mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2410740 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me de Sa-Pallix, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'il soit statué sur sa légalité, après l'avoir admise à l'aide juridictionnelle provisoire :
1°) de suspendre la décision de la préfète du Val-de-Marne du 19 mars 2024 portant refus implicite de délivrance d'un rendez-vous aux fins de dépôt d'une demande de titre de séjour sur le fondement de l'admission exceptionnelle au séjour ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer, dans un délai de sept jours et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, une convocation pour le dépôt d'une demande de titre de séjour au titre de l'admission exceptionnelle au séjour dans un délai d'un mois, au terme duquel un récépissé de demande de titre de séjour lui sera délivré, et sous astreinte de
150 euros par jour de retard sur le fondement des dispositions des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à la part contributive de l'État dans le cas où elle serait admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle, et dans le cas où ne le serait pas, ou que sa demande serait déclaré caduque ou que seule une aide juridictionnelle partielle lui serait accordée, lui verser la même somme.
Elle indique que, de nationalité camerounaise, elle est entrée en France en février 2017, qu'elle a souhaité déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour en préfecture du Val-de-Marne et qu'elle a solliciter un rendez-vous le 18 janvier 2024 et qu'elle n'a reçu aucune réponse, malgré plusieurs relances.
Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car toute sa famille proche est en France et de nationalité française, qu'elle n'en a plus au Cameroun, son époux étant décédé et, sur le doute sérieux, que la décision en cause est entachée d'une erreur de fait et d'un défaut d'examen de sa situation personnelle, qu'elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qu'elle n'est pas motivée et a été prise sans qu'elle ait été entendue, qu'elle est illégale car il n'a pas été répondu à sa demande de communication de ses motifs et qu'elle a été prise par une personne ne disposant pas d'une délégation régulière.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Mme B a présenté une requête, enregistrée le 23 août 2024 sous le
n° 2410472, demandant l'annulation de la décision attaquée.
La présidente du Tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante camerounaise née le 3 février 1953 à Miang (Région du Littoral), entrée en France le 21 février 2017 munie d'un visa de court séjour délivré par les autorités consulaires françaises à Yaoundé, indique être demeurée sur le territoire de manière continue après cette date. Elle n'a jamais demandé la régularisation de sa situation administrative avant le 18 janvier 2024, date à laquelle elle déposé, sur la plateforme dédiée de la préfecture du Val-de-Marne, une demande de rendez-vous en vue de solliciter son admission exceptionnelle au séjour. Elle entendait faire valoir la présence en France de l'ensemble de sa famille, soit ses enfants et petits-enfants, de nationalité française, sa fille la prenant en charge et son époux étant décédé au Cameroun en mars 2015. Elle n'a reçu aucune réponse, malgré plusieurs relances du service. Considérant s'être vu opposer une décision implicite de rejet à sa demande, elle en a demandé, par une lettre de son conseil du 11 juin 2024 la communication des motifs, sans recevoir de réponse. Par une requête enregistrée le 23 août 2024,
Mme B a demandé au présent tribunal l'annulation de cette décision dont il demande également, par une requête enregistrée le 2 septembre 2024, la suspension de son exécution.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'admettre la requérante, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de
l'affaire. () ".
5. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
6. En l'espèce, Mme B, âgée de 71 ans, entrée en France en
février 2017 munie d'un visa de court séjour de 10 jours, est demeurée sur le territoire sans jamais demander la régularisation de sa situation administrative pendant sept ans. Elle est hébergée par ses enfants et ne travaille pas. Elle ne peut donc être regardée à ce jour comme justifiant d'une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation caractérisant une urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
7. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter la requête de Mme B selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B n'est pas admise à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026