LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2410318

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410318

jeudi 30 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2410318
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantLEMOS PAES GONCALVES DA SILVA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 août 2024 et le 20 septembre 2024,

M. E A B, représenté par Me Lemos, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 juillet 2024, par lequel le préfet du Val-d'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il doit être regardé comme soutenant que :

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article

L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur la décision de refus de délai de départ volontaire :

- elle est illégale en tant qu'elle se fonde sur la décision d'obligation de quitter le territoire français qui est elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une erreur de fait.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale en tant qu'elle se fonde sur la décision d'obligation de quitter le territoire français qui est elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles

L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 septembre 2024, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Une lettre du 24 octobre 2024 a informé les parties, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, que la clôture de l'instruction était susceptible d'intervenir à compter du 1er décembre 2024.

Une ordonnance du 2 décembre 2024 a prononcé la clôture immédiate de l'instruction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Le rapport de M. Fanjaud a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, ressortissant brésilien né le 12 juin 2000 à Sao Luizma (Brésil), est entré sur le territoire français le 2 décembre 2021 muni de son passeport brésilien et déclare s'y être maintenu depuis lors. Le 30 juillet 2024, M. A B a été interpellé par les services de police pour défaut de permis de conduire et s'est révélé se trouver en situation irrégulière sur le territoire français. Par un arrêté du 30 juillet 2024, le préfet du Val-d'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par la présente requête, M. A B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 9503273994 du 24 juillet 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs du même jour, le préfet du Val-d'Oise a donné à Mme D C, adjointe à la cheffe du bureau du contentieux et de l'éloignement, délégation de signature aux fins de signer notamment les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français avec fixation ou non d'un délai de départ et les décisions d'interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 2° L'étranger, entré sur le territoire français sous couvert d'un visa désormais expiré ou, n'étant pas soumis à l'obligation du visa, entré en France plus de trois mois auparavant, s'est maintenu sur le territoire français sans être titulaire d'un titre de séjour ou, le cas échéant, sans demander le renouvellement du titre de séjour temporaire ou pluriannuel qui lui a été délivré () ".

4. M. A B doit être regardé comme soutenant que le préfet du Val-d'Oise a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées. Toutefois, il est constant que l'intéressé a été interpellé le 30 juillet 2024 lors d'un contrôle effectué par les services de police pour des faits de défaut de permis de conduire et se trouvait à cette occasion en situation irrégulière sur le territoire français. Par ailleurs, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que M. A B n'étant pas soumis à l'obligation de visa, il est entré sur le territoire français sous couvert de son passeport et s'y est maintenu plus de trois mois sans être titulaire d'un titre de séjour. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A B aurait effectué des démarches en vue de la régularisation de sa situation administrative. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet du Val-d'Oise aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

5. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. ". Si le requérant soutient que la décision attaquée a été prise en méconnaissance des stipulations précitées, il n'établit pas en quoi cette décision porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale dans la mesure notamment où l'intéressé a passé l'essentiel de sa vie dans son pays d'origine, et n'établit pas l'existence de circonstances humanitaires particulières qui s'opposeraient à la décision contestée. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées ne peut qu'être écarté.

Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :

6. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que doit être écarté le moyen invoqué par M. A B tiré de ce que la décision par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui accorder un départ volontaire être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire.

7. En second lieu, M. A B soutient que le préfet du Val-d'Oise aurait entaché sa décision d'une erreur de fait dans la mesure où la décision de refus de départ volontaire se fonde notamment sur la circonstance que l'intéressé n'a pas présenté des documents d'identité ou de voyage en cours de validité et ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, d'une part, si

M. A B est bien détenteur d'un passeport valable jusqu'au 7 septembre 2031, il ne résulte pas du procès-verbal d'audition de l'intéressé que ce document aurait été présenté à cette occasion. D'autre part, si M. A B produit, au cours de la présente instance, un bail d'habitation à l'adresse où il déclare habiter, il ne résulte pas ni du procès-verbal d'audition ni des pièces du dossier que l'intéressé justifierait de sa résidence effective et permanente à cette adresse. Dans ces conditions, c'est à tort que M. A B soutient que le préfet du Val-d'Oise aurait entaché sa décision refusant un départ volontaire d'une erreur de fait. Dès lors, ce moyen doit être écarté.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

8. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que doit être écarté le moyen invoqué par M. A B tiré de ce que la décision par laquelle le préfet du Val-d'Oise a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an devrait être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de départ volontaire.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles

L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français (). ".

10. M. A B doit être regardé comme soutenant que le préfet du Val-d'Oise a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le préfet du Val-d'Oise n'a pas assorti sa décision d'obligation de quitter le territoire français d'une décision accordant un délai de départ volontaire. Comme il a été indiqué aux points 6 et 7 du présent jugement, la décision portant refus de départ volontaire n'est pas entachée d'illégalité. Par ailleurs, la durée d'un an prononcée n'apparait pas disproportionnée eu égard à l'objectif poursuivi. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet du Val-d'Oise aurait entaché sa décision d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté

11. En dernier lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 5 que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A B doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A B et au préfet du Val-d'Oise.

Copie en sera adressée au préfet de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 9 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

M. Lalande, président,

M. Pradalié, premier conseiller,

M. Fanjaud, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2025.

Le rapporteur,

C. FANJAUD Le président,

D. LALANDE

La greffière,

C. KIFFER

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions