Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409411

lundi 19 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2409411
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDIALLO

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a constaté un non-lieu à statuer sur la demande de suspension de la décision implicite de refus de renouvellement de titre de séjour de Mme B épouse C. Cette solution a été retenue car, en cours d'instance, la préfète du Val-de-Marne a délivré à la requérante une attestation de prolongation d'instruction, régularisant ainsi sa situation administrative. Le tribunal a toutefois condamné l'État à verser 1 200 euros à Mme B au titre des frais de justice, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 juillet 2024, Mme A B épouse C, représentée par Me Diallo, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision implicite de refus de renouvellement de titre de séjour né du silence du préfet du Val-de-Marne sur sa demande, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) d'enjoindre au préfet d'instruire sans délai sa demande ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

Sur la condition d'urgence :

- elle se retrouve sans droits, ni titre, du fait de cette situation et a perdu ses droits au versement de ses allocations chômage alors que l'instruction de sa demande a duré plus d'un an ;

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- la décision attaquée n'est pas motivée ;

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle remplit toutes les conditions prévues à l'article L. 314-11-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'elle est mariée depuis plus de deux ans à un ressortissant français.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 août 2024, la préfète du Val-de-Marne conclut au non-lieu à statuer.

Elle soutient qu'une attestation de prolongation d'instruction a été délivrée à la requérante, valable du 30 juillet 2024 au 29 octobre 2024 et que le dossier sera traité en priorité.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 29 juillet 2024 sous le n° 2409416 par laquelle Mme B épouse C demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Allègre, premier conseiller, pour statuer en tant que juge des référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

M. Allègre a lu son rapport au cours de l'audience publique tenue le 14 août 2024 à 10 h, en présence de Mme Tarot, greffière d'audience.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B épouse C, ressortissante congolaise née le 14 novembre 1990 a sollicité le 1er mai 2023 le renouvellement de sa carte de séjour expirant le 14 juin suivant. Par la présente requête, elle demande la suspension de l'exécution de la décision implicite de refus opposée à cette demande.

Sur l'exception de non-lieu invoquée en défense :

2. Postérieurement à l'introduction de la requête en référé de Mme B épouse C, la préfète du Val-de-Marne a convoqué cette dernière dans ses services le 30 juillet 2024 et lui a délivré un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'au 29 octobre 2024. Dans ces circonstances particulières, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction présentées par Mme B épouse C. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins de suspension et d'injonction de la requête.

Article 2 : L'Etat versera à Mme B épouse C une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3: La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B épouse C et à la préfète du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 19 août 2024.

Le juge des référés,

E. ALLEGRELa greffière,

V. TAROT

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,