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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2410521

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410521

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2410521
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationChambre Éloignement 12
Avocat requérantMOUTSOUKA

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

Par une requête, enregistrée le 23 août 2024, M. B, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 19 août 2024 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui accorder le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil.

2°) d'annuler l'arrêté du 2 août 2024 lequel le préfet de Seine-et-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être éloigné.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2024, l'OFII, représenté par son directeur général en exercice, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable, dès lors que la requête n'est assortie d'aucun moyen permettant au tribunal d'en apprécier la portée et le bien-fondé ;

- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Binet, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Binet, qui a informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être en partie fondé sur le moyen relevé d'office tiré de la tardiveté de la requête portant sur la demande d'annulation de l'arrêté du 4 août 2024 du préfet de Seine-et-Marne ;

- les observations de Me Moutsouka, représentant M. A, absent, qui soutient que la décision portant obligation de quitter le territoire français du 2 août 2024 doit être annulée.

L'OFII n'est ni présent ni représenté.

Aux termes de l'article R.922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'instruction est close soit après que les parties ont formulé leurs observations orales, soit, si ces parties sont absentes ou ne sont pas représentées, après appel de leur affaire à l'audience. "

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant afghan, a sollicité l'asile le 18 août 2022. Le 2 septembre 2022, M. A a accepté l'offre de prise en charge de l'OFII et a bénéficié des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 27 février 2024, notifiée le 6 avril 2024, l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande d'asile. Cette décision a été confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 5 juillet 2024. Par un arrêté du 2 août 2024, et suite au rejet de sa demande d'asile, le préfet de Seine-et-Marne a prononcé une obligation de quitter le territoire français à l'encontre de M. A. Celui-ci a sollicité le réexamen de sa demande d'asile le 19 août 2024 et l'OFII lui a refusé, le même jour, le bénéfice des conditions matérielles d'accueil en raison de la présentation d'une demande de réexamen. M. A demande au tribunal l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions présentées à l'audience à fin d'annulation de l'arrêté du 2 août 2024 du préfet de Seine-et-Marne portant obligation de quitter le territoire français :

2. Aux termes de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quinze jours suivant la notification de la décision. ". Aux termes du deuxième alinéa du I de l'article R. 776-2 du code de justice administrative : " Conformément aux dispositions de l'article L. 614-5 du même code, la notification d'une obligation de quitter le territoire français avec délai de départ volontaire, prise en application des 1°, 2° ou 4° de l'article L. 611-1 du même code, fait courir un délai de quinze jours pour contester cette obligation ainsi que les décisions relatives au séjour, au délai de départ volontaire, au pays de renvoi et à l'interdiction de retour notifiées simultanément. Cette notification fait courir ce même délai pour demander la suspension de l'exécution de la décision d'éloignement dans les conditions prévues à l'article L. 752-5 du même code. ".

3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 2 août 2024 du préfet de Seine-et-Marne obligeant M. A à quitter le territoire français avec un délai de départ volontaire de trente jours a été notifié à l'intéressé par voie postale. Les conclusions tendant à l'annulation de cet arrêté ont été exposées au cours de l'audience le 10 septembre 2024, soit après l'expiration du délai d'un mois prévu pour sa contestation, et ce, sans exposer le moindre élément permettant d'apprécier le respect de ce délai. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 2 août 2024 sont tardives et, par suite, irrecevables, et seront rejetées.

4. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. () ".

5. La directrice territoriale de l'OFII a décidé la cessation des conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile dont bénéficiait M. A au motif que celui-ci avait présenté une demande de réexamen de sa demande d'asile. A l'appui de sa demande d'annulation de cette décision, M. A ne soutient aucun moyen. La requête de M. A peut, dès lors, être rejetée par application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B, de Me Moutsouka et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.

Jugement rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé : D. BINET

La greffière,

Signé : MD. ADELON

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

MD. ADELON

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