jeudi 23 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2409792 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | BECHIEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 août 2024, M. E D C, représenté par Me Béchieau, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) annuler l'arrêté du 25 juillet 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai pour rejoindre le pays dont il a la nationalité ou tout autre pays non membre de l'Union européenne ou avec lequel ne s'applique pas l'acquis de Schengen et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet compétent de réexaminer sa situation et de le munir, dans l'attente, d'une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros par application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, Me Béchieau renonçant à percevoir la part contributive de l'Etat allouée au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- il appartient au préfet des Hauts-de-Seine d'identifier et de démontrer que H. A avait compétence pour signer la décision attaquée ;
- la décision attaquée est insuffisamment motivée en droit et en fait et n'a pas été précédée d'un examen sérieux de sa situation personnelle et professionnelle ;
- elle a été prise en méconnaissance du droit à être entendu ; il appartient au préfet des Hauts-de-Seine d'apporter la preuve qu'il l'a mis en mesure de présenter des observations écrites sur sa demande et des observations dans les conditions fixées par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- il entend reprendre l'ensemble des moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision attaquée sera annulée pour exception d'illégalité ;
S'agissant de la décision portant refus de départ volontaire :
- il entend reprendre l'ensemble des moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision attaquée sera annulée pour exception d'illégalité ;
- il justifie détenir un passeport en cours de validité et une attestation d'hébergement ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- il entend reprendre l'ensemble des moyens dirigés contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision attaquée sera annulée pour exception d'illégalité ;
- elle est insuffisamment motivée, n'a pas été précédée d'un examen de sa situation et est entachée d'erreur de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 octobre 2024, le préfet des Hauts-de-Seine, qui informe le tribunal que la requête n'appelle aucune observation particulière de sa part et qui communique les pièces utiles du dossier, conclut au rejet de la requête.
Par une ordonnance du 9 octobre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au
23 octobre 2024 à 12 heures.
M. D C a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun du 16 octobre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bonneau-Mathelot,
- et les observations de Me Paya, substituant Me Béchieau, représentant
M. D C, requérant présent.
Une note en délibéré présentée pour M. D C par Me Béchieau a été enregistrée le 9 janvier 2025.
Considérant ce qui suit :
1. M. D C, ressortissant péruvien, a, sur le fondement des dispositions du 2° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, fait l'objet d'un arrêté du 25 juillet 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai pour rejoindre le pays dont il a la nationalité ou tout autre pays non membre de l'Union européenne ou avec lequel ne s'applique pas l'accord Schengen où il est légalement admissible et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par la présente requête, M. D C demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Il ressort des pièces du dossier que M. D C a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun du 16 octobre 2024. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions en litige :
3. En premier lieu, Mme B A, attachée, qui a signé les décisions attaquées en sa qualité d'adjointe au chef du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement, disposait, à cet effet, d'une délégation de signature en vertu de l'arrêté n° 2024-31 du 2 juillet 2024 du préfet des Hauts-de-Seine, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs, n° spécial SGAD, du 2 juillet 2024.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. (). / (). Toutefois, les motifs des décisions relatives au délai de départ volontaire et à l'interdiction de retour édictées le cas échéant sont indiqués ".
5. Les décisions attaquées mentionnent les considérations de droit sur lesquelles elles se fondent et les considérations de fait qui en sont à l'origine. D'une part, la décision portant obligation de quitter le territoire français attaquée vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment son article 8, et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application, notamment le 2° de l'article L. 611-1, et fait mention des éléments principaux de la situation de M. D C, le préfet des Hauts-de-Seine n'étant pas tenu de préciser tous les éléments relatifs à sa situation. D'autre part, la décision refusant un délai de départ volontaire contestée, qui indique que l'autorité administrative peut, par une décision motivée, décider que l'étranger est obligé de quitter sans délai le territoire français, et qui reprend la teneur des dispositions des 2° et 4° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne que M. D C ne justifie d'aucune circonstance particulière pour s'être maintenu irrégulièrement sur le territoire français et qu'il a explicitement déclaré lors de son audition par les services de police qu'il n'envisageait pas un retour dans son pays d'origine et qu'il ferait appel de la décision. Par ailleurs, la décision fixant le pays de destination, qui vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment les articles L. 721-3 à L. 721-5, relève que M. D C est marocain et qu'il n'est pas contrevenu aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Enfin, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français vise les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne également que M. D C ne justifie d'aucune circonstance humanitaire particulière, qu'il est entré récemment en France et que sa situation familiale ne fait pas état de fortes attaches sur le territoire et que compte tenu des circonstances propres au cas d'espèce, la durée de l'interdiction de retour d'un an ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au regard de sa vie privée et familiale. Il suit de là que le moyen tiré de l'insuffisance de la motivation des décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.
6. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier ni des termes des décisions attaquées que le préfet des Hauts-de-Seine n'aurait pas procédé, au vu des informations pertinentes qui avaient été portées à sa connaissance, à un examen de la situation de M. D C.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires réglées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre ; / () ".
8. Lorsqu'il oblige un étranger à quitter le territoire français sur le fondement de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet se situe dans le champ d'application de la directive 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008, relative aux normes et procédures communes applicables dans les Etats membres au retour des ressortissants de pays tiers en séjour irrégulier. Dès lors, il lui appartient de faire application des principes fondamentaux du droit de l'Union européenne, dont celui du droit à une bonne administration. Parmi les principes que sous-tend ce dernier, figure celui du droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement soit prise à son encontre, tel qu'il est énoncé notamment au 2. de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Selon la jurisprudence de la Cour de justice de 1'Union européenne, ce droit se définit comme le droit de toute personne à faire connaître, de manière utile et effective, ses observations écrites ou orales au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible de lui faire grief. Cependant ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement qu'informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou orales. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
9. Il ressort des pièces du dossier que M. D C a été entendu le
25 juillet 2024, à 11 h 15, soit préalablement au prononcé des décisions en litige, ainsi que cela ressort du procès-verbal par les services de la préfecture de police sur ses conditions de séjour et sur la perspective d'un éloignement préalablement à l'édiction de la mesure contestée. A cet égard, M. D C ne justifie pas qu'il disposait d'informations pertinentes tenant à sa situation personnelle qu'il aurait été empêché de porter à la connaissance de l'administration avant que ne soit prise les mesures en litige et qui, si elles avaient pu être communiquées à temps, auraient été de nature à faire obstacle à l'édiction de l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, M. D C n'est pas fondé à soutenir que son droit d'être entendu a été méconnu.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
11. Il ressort des pièces du dossier que M. D C, qui est entré en France le 22 mai 2022, sous couvert d'un passeport biométrique, s'y maintient irrégulièrement, n'établit ni même n'allègue avoir entrepris des démarches pour régulariser sa situation administrative. Il est marié avec une compatriote, qui réside irrégulièrement sur le territoire français. De leur union est né, en 2015, un enfant dont il est établi qu'il a été scolarisé, au titre de l'année scolaire 2023-2024, en classe de CE 2. En outre, l'enfant de son épouse, né d'une union précédente, a été scolarisé en classe de troisième pour l'année scolaire 2023-2024. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D C, qui est sans emploi stable, aurait tissé des liens personnels et amicaux en France ni qu'il y serait particulièrement intégré. En outre, il n'invoque aucune circonstance impérieuse qui ferait obstacle à ce que la cellule familiale se reconstitue au Pérou avec son épouse, son enfant et sa belle-fille. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D C serait dépourvu de toute attache dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 36 ans. Dans ces circonstances, eu égard à la durée et aux conditions de séjour de M. D C, la décision portant obligation de quitter le territoire français ne porte pas à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision a été prise.
12. En sixième lieu, compte tenu des considérations qui viennent d'être énoncées, M. D C n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige serait entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
13. En septième et dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.
14. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le fils de M. D C et sa
belle-fille, scolarisés, ne pourraient pas poursuivre leur scolarité au Pérou où la cellule familiale pourra se reconstituer. Le moyen invoqué ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne le moyen propre aux décisions portant refus de départ volontaire et interdiction de retour sur le territoire français et fixant le pays à destination :
15. Il résulte de ce qui a été dit aux points 3. à 14. du présent jugement que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, M. D C ne saurait, à supposer qu'il ait entendu s'en prévaloir, invoquer, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation des décisions portant refus de départ volontaire, interdiction de retour sur le territoire français et fixant le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office. Le moyen invoqué est donc écarté.
En ce qui concerne le moyen propre à la décision portant refus de délai de départ volontaire :
16. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () ; 2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () ; / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / () ".
17. Si M. D C soutient être en possession d'un passeport en cours de validité et disposer d'une adresse stable en fournissant une attestation d'hébergement, le préfet des
Hauts-de-Seine s'est également fondé sur les dispositions des 2° et 4° de l'article L. 612-3 du code précité et aurait pris la même décision de refus de départ volontaire en se fondant sur ces seuls motifs. Par suite, M. D C n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'erreur d'appréciation.
En ce qui concerne le moyen propre à la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an :
18. Si M. D C, sous l'intitulé " 4. Sur l'illégalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français ", a entendu se prévaloir d'une " insuffisance de motivation, [d'un] défaut d'examen et [d'une] erreur de droit ", il n'a entendu invoquer que les seuls moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen auxquels le présent jugement a répondu aux points 5. et 6. Dans ces conditions, il ne peut être regardé comme ayant assorti le moyen tiré de l'erreur de droit de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le
bien-fondé. En outre, à supposer même que M. D C ait entendu invoquer l'erreur d'appréciation, un tel moyen n'a pas été indexé en tant que tel.
19. Il résulte de tout ce qui précède que M. D C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 25 juillet 2024 du préfet des Hauts-de-Seine. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions à fin d'annulation qu'il a présentées ainsi que les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles qu'il a présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. D C tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. D C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E D C et au préfet des
Hauts-de-Seine.
Copie en sera adressée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
M. Demas, conseiller,
M. Kourak, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2025.
La présidente-rapporteure,
S. BONNEAU-MATHELOT
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
C. DEMASLa greffière,
I. GARNIER
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026