lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2410493 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | VAN ELSLANDE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 août 2024, la société civile immobilière " 3 M ", représentée par Me Le Fouler, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'arrêté en date du 19 décembre 2023 portant permis de construire au profit de la société en nom collectif " LNC ORION " ;
2°) de mettre à la charge de la société en nom collectif " LNC ORION " et la commune de Nemours la somme de 5.000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle indique que, le 25 août 2023, la société en nom collectif " LNC Orion " a déposé une demande de permis de construire en vue de la réalisation d'un ensemble comprenant notamment 85 logements à Nemours (Seine-et-Marne), et que, par un arrêté du 19 décembre 2023, le maire de la commune de Nemours a fait droit à sa demande, qu'elle a déposé un recours gracieux le 12 février 2024, explicitement rejeté le 7 mars 2024 et qu'elle a demandé l'annulation de cet arrêté le 7 mai 2024.
Elle soutient que son intérêt à agir est établi car elle est propriétaire d'un terrain au voisinage immédiat du terrain d'assiette, et subira nécessairement une modification des conditions de jouissance de son bien, puisque le projet prévoit un ensemble de 85 logements, que la condition d'urgence est satisfaite car le premier mémoire en défense a été communiqué le 28 juin 2024, et, sur le doute sérieux, que le dossier de demande de permis de construire était incomplet et erroné car il n'a pas mentionné exactement la destination des bâtiments en projet, que la notice architecturale était incomplète et ne décrivait pas suffisamment les abords du terrain d'assiette et les habitations qui y figurent, les matériaux des constructions, les paysages, le traitement des espaces libres et l'organisation des accès au terrain, que le plan de masse était inexact et incomplet, une des parcelles n'étant pas décrite, qu'il n'était pas possible au vu des documents graphiques d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement, que les pièces jointes au dossier de demande de démolition étaient incomplètes, que le site patrimonial situé à proximité n'était pas mentionné, que le projet ne respecte pas les dispositions des articles Ua4 et Ub4 du plan local d'urbanisme de la commune, l'emprise au sol étant excessive, de même que les dispositions des articles Ua5 et Ub5 qui limitent la hauteur, que celles des articles Ua7 et Ub7 en raison de la proximité du bâtiment historique pour le toit, les parements, les menuiseries extérieures et les clôtures, que l'aire réservée aux ordures ménagères n'est pas décrite, que le nombre de places de stationnement est insuffisante et que la desserte du projet par les voies publiques ne respecte pas les conditions de sécurité.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 septembre 2024, la commune de Nemours, représentée par Me Van Elslande, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la société requérante d'une somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 septembre 2024, la société en nom collectif " LNC Orion ", représentée par Me Leparoux conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de la société requérante d'une somme de 3 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la condition d'urgence n'est pas satisfaite, les travaux n'étant pas commencés et ne devant l'être qu'une fois l'autorisation de construire définitive.
Elle soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu
- la décision attaquée,
- les autres pièces du dossier.
Vu
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Par une requête enregistrée le 7 mai 2024 sous le numéro 2405613, la société civile immobilière " 3 M " a demandé l'annulation de la décision contestée.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 11 septembre 2024, présenté son rapport en présence de Madame Nodin, greffière d'audience et entendu :
- les observations de Me Le Fouler, représentant la société civile immobilière " 3 M ", qui rappelle que le projet est prévu sur un terrain limitrophe du sien, qu'il prévoit deux bâtiments de neuf mètres de haut, que son intérêt à agir ne fait donc pas de doute, que les travaux n'ont pas commencé mais que la condition d'urgence est satisfaite, qui maintient que le dossier de permis de construire était lacunaire et que les lacunes ne pouvaient être comblées par d'autres éléments du dossier, que la notice architecturale est légère car les bâtiments à détruire ne sont pas décrits, de même que les végétations, qu'il n'y a aucune insertion du projet dans son environnement et aucune description dans les parcelles d'assiette, que les documents graphiques sont insuffisants et trompeurs et ne mentionnent pas les vis-à-vis, que les photos sont anciennes, qu'il n'y a aucune explication sur la protection du périmètre des monuments historiques, qu'il n'y a aucune mention de la surface du terrain de chacune des zones, que le plan local d'urbanisme n'autorise que des bâtiments en R + 2 avec un attique ou des combles, que les chiens assis dépassent des toitures, que la toiture n'est pas en tuile alors que c'est une obligation en zone de visibilité du monument historique, qu'il n'y a aucune harmonie avec les bâtiments avoisinants, que le plan local d'urbanisme n'est pas respecté par les doubles-vitrages, que les aires d'ordures ménagères ne sont pas couvertes et le passage est trop étroit, que le remplacement des plantations existantes n'est pas précisé, qu'il n'y a aucun détail sur les places de stationnement et que la desserte par les voies de circulation automobile ne sont pas respectées ;
- les observations de Me Nguyen Khac, représentant la commune de Nemours, qui soutient que la notice architecturale était complète et suffisante et qu'elle permettait de se faire une idée sur le projet, que les abords des terrains sont décrits et les limites détaillées, que la notice est suffisante dans son ensemble, que tous les arbres seront déplacés ou remplacés, que les perspectives d'insertion ont été complétées par des photos, que les constructions avoisinantes n'ont aucun intérêt particulier, que le projet mentionne le coefficient d'occupation des sols de chaque zone, que la hauteur des bâtiments respecte les dispositions du plan local d'urbanisme, que le bâtiment a été conçu pour limiter les vues sur les fonds voisins, que les dispositions du plan local d'urbanisme sur les toitures ont été respectées et toutes les teintes ont été précisées, que le petits bois des vitrages n'ont pas à être appliqués en carreaux, que le système de bras mécanique de collecte des déchets ménagers autorise un aire de collecte non couverte, que la société requérante n'est donc pas au courant des nouvelles techniques de ramassage, qu'il n'y a pas de clôture sur rue, que les règles de stationnement ont été respectées sur les deux zones et que le plan local d'urbanisme exclut les espaces de circulation et les cheminements piétons des voies.
- les observations de Me Chanoine, représentant la société en nom collectif " LNC Orion ", qui rappelle que la condition d'urgence n'est pas satisfaite car les travaux ne commenceront pas avant que l'autorisation d'urbanisme ne soit devenue définitive, dans la mesure où la promesse de vente n'a été conclue que sous réserve de la purge du contentieux.
- les observations complémentaires de Me Le Fouler, représentant la société civile immobilière " 3 M ", qui relève que la définition des voies n'est pas claire et que la majorité des bâtiments aux alentours comporte des toitures-terrasses.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 19 décembre 2023, le maire de la commune de Nemours (Seine-et-Marne) a délivré à la société en nom collectif " LNC " un permis de construire en vue de la réalisation, sur un ensemble de parcelles, d'une superficie totale de 5.700 m², situées 20 rue du Souvenir un ensemble comprenant deux immeubles et 85 logements avec 95 places de stationnement, le tout faisant une surface de plancher de 4.946 m². La société civile immobilière " 3M " a formé le 12 février 2024 un recours gracieux contre cet arrêté, explicitement rejeté le 7 mars 2024. Par une requête enregistrée le 7 mai 2024, la société civile immobilière " 3 M " a demandé l'annulation de la décision du 19 décembre 2023. Par une requête enregistrée le 26 août 2024, elle demande au juge des référés la suspension de son exécution.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. Aux termes de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme : " Un recours dirigé contre une décision de non-opposition à déclaration préalable ou contre un permis de construire, d'aménager ou de démolir ne peut être assorti d'une requête en référé suspension que jusqu'à l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort. / La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est présumée satisfaite ".
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. La construction d'un bâtiment autorisée par un permis de construire présente un caractère difficilement réversible. Par suite, lorsque la suspension de l'exécution d'un permis de construire est demandée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la condition d'urgence est en principe satisfaite ainsi que le prévoit l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme. Il ne peut en aller autrement que dans le cas où le pétitionnaire ou l'autorité qui a délivré le permis justifie de circonstances particulières. Il appartient alors au juge des référés, pour apprécier si la condition d'urgence est remplie, de procéder à une appréciation globale de l'ensemble des circonstances de l'espèce qui lui est soumise.
5. En l'espèce, il a été indiqué par la société pétitionnaire dans son mémoire en défense, et confirmé lors de l'audience, qu'elle n'entendait pas débuter les travaux avant que l'autorisation de construire ait acquis un caractère définitif, c'est-à-dire avant le jugement de la requête en annulation enregistrée le 7 mai 2024. Elle a également précisé que les promesses de vente des terrains d'assiette du projet n'ont été conclues que sous réserve de la purge définitive du contentieux du projet en litige.
6. Par suite, et en l'état de l'instruction, la condition d'urgence de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est, au cas d'espèce, pas satisfaite et la requête ne pourra qu'être rejetée.
Sur les frais irrépétibles :
7. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
8. La commune de Nemours et la société en nom collectif " LNC Orion " n'étant pas les parties perdantes dans la présente instance, les conclusions de la société requérante tendant à ce qu'une somme soit mise à leur charge sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne pourront qu'être rejetées.
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux demandes sur le même fondement présentées par commune de Nemours et la société en nom collectif " LNC Orion ".
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la société civile immobilière " 3 M " est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Nemours et la société en nom collectif " LNC Orion " présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société civile immobilière " 3 M ", à la commune de Nemours et la société en nom collectif " LNC Orion ".
Copie en sera communiquée au préfet de Seine-et-Marne.
Melun, le 21 octobre 2024.
Le juge des référésLa greffière
Signé : M. A : M. NODIN
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2410493
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026