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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2410196

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410196

mardi 11 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2410196
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantDUPOURQUE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 août 2024, M. D, représenté par Me Dupourque, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 19 juillet 2024 par laquelle le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet des Yvelines, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Yvelines de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) d'ordonner l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

La décision portant refus de titre de séjour :

- n'a pas été signée par une autorité compétente ;

- méconnaît l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et l'article L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'il n'a pas été informé de ce qu'il était susceptible de faire l'objet d'une mesure d'éloignement et qu'il n'est pas établi qu'il a été mis à même de présenter ses observations ;

- est insuffisamment motivée ;

- est entachée d'un défaut d'examen de sa situation ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle et familiale ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

La décision fixant le pays de destination :

- est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

La décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- est insuffisamment motivée ;

- fait une inexacte application de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

La requête a été communiquée au préfet des Yvelines, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une décision n°2024/002722 du 15 janvier 2025 le bureau d'aide juridictionnelle a constaté la caducité de la demande d'aide juridictionnelle de M. A.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (CE) n° 1987/2006 du Parlement européen et du Conseil du 20 décembre 2006 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen de deuxième génération (SIS II) ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Marine Robin, conseillère,

- et les observations de Me Niang, substituant Me Dupourque, avocat de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant azerbaïdjanais se maintenant en France en situation irrégulière, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 19 juillet 2024 par lequel le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Si M. A sollicite, dans le cadre de sa requête, son admission à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle, il ressort des pièces du dossier que la caducité de sa demande d'aide juridictionnelle a été prononcée par une décision du président du bureau de l'aide juridictionnelle en date du 15 janvier 2025. Dès lors, ses conclusions tendant à ce que le tribunal l'admette à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet et il n'y a, par suite, pas lieu d'y statuer.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, d'une part, le préfet territorialement compétent pour édicter la décision portant obligation de quitter le territoire français est celui qui constate l'irrégularité de la situation au regard du séjour de l'étranger concerné, que cette mesure soit liée à une décision refusant à ce dernier un titre de séjour ou son renouvellement, au refus de reconnaissance de la qualité de réfugié ou du bénéfice de la protection subsidiaire, ou encore au fait que l'étranger se trouve dans un autre des cas énumérés à l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Tel est, en toute hypothèse, le cas du préfet du département où se trouve le lieu de résidence ou de domiciliation de l'étranger. En outre, si l'irrégularité de sa situation a été constatée dans un autre département, le préfet de ce département est également compétent.

4. Il ressort des pièces du dossier que l'irrégularité de la situation de M. A a été constatée par les services de police à Versailles le 19 juillet 2024. Dans ces conditions, la décision portant obligation de quitter le territoire français pouvait légalement être prise par le préfet des Yvelines.

5. D'autre part, par un arrêté du 17 juin 2024 régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs spécial de l'Etat, M. C B, chef du bureau de l'éloignement et du contentieux, a reçu délégation du préfet des Yvelines à l'effet de signer tous les arrêtés et décisions concernant la mise en œuvre des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6. Il résulte de ce qui a été dit aux points 3 à 5 que l'obligation de quitter le territoire français en litige n'est pas entachée d'incompétence

7. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les textes applicables et mentionne des éléments relatifs à la situation personnelle et professionnelle de M. A. Elle comporte, ainsi, les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Dans ces conditions, et alors que le préfet des Yvelines n'avait pas à mentionner de manière exhaustive l'ensemble des éléments de fait se rapportant à la situation de l'intéressé, la décision est suffisamment motivée au sens des dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Le droit d'être entendu implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne. Toutefois, tout manquement, notamment, au droit d'être entendu n'est pas de nature à entacher systématiquement d'illégalité la décision prise. Il revient à l'intéressé d'établir devant le juge chargé d'apprécier la légalité de cette décision que les éléments qu'il n'a pas pu présenter à l'administration auraient pu influer sur le sens de cette décision et il appartient au juge saisi d'une telle demande de vérifier, lorsqu'il estime être en présence d'une irrégularité affectant le droit d'être entendu, si, eu égard à l'ensemble des circonstances de fait et de droit spécifiques de l'espèce, cette violation a effectivement privé celui qui l'invoque de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que cette procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent.

9. Il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal de son audition, que M. A a été mis à même de présenter ses observations et qu'il a pu faire valoir ses demandes de rendez-vous qu'il a adressées aux services préfectoraux, sa situation professionnelle sur le territoire français et sa connaissance de la langue française. L'intéressé n'invoque aucun élément qu'il n'a pas pu présenter à l'administration et qui aurait été susceptible d'influer sur le sens de la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu consacré par l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne doit être écarté.

10. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Yvelines n'ait pas procédé à un examen particulier de la situation de M. A avant de lui refuser la délivrance d'un titre de séjour.

11. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ".

12. Si M. A soutient qu'il a engagé des démarches auprès des services préfectoraux afin d'obtenir un rendez-vous pour déposer une demande de titre de séjour, il ressort des pièces du dossier qu'il s'est maintenu sur le territoire français en situation irrégulière alors qu'il avait fait l'objet d'un arrêté en date du 17 septembre 2021 portant refus de titre de séjour et l'obligeant à quitter le territoire français. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet des Yvelines a méconnu les dispositions précitées de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

13. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

14. Si M. A se prévaut de sa présence en France depuis 2016, de sa maîtrise de la langue française, de sa situation professionnelle sur le territoire et des liens personnels et amicaux qu'il y entretient, il n'établit pas entretenir d'autres liens personnels et familiaux en France, alors qu'il est célibataire et sans enfant et qu'il n'est pas dépourvu de tout lien dans son pays d'origine. Par suite, compte tenu de la durée et des conditions de son séjour, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

15. Enfin, en sixième lieu, pour les mêmes motifs que ceux cités au point précédent, si M. A soutient qu'il est présent en France depuis 2016 et qu'il est titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminé dans le secteur de la restauration, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Yvelines ait commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle en s'abstenant de faire usage de son pouvoir de régularisation à l'endroit du requérant.

Sur la décision fixant le pays de destination :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à se prévaloir de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.

17. En second lieu, si le requérant soutient que le préfet des Yvelines a méconnu les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'établit pas qu'il serait, en cas de retour en Azerbaïdjan, effectivement et personnellement exposé à des peines ou traitements inhumains ou dégradants au sens de cet article.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

18. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".

19. Il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet des Yvelines s'est borné à constater qu'aucune circonstance humanitaire n'était de nature à justifier qu'aucune interdiction de retour sur le territoire français ne soit édictée à l'encontre du requérant, sans tenir compte de la durée de présence sur le territoire français de M. A. Dans ces conditions, l'intéressé est fondé à soutenir que la décision lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an est insuffisamment motivée.

20. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, M. A est seulement fondé à demander l'annulation de la décision lui interdisant le retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

21. En premier lieu, l'annulation prononcée par le présent jugement n'implique pas nécessairement, compte tenu du motif retenu, que le préfet des Yvelines délivre un titre de séjour à M. A ni qu'il soit procédé au réexamen de sa situation. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées en ce sens par le requérant doivent être rejetées.

22. En second lieu, aux termes de l'article L. 613-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger auquel est notifiée une interdiction de retour sur le territoire français est informé qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, conformément à l'article 24 du règlement (UE) n° 2018/1861 du Parlement européen et du Conseil du 28 novembre 2018 sur l'établissement, le fonctionnement et l'utilisation du système d'information Schengen (SIS) dans le domaine des vérifications aux frontières, modifiant la convention d'application de l'accord de Schengen et modifiant et abrogeant le règlement (CE) n° 1987/2006. / Les modalités de suppression du signalement de l'étranger en cas d'annulation ou d'abrogation de l'interdiction de retour sont fixées par voie réglementaire ". L'article R. 613-7 du même code prévoit que : " Les modalités de suppression du signalement d'un étranger effectué au titre d'une décision d'interdiction de retour sont celles qui s'appliquent, en vertu de l'article 7 du décret n° 2010-569 du 28 mai 2010 relatif au fichier des personnes recherchées, aux cas d'extinction du motif d'inscription dans ce traitement ". Aux termes de l'article 7 du décret du 28 mai 2010 : " I. - Les données à caractère personnel et informations enregistrées dans le fichier sont conservées jusqu'à l'aboutissement de la recherche ou l'extinction du motif de l'inscription. / II. - A l'issue du délai fixé au I, les données à caractère personnel enregistrées dans le fichier sont conservées pendant une durée de six mois et accessibles uniquement aux personnels chargés de la création et de la gestion des fiches mentionnés à l'article 4. / III. - A l'issue du délai fixé au II, les données à caractère personnel et informations relatives sont archivées pendant une durée de six ans. Elles sont uniquement accessibles aux personnels de la police nationale et aux personnels de la gendarmerie nationale chargés de l'administration du fichier des personnes recherchées. / IV. - La mise à jour des données enregistrées est réalisée, à l'initiative de l'autorité ayant demandé l'inscription au fichier () ".

23. Il résulte des dispositions précitées qu'il appartient à l'administration de procéder sans délai à la mise à jour des données concernant M. A dans le système d'information Schengen, dans les conditions prévues par les dispositions citées ci-dessus de l'article 7 du décret du 28 mai 2010. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet des Yvelines de prendre, sans délai, toute mesure propre à procéder à cette mise à jour.

Sur les frais liés au litige :

24. M. A n'ayant pas obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle, la caducité de sa demande ayant été constatée, son conseil n'est pas fondé à demander l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Article 2 : La décision du préfet des Yvelines du 19 juillet 2024 portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est annulée.

Article 3 : Il est enjoint au préfet des Yvelines de prendre sans délai toute mesure propre à mettre à jour les données concernant M. A dans le système d'information Schengen, dans les conditions prévues par les dispositions de l'article 7 du décret du 28 mai 2010.

Article 4 : L'Etat versera à M. A une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, au préfet des Yvelines et à Me Marion Dupourque.

Copie en sera transmise au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Copie pour information en sera transmise au préfet des Yvelines.

Délibéré après l'audience du 24 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

M. Timothée Gallaud, président,

Mme Marine Robin, conseillère,

Mme Héloïse Mathon, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 février 2025.

La rapporteure,

M. Robin

Le président,

T. GallaudLa greffière,

L. Potin

La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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