mercredi 11 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2410187 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BAZIN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 août 2024, M. B A, représenté par Me Il, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution des décisions des 16 février et 5 juin 2024 retirant son contrat à durée indéterminée ;
2°) d'enjoindre en conséquence au président de l'Université Gustave Eiffel, d'une part, de le réintégrer ou le maintenir provisoirement dans les effectifs de l'École supérieure d'ingénieurs en électronique et électrotechnique de Paris (ESIEE Paris) jusqu'au jugement de sa requête en annulation des décisions en litige, d'autre part, de suspendre, jusqu'au même jugement, tout processus de recrutement d'un nouveau professeur de mathématiques pour le remplacer ;
3°) de mettre à la charge de l'Université Gustave Eiffel la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
-sa requête est recevable, dès lors que les décisions en litige font par ailleurs l'objet d'une requête en annulation qui n'a pas été présentée tardivement ;
-la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie ;
-il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige pour les raisons suivantes :
*ces décisions méconnaissent les règles de retrait des actes administratifs individuels créateurs de droits, ainsi que le principe général de sécurité juridique et le principe de loyauté dans les relations contractuelles ;
* elles sont entachées d'erreur de droit et d'erreur de fait en ce qu'elles sont fondées sur l'article 45 du décret n° 86-83 du 17 janvier 1986 ;
*elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation et d'erreur d'appréciation ;
*elles sont constitutives d'une mesure de licenciement déguisée voire d'une sanction déguisée de licenciement sans préavis ni indemnité de licenciement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2024, l'Université Gustave Eiffel, représentée par la SELARL Bazin et Associés Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie ;
-aucun des moyens dont il est fait état n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige.
Vu :
-la requête n° 2408264 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;
-les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.
Les parties ont été régulièrement informées de la date et de l'heure de l'audience publique.
Au cours de cette audience, tenue le 29 août 2024 à 10h00 en présence de Mme Aumond, greffière d'audience, ont été entendus :
-le rapport de M. Zanella, juge des référés ;
-les observations de Me Il, représentant M. A, présent, qui a conclu aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;
-les observations de M. A et de sa conjointe ;
-les observations de Me Mercier, agissant pour la SELARL Bazin et Associés Avocats, représentant l'Université Gustave Eiffel, qui a conclu aux mêmes fins que le mémoire en défense, par les mêmes motifs.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Une note en délibéré, enregistrée le 2 septembre 2024, a été présentée par l'université Gustave Eiffel.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. "
2. M. A a été recruté par l'Université Gustave Eiffel pour occuper un emploi d'enseignant formateur en qualité d'agent contractuel de droit public à l'École supérieure d'ingénieurs en électronique et électrotechnique de Paris (ESIEE Paris) par un contrat à durée déterminée qui, initialement conclu le 5 octobre 2020 pour la période du
1er janvier au 30 juin 2021, a ensuite été successivement renouvelé à deux reprises, en dernier lieu pour la période du 1er septembre 2022 au 31 août 2024. La transformation de ce contrat en contrat à durée indéterminée à compter du 1er septembre 2023 ayant été approuvée par le conseil de l'ESIEE Paris le 14 juin 2023 puis validée par le conseil d'administration de l'Université Gustave Eiffel le 29 juin suivant, il a été rendu destinataire, par courriel du 25 septembre 2023, d'un avenant relatif à cette transformation, afin qu'il le signe, ce qu'il n'a cependant pas fait durant plusieurs mois. De ce fait, le président de l'Université Gustave Eiffel et le directeur de l'ESIEE Paris l'ont informé, par une lettre datée du 16 février 2024, qu'ils ne pouvaient plus maintenir la proposition de transformation de son contrat en contrat à durée indéterminée parce qu'ils considéraient qu'il n'en avait pas accepté les conditions et qu'en conséquence, son contrat prendrait fin comme prévu le 31 août 2024. Sa requête tend, à titre principal, à la suspension de l'exécution de la décision ainsi prise, ainsi que de la décision du 5 juin 2024 par laquelle, à la suite d'un entretien ayant eu lieu le 13 mai 2024, au cours duquel il en a sollicité le retrait, le président de l'Université Gustave Eiffel a confirmé cette décision en précisant que son contrat ne serait pas renouvelé à son terme.
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension de l'exécution d'une décision administrative lorsque l'exécution de celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts que celui-ci entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension de l'exécution d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à ordonner la suspension de l'exécution des décisions en litige, M. A fait essentiellement état des conséquences de la fin de son contrat d'engagement du 5 octobre 2020 sur sa situation financière. Il précise à cet égard qu'il va se trouver privé de son emploi donc d'un salaire d'environ 2 800 euros, sans pouvoir prétendre à un revenu de distribution, ni avoir la certitude de trouver un autre emploi malgré les candidatures qu'il a présentées depuis mars 2024. Il précise également qu'il ne dispose d'aucun patrimoine, ni d'aucune épargne, et que, de son côté, sa conjointe, qui est enceinte, est actuellement sans emploi et perçoit une allocation d'assurance chômage dont le montant (1 200 euros) est insuffisant pour payer le loyer dû pour le logement de la famille (1 300 euros). Il ajoute qu'il ne pourra plus continuer à apporter une aide financière à sa mère, malade, ni à sa sœur, qui a fui la guerre au Liban. Toutefois, il résulte de l'instruction qu'alors même qu'il prétend avoir manifesté clairement depuis 2019 sa volonté de bénéficier d'un contrat à durée indéterminée, le requérant s'est, jusqu'au 16 juin 2024, soit jusqu'à une date postérieure à la seconde décision en litige, abstenu de signer le seul avenant qui lui a été transmis à cet effet le 25 septembre 2023, parce qu'il souhaitait conclure un nouveau contrat plutôt qu'un simple avenant. Il en résulte également que l'intéressé avait pourtant été préalablement informé, lors d'un entretien ayant eu lieu le 19 octobre 2023 en présence d'un représentant du personnel, que la non-signature de l'avenant transmis le 25 septembre 2023 serait considérée comme un refus de sa part de la transformation en contrat à durée indéterminée de son contrat d'engagement du 5 octobre 2020 et que, dans ce cas, celui-ci ne se poursuivrait alors que jusqu'à son terme. M. A s'est dès lors placé lui-même dans une situation dans laquelle les circonstances qu'il invoque ne peuvent être regardées comme étant de nature à caractériser l'urgence requise par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le point de savoir si l'un des moyens invoqués est propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige, que la requête de M. A doit être rejetée, y compris ses conclusions accessoires à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a par ailleurs pas lieu de mettre à la charge du requérant la somme que l'Université Gustave Eiffel demande au même titre.
O R D O N N E :
Article 1er :La requête de M. A est rejetée.
Article 2 :Les conclusions présentées par l'Université Gustave Eiffel au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 :La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à l'Université Gustave Eiffel.
Fait à Melun, le 11 décembre 2024.
Le juge des référés,
Signé : P. ZanellaLa greffière,
Signé : G. Aumond
La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026