-Marne n'a pas exécuté ce jugement, au motif que l'intéressé aurait été convoqué pour le 13 mai 2024 en sous-préfecture et que la convocation aurait été retournée à l'administration avec la mention " destinataire inconnu à l'adresse ". Cette information n'a été donnée au conseil de M. A que le 6 juin 2024, les services de la sous-préfecture du Nogent-sur-Marne ne proposant pas à celui-ci une nouvelle date de convocation. M. A a ensuite obtenu une convocation pour le 3 juillet 2024 en mentionnant une demande de délivrance de titre. Les services de la sous-préfecture ont confirmé à M. A qu'ils ne pouvaient rien faire en raison de son absence à la convocation du

13 mai 2024. Le 8 juillet 2024, le greffe de la 5ème chambre du présent tribunal avait communiqué le 31 mai 2024 à la préfète du Val-de-Marne la nouvelle adresse de M. A à Champigny-sur-Marne. Par une requête enregistrée le 19 juillet 2024, M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au sous-préfet de Nogent sur Marne (Val-de-Marne) de lui délivrer une convocation pour le dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour.

2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

3 Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4 Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution. () ". Aux termes de l'article R.921-1-1 du même code : " La demande tendant à ce que le tribunal administratif prescrive les mesures nécessaires à l'exécution d'un jugement définitif de ce tribunal, en assortissant, le cas échéant, ces prescriptions d'une astreinte, ne peut être présentée, sauf décision explicite de refus d'exécution opposée par l'autorité administrative, avant l'expiration d'un délai de trois mois à compter de la notification de ce jugement. (.) ".

5 En l'espèce, la demande présentée par M. A tend à obtenir l'exécution du jugement de la 5ème chambre du présent tribunal du 4 avril 2024, en ce qu'il a enjoint à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour. Il est constant que, depuis cette date, le préfet du Val-de-Marne (sous-préfecture de Nogent-sur-Marne) se refuse expressément à exécuter ce jugement malgré les démarches entreprises tant par l'intéressé que par son conseil, en ne convoquant pas M. A en sous-préfecture en vue du réexamen de sa situation alors même qu'il est informé de sa nouvelle adresse depuis le 31 mai 2024, après l'échec de la première convocation expédiée à une adresse erronée.

6 Par suite, la demande formée par M. A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative est de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.

7 Dans ces conditions, la requête de M. A ne pourra qu'être rejetée, l'intéressé demeurant fondé, s'il l'estime utile, à solliciter du tribunal l'ouverture d'une procédure d'exécution sur le fondement des articles L. 911-4 et R. 921-1-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Copie en sera communiquée au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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