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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2409068

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409068

vendredi 13 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2409068
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête de M. A, qui contestait la décision du préfet du Val-de-Marne de classer sans suite sa demande de naturalisation pour défaut de production de pièces dans les délais. Le juge a rappelé que le défaut de production peut justifier un classement sans suite, sauf impossibilité due à des circonstances imprévisibles et indépendantes de la volonté du demandeur. En l'espèce, M. A n'a invoqué qu'une omission involontaire et une consultation tardive de la mise en demeure, faits jugés inopérants ou manifestement insusceptibles de caractériser une telle impossibilité. La requête a donc été rejetée sur le fondement de l'article R. 222-1 7° du code de justice administrative, en application du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 et de l'arrêté du 3 février 2023.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 juillet 2024, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 30 mai 2024 par laquelle le préfet du Val-de-Marne a classé sans suite sa demande de naturalisation.

M. A soutient que le défaut de production des pièces demandées est dû à une " omission involontaire " ; que, " n'ayant pas pris connaissance de [la] demande à temps, [il n'a] malheureusement pas pu y répondre dans les délais impartis " ; qu'il produit en annexe à sa requête les pièces demandées et qu'il s'engage à suivre rigoureusement les procédures administratives requises.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité française ;

- l'arrêté du 3 février 2023 pris pour l'application du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993, relatif aux modalités de dépôt et aux conditions de notification des communications de l'administration dans le cadre des différentes procédures dématérialisées d'acquisition ou de perte de la nationalité française, et notamment son article 3 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".

2. D'une part, aux termes de l'article 40 du décret n° 93-1362 du 30 décembre 1993 : " L'autorité qui a reçu la demande () peut, à tout moment de l'instruction de la demande de naturalisation (), mettre en demeure le demandeur de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. / Si le demandeur ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le demandeur est informé par écrit de ce classement ". Le défaut de production des pièces complémentaires dans le délai imparti peut, à lui seul, légalement justifier une décision de classement sans suite. Toutefois, l'impossibilité de produire les pièces dans le délai imparti, à raison de circonstances imprévisibles et indépendantes de la volonté du demandeur, dont ce dernier a justifié et informé l'administration dans les meilleurs délais, est de nature à faire obstacle à un tel classement sans suite. Le juge de l'excès de pouvoir exerce un contrôle normal sur le respect de ces conditions d'application de l'article 40 du décret du 30 décembre 1993. En l'absence de production des pièces demandées dans le délai imparti et de justification d'une impossibilité de respecter ce délai, l'autorité administrative dispose d'un large pouvoir d'appréciation pour user de la faculté de classer sans suite la demande. Le juge de l'excès de pouvoir n'exerce alors plus qu'un contrôle restreint, en tenant compte de l'objet de la décision de classement sans suite, qui consiste seulement à mettre fin à l'instruction de la demande sans y statuer, et de la finalité du régime de classement sans suite, qui est d'améliorer l'efficacité des procédures d'instruction des demandes de naturalisation.

3. D'autre part, aux termes du dernier alinéa de l'article 35 du décret du 30 décembre 1993 : " Lorsque la demande a été déposée au moyen de l'application informatique mentionnée au premier alinéa, les notifications adressées au demandeur se font au moyen de celui-ci dans des conditions précisées par un arrêté du ministre chargé des naturalisations. ". Aux termes du dernier alinéa de l'article 3 de l'arrêté du 3 février 2023 : " Tout message sur l'espace personnel de l'usager est réputé lui être notifié à la date de sa première consultation, certifiée par l'accusé de lecture délivré par l'application. A défaut d'une telle consultation dans le délai de quinze jours calendaire suivant sa date de mise à disposition sur l'espace personnel, ce message ainsi que, le cas échéant, le fichier joint, sont réputés notifiés à cette dernière date, à l'issue de ce délai ".

4. En l'espèce, il est constant que M. A n'a pas produit les pièces demandées dans le délai imparti par une mise en demeure qui a été mise à disposition sur son espace personnel le 22 février 2024 et qu'il n'a consulté que le 20 mai suivant. Pour contester la décision de classement sans suite du 30 mai 2024 prise pour ce motif en application de l'article 40 précité, M. A, qui ne conteste pas la régularité de la notification de la mise en demeure, se limite à soutenir, d'une part, que son omission est " involontaire ", moyen qui est inopérant pour contester les conditions réglementaires d'application de l'article 40 précité, d'autre part, que l'impossibilité de répondre dans le délai imparti s'explique par la consultation tardive de la demande, fait qui est manifestement insusceptible de justifier d'une impossibilité de produire les pièces dans le délai imparti à raison de circonstances imprévisibles et indépendantes de la volonté du demandeur. En outre, l'un et l'autre de ces faits sont, à eux seuls, manifestement insusceptibles de venir au soutien d'un moyen tiré d'une erreur manifestement d'appréciation de l'ensemble de sa situation.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête ne comporte que " des moyens inopérants " et " des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien " au sens du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Le délai de recours contentieux étant expiré il y a lieu, par application de ces dispositions, de rejeter la requête.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 13 décembre 2024.

Le président de la 8ème chambre,

X. POTTIER

La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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