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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2409369

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409369

mercredi 14 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2409369
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantROUVET ORUE CARRERAS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a été saisi par M. A, ressortissant malien, d’une demande de suspension de la décision implicite de refus de renouvellement de sa carte de résident. En cours d’instance, l’administration a délivré au requérant une nouvelle carte de résident valable jusqu’en 2024, rendant sans objet les conclusions aux fins de suspension, d’injonction et d’astreinte. Le juge des référés a constaté un non-lieu à statuer sur ces demandes et a condamné l’État, partie perdante, à verser 700 euros à M. A au titre des frais de justice, sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Rouvet Orue Carreras, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) de suspendre la décision par laquelle la préfète du Val-de-Marne a implicitement refusé son admission au séjour ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne, ou à tout préfet territorialement compétent, de réexaminer sa situation administrative dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer pendant cet examen un document l'autorisation à séjourner et à travailler en France ;

4°) de mettre à la charge de l'État, en cas d'admission définitive à l'aide juridictionnelle, au versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros hors taxes au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle, ou en cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle, à lui verser la somme de 1 500 euros hors taxes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire complémentaire, enregistré le 4 août 2024, M. A indique ne pas s'opposer au non-lieu à statuer sur ses conclusions relatives à la suspension de la décision implicite précitée, dès lors qu'il a obtenu un rendez-vous le 1er août pour le retrait de sa carte de résident, mais maintient les conclusions au titre des frais de justice.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2024, la préfète du Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête tendant à la suspension de la décision précitée et au rejet de la demande au titre des frais irrépétibles.

Par un mémoire complémentaire, enregistré le 13 août 2024, M. A maintient les conclusions au titre des frais de justice.

Vu :

- la requête au fond enregistrée sous le n° 2309386 ;

- les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Meyrignac, premier conseiller, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties de la date de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 13 août 2024 :

- le rapport de M. Meyrignac ;

- et les observations de Me Bagayoko, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui maintient ses conclusions.

M. A n'était ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant malien né en 1974, était titulaire d'une carte de résident valable du 27 novembre 2013 au 26 novembre 2023 dont il a sollicité le renouvellement le 28 novembre 2023, après avoir obtenu un rendez-vous sur la plateforme " démarches simplifiées ". Un récépissé valable du 28 novembre 2023 au 27 mai 2024 lui a été accordé, mais non renouvelé, malgré une demande en ce sens. Par la requête précitée, il demande la suspension de la décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de titre.

Sur les conclusions au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accorder l'aide juridictionnelle provisoire à M. A.

Sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction sous astreinte :

3. Il résulte de l'instruction que le requérant s'est, après l'enregistrement de la requête, vu délivrer une carte de résident valable du 27 novembre 2023 au 26 novembre 2024, qui lui a été remise le 1er août 2024. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête aux fin de suspension de la décision implicite contestée, d'injonction et d'astreinte.

Sur les frais de justice :

4. L'Etat étant la partie perdante dans la présente affaire, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 700 euros à verser à M. A, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension, d'injonction et d'astreinte de la requête présentée par M. A.

Article 2 : L'État versera à M. A la somme de 700 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie dématérialisée en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 14 août 2024.

Le juge des référés, La greffière,

P. MEYRIGNACV. TAROT

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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