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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2410188

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410188

lundi 26 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2410188
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, était saisi par M. B, ressortissant libanais, d'une demande d'injonction visant à obtenir la remise matérielle de sa carte de séjour temporaire "étudiant" avant son expiration, en raison d'une atteinte grave à sa liberté d'aller et venir. La préfète du Val-de-Marne a convoqué l'intéressé le 23 août 2024 pour la remise effective du titre, ce qui a été réalisé. Le tribunal a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales, devenues sans objet, et a rejeté les conclusions nouvelles présentées à l'audience (attestation de retard, mise à jour ANEF) comme irrecevables dans le cadre de ce référé liberté.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 août 2024, M. A B, doit être regardé comme demandant au juge des référés d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui remettre la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " valable du 21 août 2023 au 20 août 2024 pour laquelle une attestation de décision favorable a été émise le 26 juillet 2023, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance et à une date antérieure au 18 août 2024, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Il soutient que :

- la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-2 du code de justice administrative est remplie, dès lors que l'administration a omis de lui remettre matériellement la carte de séjour temporaire qui lui a été délivrée pour la période du 21 août 2023 au 20 août 2024 alors que ce document est nécessaire pour compléter la demande de changement de statut en qualité de salarié qu'il doit présenter avant l'expiration de ce titre auprès de la préfète du Loiret ; il bénéficie d'une offre de contrat de travail à durée indéterminée à compter du 9 septembre 2024 ; le récépissé de demande de titre de séjour dont il bénéficie expirera le 10 septembre 2024 ; il risque d'être placé en situation irrégulière, ne pourra plus travailler, ni traverser les frontières ;

- cette situation porte atteinte à sa liberté d'aller et venir, principe à valeur constitutionnelle et reconnue par les stipulations de l'article 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celle de l'article 2 du protocole additionnel n° 4 de cette convention ;

- cette situation méconnait les dispositions de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- l'administration a méconnu les dispositions de l'article 1er du décret n° 2016-685 du

27 mai 2016 autorisant les téléservices tendant à la mise en œuvre du droit des usagers de saisir l'administration par voie électronique.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 août 2024, la préfète du Val-de-Marne conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.

Elle soutient que la requête a perdu son objet et qu'il n'y a pas d'urgence dès lors que

M. B a été convoqué le 23 août 2024 à 9h00 pour la remise de son titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution ;

- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 20 août 2024 à 14h00 en présence de Mme Schilder, greffière d'audience, Mme C a lu son rapport et entendu :

- les observations de M. B, qui conclut aux mêmes fins que sa requête, par les mêmes moyens, en ajoutant qu'il demande au juge des référés, d'une part, d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de lui transmettre une attestation de retard dans la remise de son titre de séjour, à destination de la préfète du Loiret, et de mettre à jour ses droits sur le site de l'administration numérique des étrangers en France (ANEF) et d'autre part, de mettre ses frais de justice à la charge de l'Etat ;

- les observations de Me Kerkeni, de la SELARL Actis Avocats, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui persiste en tous points dans les termes du mémoire en défense.

En application des dispositions de l'article R. 522-8 du code de justice administrative, la juge des référés a, à l'issue de l'audience, différé la clôture de l'instruction au 23 août 2024 à 17h00.

Par un mémoire, enregistré le 23 août 2024 à 16h59, qui n'a pas été communiqué, M. B demande au juge des référés de mettre à la charge de l'Etat une somme de 27,20 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir qu'il n'avait pas été convoqué pour la remise de son titre de séjour avant le 23 août 2024 et qu'il a exposé des frais de transport pour se rendre à l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant libanais né le 4 août 1998, entré en France au cours de l'année 2021 sous couvert d'un visa de long séjour portant la mention " étudiant ", a été rendu destinataire le 26 juillet 2023 d'une décision favorable à sa demande de délivrance d'une carte de séjour temporaire portant la même mention, valable jusqu'au 20 août 2024. Il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre effectivement cette carte de séjour temporaire.

Sur les conclusions tendant à la remise du titre de séjour délivré à M. B :

2. Il résulte de l'instruction que M. A B a été convoqué à un rendez-vous dans les services de la préfecture du Val-de-Marne le vendredi 23 août de 9h00 à 11h45 en vue de la remise de son titre de séjour et qu'il s'est effectivement vu remettre ledit titre à cette occasion. Il suit de là qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à ce qu'il soit ordonné à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre ce document, ni, par voie de conséquence, sur les conclusions à fins d'injonction et d'astreinte.

Sur les conclusions tendant à la remise d'une attestation de retard et à la mise à jour des informations le concernant sur le site de l'ANEF :

3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".

4. M. B fait valoir qu'un document attestant du retard mis par la préfète du Val-de-Marne à lui remettre la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " valable jusqu'au 20 août 2024 lui serait utile afin de justifier, auprès des services de la préfecture du Loiret, des raisons pour lesquelles il n'a pas présenté ce document à l'appui de sa demande de renouvellement de cette carte. Cependant, les seules mentions de la présente ordonnance suffisent à établir que l'intéressé ne s'est vu remettre la carte de séjour temporaire litigieuse que le 23 août 2024. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que l'administration aurait omis de mettre à jour les informations concernant M. B sur le site de l'ANEF. Dans ces conditions, en l'état de l'instruction, les mesures demandées par le requérant ne présentent pas le caractère d'urgence prévue à l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B tendant à la remise d'une attestation de retard et à la mise à jour des informations le concernant sur le site de l'ANEF, présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative :

6. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que M. B demande sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à ce qu'il soit ordonné à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre la carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " valable du 21 août 2023 au 20 août 2024, dans un délai de 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance et à une date antérieure au 18 août 2024, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Article 2 : Le surplus des conclusions présentées par M. B est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.

La juge des référés, La greffière,

M. CD

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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