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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2410337

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410337

lundi 9 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2410337
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET BARDON & DE FAY - BF2A

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 août 2024, complétée le 26 août 2024, la commune de Coulommiers (Seine-et-Marne), représentée par Me Bardon, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

1°) d'annuler l'ensemble des mesures prononcées par le juge des référés du tribunal administratif de Melun dans son ordonnance du 2 août 2024 ;

2°) de rejeter la requête introduite par la société " Free Mobile " ;

3°) de mettre à la charge de la société " Free Mobile " une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 di code de justice administrative.

Elle soutient que l'ordonnance du 2 août 2024 a été rendue sans qu'elle ait été en mesure de présenter sa défense, que le projet de la société " Free Mobile " méconnait les dispositions de l'article UX 5 du plan local d'urbanisme de la commune car elle n'intègre pas les constructions dans son environnement, puisque qu'elle est d'une hauteur de 18 mètres et qu'elle est implantée au sein d'une zone de bâtiments de faible hauteur et de plus dans une perspective paysagère protégée par le plan local d'urbanisme, que sa hauteur réelle comporte une atteinte à la perspective remarquable protégée par ce cône de vue, et que le projet ne se situe pas en réalité sur la parcelle telle que définie par la déclaration préalable.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 août 2024, la société " Free Mobile ", représentée par Me Martin, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la commune de Coulommiers d'une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- l'ordonnance du juge des référés du présent tribunal (requête n° 2408837) du

2 août 2024 ;

- le code de justice administrative.

Après avoir, au cours de l'audience du 27 août 2024, tenue en présence de Mme Aumont, greffière d'audience, présenté son rapport, et entendu :

- les observations de Me Bardon, représentant la commune de Coulommiers, qui demande une substitution de motifs pour justifier l'opposition à la déclaration préalable de la société requérante car la construction, d'une hauteur de 18 mètres, se trouve dans une perspective remarquable et qu'il y a bien des éléments nouveaux ;

- et les observations de Me Candelier, représentant la société " Free Mobile " qui maintient qu'il n'y a aucun élément nouveau dans le dossier, qu'il n'y a pas lieu d'appliquer l'article L. 521-4 du code de justice administrative et qui rappelle que l'antenne sera implantée dans une zone commerciale.

Considérant ce qui suit :

1. Par l'ordonnance susvisée du 2 août 2024, le juge des référés du présent tribunal a suspendu l'exécution de la décision du 23 avril 2024 par laquelle le maire de la commune de Coulommiers (Seine-et-Marne) s'était opposé à la déclaration préalable déposée par la société " Free Mobile " le 22 février 2024 pour la construction d'une station de relais de téléphonie mobile sur un terrain sis 29, rue de l'Orgeval et a enjoint au maire de la commune de Coulommiers de prendre une décision provisoire de non-opposition à cette déclaration préalable dans un délai de deux mois à compter de la notification de l'ordonnance. Cette dernière a été rendue en l'absence de production de la part de la commune de Coulommiers, par ailleurs absente à l'audience du 30 juillet 2024 alors qu'elle y avait été régulièrement convoquée. Le juge des référés avait retenu le moyen tiré de l'erreur d'appréciation commise par le maire de la commune de Coulommiers sur le projet de travaux et son impact sur le milieu dans lequel il était destiné à être implanté au regard de l'article UX 5 du plan local d'urbanisme de la commune. Par une requête enregistrée le 21 août 2024, la commune de Coulommiers demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative d'annuler l'ensemble des dispositions de l'ordonnance du 2 août 2024.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :

2. Aux termes d'une part de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".

3. Il ressort des pièces du dossier que la requête initiale présentée par la société " Free Mobile " sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative a été communiquée le 20 juillet 2024 à la commune de Coulommiers et que celle-ci n'a pas produit de mémoire en défense et n'a pas été représentée à l'audience du 30 juillet 2024 alors qu'elle y avait été régulièrement convoquée. Par la présente requête, la commune entend soumettre au juge des référés le mémoire en défense qu'elle n'a pas jugé utile de présenter dans le cadre de la précédente instance et demande au juge des référés " d'annuler l'ensemble des mesures prononcées par l'ordonnance du 2 août 2024 ".

4. Les dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative ne font pas obstacle à ce que le juge des référés modifie les mesures qu'il avait ordonnées ou y mette fin au vu d'un moyen nouveau que lui soumettrait à cette fin l'une des parties ou toute autre personne intéressée, alors même que ce moyen aurait pu lui être soumis dès la première saisine.

5. En l'espèce, à l'appui de sa demande d'annulation, la commune de Coulommiers soutient que la décision d'opposition du 23 avril 2024, dont l'exécution a été suspendue par l'ordonnance du 2 août 2024, était légalement fondée au regard de l'article UX 5 du plan local d'urbanisme de la commune en ce que l'antenne projetée, d'une hauteur de 18 mètres, devait être installée dans une zone, certes commerciale, mais ne comprenant que des immeubles de faible hauteur, et porterait ainsi atteinte à son environnement immédiat et en particulier qu'elle risquerait d'altérer la perspective remarquable protégée par le cône de vue du parc des Capucins tel que défini par le plan local d'urbanisme, notamment en raison de sa hauteur, et qu'elle ne serait pas implantée dans les faits sur la parcelle mentionnée dans le dossier de demande initiale.

6. Toutefois, et outre qu'il n'appartient pas au juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative " d'annuler l'ensemble des mesures " prononcées par une précédente ordonnance, une telle annulation étant de la compétence du juge de cassation, les éléments présentés à l'appui de la demande de la commune présentée le 21 août 2024 ne peuvent être qualifiés d'éléments nouveaux au sens de cet article, dès lors qu'ils ont trait principalement à la légalité même de la décision qu'elle vient défendre, et que celle-ci a déjà été examinée par le juge des référés dans son ordonnance du 2 août 2024.

7. Si, par ailleurs, dans le cadre de la présente instance, la commune de Coulommiers demande au tribunal de procéder à une substitution de motifs sur la décision du 23 avril 2024 en considérant que le pylône projeté serait implanté dans la perspective d'un cône vue d'un site remarquable identifié et protégé par le plan local d'urbanisme, il ressort des pièces du dossier que celui-ci sera implanté à plus d'un kilomètre du site protégé en cause et sera donc presque imperceptible à l'œil nu.

8. Dans ces conditions, les conditions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative n'étant pas réunies, la requête de la commune de Coulommiers ne pourra qu'être rejetée.

Sur les frais du litige :

9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Coulommiers une somme à verser à la société " Free Mobile " en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la commune de Coulommiers est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de la société " Free Mobile " sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Coulommiers et à la société " Free Mobile ".

Le juge des référés,La greffière,

A : M. AymardA : G. Aumond

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2410337

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