LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2409935

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2409935

jeudi 20 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2409935
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation9ème chambre
Avocat requérantTOMASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée, le 7 août 2024, M. B C, représenté par Me Malik, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 juillet 2024 en tant que le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office ;

2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Il soutient que :

- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour ont été signées par une autorité incompétente ; d'une part, ces décisions n'ont pas été signées par le préfet de police dont l'empêchement n'est pas justifié ; d'autre part, il n'est pas possible de s'assurer que la signataire des décisions en litige bénéficiait d'une délégation de signature dont l'administration ne justifie pas ;

- l'arrêté attaqué, qui vise les textes qui en constituent le fondement, est motivé " sur la base d'éléments factuels incomplets " ; la décision portant obligation de quitter le territoire français relève qu'il serait sans attaches en France, ce qui est inexact ; les arrêtés ont été pris en méconnaissance des exigences du code des relations entre le public et l'administration relative à la motivation des actes administratifs ;

- le préfet de police a commis " une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle ".

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2024, le préfet de police conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 2 septembre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au

2 octobre 2024 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d'emploi du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Bonneau-Mathelot a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, ressortissant marocain né en 2003 à Oujda (Maroc), qui a fait l'objet d'un contrôle d'identité le 19 juillet 2024 a, par un arrêté du même jour du préfet de police, été obligé de quitter le territoire français dans un délai de trente jours à destination du pays dont il a la nationalité. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler cet arrêté en tant que le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays de destination.

2. En premier lieu, d'une part, si M. C soutient que les décisions portant obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour ont été signées par une autorité incompétente, il est constant qu'il n'a présenté aucune conclusion tendant à l'annulation d'une décision portant interdiction du territoire français, au demeurant, inexistante. D'autre part, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Or, par un arrêté n° 2024/00924 du 8 juillet 2024, régulièrement publiée, le préfet de police a donné délégation à Mme A, attachée d'administration de l'Etat, adjointe au chef de la division des reconduites à la frontière, à l'effet de signer la décision en litige en cas d'absence ou d'empêchement d'autorités dont M. C n'établit pas qu'elles n'auraient pas été absentes ou empêchées à la date de la signature de cette décision.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. () ".

4. La décision portant obligation de quitter le territoire français attaquée vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment son article 8, l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987, et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application, notamment le 1° de l'article L. 611-1, et fait mention des éléments principaux de la situation de M. C, le préfet de police n'étant pas tenu de préciser tous les éléments relatifs à sa situation. Elle comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il suit de là que le moyen tiré de l'insuffisance de la motivation de la décision attaquée, qui ne se confond pas avec le

bien-fondé de ses motifs, manque en fait et doit être écarté.

5. A supposer que M. C, qui soutient que " les arrêtés ont été pris en méconnaissance des exigences du code des relations entre le public et l'administration relative à la motivation des actes administratifs ", ait entendu soutenir que la décision fixant le pays de destination n'est pas motivée, il ressort des termes de cette décision qu'elle vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, notamment son article 3, et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application, notamment l'article L. 721-4, précise sa nationalité et relève que l'intéressé n'établit pas être exposé à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, elle comporte, conformément aux dispositions de l'article L. 211-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.

6. En troisième et dernier lieu, M. C soutient être entré en France en 2022, y avoir des attaches familiales, son frère et sa sœur y résidant régulièrement, ainsi que d'autres membres de sa famille et avoir de " réelles perspectives d'intégration professionnelle ", un employeur étant décidé à le recruter. Toutefois, M. C n'apporte aucun élément pertinent à l'appui de son argumentation. En outre, il ressort des pièces versées au dossier et, notamment, du procès-verbal d'audition sur la situation administrative du 19 juillet 2024, qu'il a indiqué être entré en France, pour la dernière fois en 2023, être célibataire et sans enfant à charge, qu'il était sans domicile fixe et qu'il disposait de " 40 euros par jour dans la coiffure ". Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet de police aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision portant obligation de quitter le territoire français sur sa situation.

7. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 19 juillet 2024 en tant que le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office. Il y a lieu de rejeter les conclusions à fin d'annulation qu'il a présentées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au préfet de police.

Copie en sera adressée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 23 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Bonneau-Mathelot, présidente,

M. Demas, conseiller,

M. Kourak, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2025.

La présidente-rapporteure,

S. BONNEAU-MATHELOT

L'assesseur le plus ancien

dans l'ordre du tableau,

C. DEMASLa greffière,

S. SCHILDER

La République mande et ordonne au préfet de police en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions