mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2408989 |
| Type | Décision |
| Recours | Exécution d'un jugement |
| Avocat requérant | CHRETIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une lettre du 18 janvier 2024, M. C B, représenté par Me Chrétien, a saisi le tribunal administratif de Melun d'une demande tendant à obtenir l'exécution de l'ordonnance du juge des référés du 24 juin 2022, sous astreinte de 150 euros par jour de retard.
Il indique que la préfète du Val-de-Marne n'a pas renouvelé son autorisation provisoire de séjour depuis le 19 juillet 2023.
La demande initiale de M. B a été communiquée le 7 février 2024 à la préfète du Val-de-Marne, qui n'a présenté aucune observation.
Un rappel en vue de l'exécution de l'ordonnance du 24 juin 2022 a été transmis à la préfète du Val-de-Marne le 21 mars 2024.
Par une ordonnance du 10 juillet 2024, a été ouverte la phase juridictionnelle de la demande d'exécution de l'ordonnance du 24 juin 2022.
Le 24 juillet 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, a communiqué au tribunal un extrait du fichier national des étrangers confirmant que M. B, le 20 avril 2023, s'était vu délivrer une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 19 juillet 2023 qui n'avait pas été renouvelée.
Par un mémoire complémentaire enregistré le 24 août 2024, M. C B conclut aux mêmes fins.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'ordonnance du juge des référés du tribunal administratif de Melun (requête n° 2205461) du 24 juin 2022 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.
Après avoir, au cours de l'audience du 27 août 2024, tenue en présence de Madame Darnal, greffière d'audience, présenté son rapport, en l'absence du requérant et de la préfète du Val-de-Marne, ou de leurs représentants, dûment convoqués.
Considérant ce qui suit :
1 Par une ordonnance du 24 juin 2022, le juge des référés du présent tribunal, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a, après avoir admis l'intéressée à l'aide juridictionnelle provisoire, suspendu l'exécution de la décision du 14 février 2022 par laquelle la préfète du Val-de-Marne avait refusé à M. C B la délivrance d'un titre de séjour et a enjoint cette autorité de réexaminer la demande de titre de séjour de l'intéressé et de lui délivrer le temps de ce réexamen une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance. La préfète du Val-de-Marne, n'a délivré que le 20 avril 2023, soit dix mois plus tard, une autorisation provisoire de séjour, valable trois mois, qui n'a pas été renouvelée. Par une lettre du 1e s8 janvier 2024, son conseil a saisi le présent tribunal d'une demande d'exécution de cette ordonnance. La préfète du Val-de-Marne n'a formulé aucune observation. Une phase juridictionnelle a été ouverte le 10 juillet 2024.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 911-4 du code de justice administrative :
2 Aux termes d'une part de 1'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement ou d'un arrêt, la partie intéressée peut demander au tribunal administratif ou à la cour administrative d'appel qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution. / () Si le jugement ou l'arrêt dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 921-5 du même code : " Le président () du tribunal administratif saisi d'une demande d'exécution sur le fondement de l'article L. 911-4, ou le rapporteur désigné à cette fin, accomplissent toutes diligences qu'ils jugent utiles pour assurer l'exécution de la décision juridictionnelle qui fait l'objet de la demande. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 921-6 de ce code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte, ou lorsque le demandeur le sollicite dans le mois qui suit la notification du classement décidé en vertu du dernier alinéa de l'article précédent et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président de la cour ou du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. ".
3 S'il appartient au juge de l'exécution, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-4 du code de justice administrative, d'ordonner l'exécution de la chose jugée, il n'a pas le pouvoir de remettre en cause les mesures décidées par le dispositif de la décision juridictionnelle dont l'exécution lui est demandée. Il ne lui appartient pas en principe d'interpréter cette décision.
4 En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'article 3 de l'ordonnance du 24 juin 2022 avait enjoint à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer la demande de titre de séjour de M. B et de lui délivrer, le temps de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance. Un tel réexamen ne pouvant donner lieu qu'à une décision expresse, eu égard aux motifs retenus par le juge des référés dans son ordonnance, il appartenait donc à la préfète du Val-de-Marne d'autoriser le séjour et le travail du requérant pendant tout le temps nécessaire à ce réexamen.
5 Or, s'il ressort des pièces du dossier que, si une autorisation provisoire de séjour a bien été délivrée à l'intéressée le 20 avril 2023, celle-ci n'a pas été renouvelée à son échéance le 19 juillet 2023, le document intitulé " Attestation justificative d'une régularité de séjour " délivrée le 31 juillet 2023, au demeurant non signée, ne pouvant en tenir lieu. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que l'ordonnance du 24 juin 2022 du juge des référés du présent tribunal n'a pas été exécutée dans l'ensemble de ses dispositions.
6 Dans ces conditions, il y a lieu de compléter l'article 3 de l'ordonnance du 24 juin 2022 et d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de remettre en mains propres à M. C B une autorisation provisoire de séjour, portant autorisation de travail, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard passé ce délai de cinq jours, laquelle autorisation provisoire de séjour devra être valable, et au besoin renouvelée sans discontinuité, jusqu'à la notification de la décision expresse de la préfète du Val-de-Marne prise à la suite du réexamen mentionné à ce même article.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à la préfète du Val-de-Marne de remettre en mains propres à M. C B une autorisation provisoire de séjour, portant autorisation de travail, dans un délai de cinq jours à compter de la notification de la présente ordonnance, sous astreinte de 50 euros par jour de retard passé ce délai de cinq jours, laquelle autorisation provisoire de séjour devra être valable, et au besoin renouvelée sans discontinuité, jusqu'à la notification de la décision expresse de la préfète du Val-de-Marne prise à la suite du réexamen mentionné à l'article 3 de l'ordonnance du 24 juin 2022.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à Me Chrétien et à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés, La greffière,
A : M. Aymard A : L. Darnal
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière
N°2408989
Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430
Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2603340
Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi d'une demande visant à assurer l'exécution d'une précédente injonction et à obtenir une astreinte pour son inexécution. Le juge a constaté que la préfète de l'Isère n'avait pas renouvelé le récépissé de séjour de la requérante, malgré l'injonction antérieure, et que cette dernière avait ainsi subi un préjudice (licenciement). En conséquence, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné à la préfète de statuer expressément sur la demande de titre de séjour dans un délai d'un mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
07/04/2026
Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2506265
**Sujet principal** : Demande d'exécution d'une ordonnance de référé ayant suspendu un refus de titre de séjour et enjoint à l'administration de réexaminer la situation. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nice (statuant par ordonnance). **Solution retenue** : Le juge constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution, car l'administration a pris une nouvelle décision (un refus de titre de séjour daté du 7 janvier 2026), ce qui a assuré l'exécution de l'ordonnance initiale. La demande est donc devenue sans objet. **Textes appliqués** : Articles R. 222-1 (3°) et L. 911-4 du code de justice administrative.
07/04/2026