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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2410418

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410418

vendredi 23 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2410418
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme C, ressortissante ivoirienne, qui contestait le refus de renouvellement de son titre de séjour "vie privée et familiale" pris par la préfète du Val-de-Marne. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, la requérante n'établissant pas de perspective immédiate d'emploi ou de voyage justifiant une intervention dans les 48 heures. En conséquence, la demande de suspension et les conclusions accessoires ont été rejetées sans examen du fond, par application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 août 2024, Mme A B épouse C, représentée par Me Aït Mehdi, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de suspendre la décision du 23 avril 2024 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui renouveler son titre de séjour portant la mention vie privée et familiale ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir avec astreinte de 100 euros par jour de retard;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'urgence est caractérisée dès lors que la décision contestée rejetant sa demande de titre de séjour au eu pour effet, d'une part, de lui faire perdre son emploi dès lors qu'elle ne peut plus justifier de son droit au travail et l'empêche, d'autre part, de circuler et de sortir de l'espace Schengen et de se rendre en Côte d'Ivoire pour y voir les membres de sa famille ;

- il est porté atteinte à une liberté fondamentale tenant à sa liberté d'aller-et-venir et à sa liberté d'exercer une activité professionnelle alors qu'elle va perdre ses droits à l'assurance maladie et au chômage;

- la décision en litige est manifestement illégale du fait de l'incompétence de son auteur, de la méconnaissance des dispositions des articles L. 423-7, L.423-8 et L.423-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des erreurs manifeste d'appréciation dont elle est entachée.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. D,

vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B épouse C, ressortissante ivoirienne, née le 21 novembre 1982, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre la décision du 23 avril 2024 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui renouveler son titre de séjour portant la mention vie privée et familiale et d'enjoindre, sous astreinte, à cette autorité administrative de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L.522-3 de ce code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire "..

3. Pour justifier de l'urgence qu'il y aurait à enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de prendre les mesures sollicitées, Mme C fait valoir que la décision du 23 avril 2024 par laquelle la préfète du Val-de-Marne a refusé de lui renouveler son titre de séjour portant la mention vie privée et familiale a eu pour effet, d'une part, de lui faire perdre son emploi dès lors qu'elle ne peut plus justifier de son droit au travail et l'empêche, d'autre part, de circuler et de sortir de l'espace Schengen et de se rendre en Côte d'Ivoire pour y voir les membres de sa famille.

4. Toutefois, alors que cette décision est intervenue le 23 avril 2024, la requérant ne fait état d'aucun élément par lequel elle serait susceptible de trouver un emploi, ni qu'elle aurait pour projet de voyager à brève échéance. Au demeurant, elle demande au juge des référés d'enjoindre à la préfète de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir. Il suit de là que les circonstances dont se prévaut Mme C ne peuvent, en l'état, être regardées comme caractérisant une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans les quarante-huit heures selon la procédure prévue à l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Par suite, la condition d'urgence ne peut être regardée comme remplie.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme C doit être rejetée en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B épouse C.

Fait à Melun, le 23 août 2024.

Le juge des référés,

Signé : M. D

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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