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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2410446

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410446

mardi 8 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2410446
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête en référé de M. B, ressortissant haïtien, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour le renouvellement de son titre de séjour et de lui remettre un récépissé. Le juge a constaté que l'absence de renouvellement du récépissé après le 21 juillet 2024 révélait une décision implicite de rejet de sa demande, née en application des articles R. 432-1 et R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, la demande en référé était dépourvue d'utilité et de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative. La requête a été rejetée, le requérant étant invité à contester la légalité de la décision implicite par un recours en excès de pouvoir.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 août 2024, M. A B, représenté par Me Boutaourout, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour le dépôt de sa demande de renouvellement de titre de séjour et de carte de résident, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir,

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour assorti d'une autorisation de travail,

3°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 800 euros sur le fondement de L'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que, de nationalité haïtienne, il réside en France depuis 2002, qu'il a obtenu son premier titre de séjour en 2009 et que son épouse est en situation régulière, ses enfants étant de nationalité français, qu'il a sollicité de la préfète du Val-de-Marne un rendez-vous en vue de renouveler son récépissé de demande de titre de séjour, qu'il n'a eu aucune réponse, que la condition d'urgence est satisfaite car il a demandé le renouvellement de son titre de séjour et il ne peut plus exercer sa profession de chauffeur de véhicule de transport.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1 M. B, ressortissant haïtien né le 6 novembre 1989 à Aquin, entré en France selon ses dires en 2002, a bénéficié en dernier lieu d'un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " délivrée par la préfète du Val-de-Marne et valable jusqu'au 18 août 2023. Il a déposé une demande de renouvellement de ce titre de séjour le 22 janvier 2024 et s'est vu remettre un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'au 21 juillet 2024, qui n'a pas été renouvelé. Par une requête enregistrée le 23 août 2024, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui remettre son titre de séjour ou un nouveau récépissé.

2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les

deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3 Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code : " La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de

quatre mois. () ".

4 En l'espèce, M. B a déposé sa demande de renouvellement de son titre de séjour le 22 janvier 2024 et son récépissé n'a pas été renouvelé après le 21 juillet 2024. Cette absence de renouvellement ne peut que révéler la naissance d'une décision implicite de rejet opposée à cette date par la préfète du Val-de-Marne à la demande présentée par M. B.

5 Eu égard à l'intervention de cette décision implicite de rejet, la demande formée par M. B sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité et est, au surplus, de nature à faire obstacle à l'exécution de cette décision administrative.

6 Dans ces conditions, la requête de M. B ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, l'intéressé demeurant fondé, s'il l'estime utile, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé-suspension.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la préfète du

Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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