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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2408984

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2408984

vendredi 13 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2408984
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
Formation4ème chambre
Avocat requérantDROUOT AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une demande enregistrée le 21 décembre 2023, M. A et Mme E D, représentés par Me Marques, demandent au tribunal d'enjoindre au maire de Monthyon de prendre les mesures qu'implique l'exécution du jugement n° 2106862 du 29 septembre 2023 par lequel le tribunal administratif de Melun a annulé les décisions du 23 juin 2021 et du 2 juillet 2021 par lesquelles le maire de Monthyon a refusé de dresser un procès-verbal aux fins de constatation d'infraction au code de l'urbanisme à la suite de travaux réalisés par M. C en méconnaissance de la décision de non-opposition à déclaration préalable du 27 janvier 2017, a enjoint au maire de la commune de Monthyon, agissant au nom de l'État, de dresser un procès-verbal des infractions au code de l'urbanisme commises par M. C et d'en adresser copie au Procureur de la République, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, et a mis à la charge de l'État le versement à M. et Mme D une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que la décision du tribunal n° 2106862 du 29 septembre 2023 n'a jamais été exécutée et qu'il ressort des termes du jugement qu'il n'a jamais été prévu ni autorisé que le mur de clôture dépasse deux mètres de hauteur.

Par une ordonnance du 10 juillet 2024, la présidente du tribunal a décidé d'ouvrir une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution du jugement du 29 septembre 2023.

Par deux mémoires enregistrés les 30 août et 15 octobre 2024, M. et Mme D, représentés par Me Marques, demandent au tribunal :

1°) d'enjoindre au maire de Monthyon de prendre les mesures qu'implique l'exécution du jugement n° 2106862 du 29 septembre 2023 et donc de dresser un procès-verbal de constat de l'infraction commise par M. C qui a édifié un mur de clôture dépassant les deux mètres de hauteur ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La requête a été communiquée à la préfecture de Seine-et-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense, mais a produit des pièces le 7 octobre 2024.

La requête a été communiquée à la commune de Monthyon qui n'a pas produit de mémoire en défense.

La requête a été communiquée à M. A C qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une lettre du 5 septembre 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 7 octobre 2024 sans information préalable.

Une ordonnance portant clôture immédiate de l'instruction a été émise le 24 octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport F Dutour, conseillère ;

- les conclusions F Blanc, rapporteure publique ;

- et les observations de Me Mousisian, représentant M. et Mme D, et F Mme B, représentant le préfet de Seine-et-Marne.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision implicite du 23 juin 2021 et une décision expresse du 2 juillet 2021, le maire de Monthyon a refusé de dresser un procès-verbal aux fins de constatation d'infractions au code de l'urbanisme à la suite de travaux réalisés par M. C en méconnaissance de la décision de non-opposition à déclaration préalable du 27 janvier 2017. Par le jugement n° 2106862 du 29 septembre 2023, le tribunal administratif de Melun a annulé ces décisions du 23 juin 2021 et du 2 juillet 2021, a enjoint au maire de la commune de Monthyon, agissant au nom de l'État, de dresser un procès-verbal des infractions au code de l'urbanisme commises par M. C et d'en adresser copie au Procureur de la République, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement, et a mis à la charge de l'État le versement à M. et Mme D une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans le cadre de la présente instance, M. et Mme D demandent au tribunal d'assurer l'exécution de ce jugement.

Sur la demande d'exécution :

2. D'une part, l'article L. 911-4 du code de justice administrative dispose que : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander à la juridiction, une fois la décision rendue, d'en assurer l'exécution / Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte ".

3. Il résulte de l'instruction que, par un procès-verbal du 5 octobre 2023, il a été constaté que le mur de clôture n'a pas fait l'objet d'un ravalement, que hors mur de soutènement, le mur de clôture dépassant du sol est de deux mètres maximum et que le mur de clôture situé rue Thiers a été rehaussé d'environ 40 centimètres sans autorisation. Le préfet de Seine-et-Marne produit un rapport de constatation du 2 octobre 2024 qui confirme que deux infractions sont caractérisées, à savoir que le mur en limite séparative des parcelles AB n° 73 et AB n° 617 a été rehaussé sans autorisation et mesure 2,46 mètres, et que le rehaussement du mur n'a pas été ravalé du côté de la parcelle cadastrée section AB n° 73. Toutefois, en ce qui concerne le mur de clôture entre les parcelles cadastrées section AB n° 617 et AB n° 618, le jugement du 29 septembre 2023 relève qu'aucun mur de soutènement n'était nécessaire eu égard à la configuration des lieux et que les parties de clôture qui élèvent le mur à plus de deux mètres du sol naturel ont été construites en méconnaissance de la déclaration préalable délivrée le 27 janvier 2017. Dans ces conditions, en dépit de la notification au préfet de Seine-et-Marne et au maire de la commune de Monthyon le 29 septembre 2023 du jugement n° 2106862 du 29 septembre 2023, et des deux demandes adressées en ce sens par le tribunal les 11 janvier et 24 mars 2024, la commune, agissant au nom de l'État, doit être regardée comme n'ayant exécuté que partiellement le jugement n° 2106862 du 29 septembre 2023. Ainsi, à la date du présent jugement, le préfet de Seine-et-Marne et le maire de la commune de Monthyon, agissant au nom de l'État, lesquels n'ont pas produit de mémoire en défense, n'ont pas pris les mesures propres à assurer l'exécution de ce jugement. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer à l'encontre de l'État, à défaut pour le préfet de Seine-et-Marne et le maire de la commune de Monthyon, agissant au nom de l'État, de justifier de l'exécution du jugement n° 2106862 dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, une astreinte de 10 euros par jour jusqu'à la date à laquelle le jugement précité aura reçu exécution.

Sur les frais d'instance :

4. Il y a lieu de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Une astreinte est prononcée à l'encontre de l'État, si le préfet de Seine-et-Marne et le maire de la commune de Monthyon, agissant au nom de l'État ne justifient pas, dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, avoir entièrement exécuté le jugement n° 2106862 du 29 septembre 2023. Le taux de cette astreinte est fixé à 10 euros par jour.

Article 2 : L'État versera à M. et Mme D une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le préfet de Seine-et-Marne et le maire de la commune de Monthyon, agissant au nom de l'État, communiqueront au tribunal copie des actes justifiant des mesures pour exécuter le présent jugement.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A et Mme E D, à M. A C, à la commune de Monthyon et au préfet de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 22 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Mullié, présidente,

Mme Dutour, conseillère,

M. Tom Collen-Renaux, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 décembre 2024.

La rapporteure,

L. DUTOURLa présidente,

N. MULLIE

La greffière,

H. KELI

La République mande et ordonne à la ministre du partenariat avec les territoires et de la décentralisation en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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