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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2410777

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410777

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2410777
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a été saisi par une ressortissante mauritanienne demandant la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction ou d'un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, en raison de l'atteinte portée à sa liberté d'aller et venir et à son droit au travail. La préfète du Val-de-Marne ayant convoqué l'intéressée pour lui remettre un récépissé postérieurement à l'introduction de la requête, le juge a constaté qu'il n'y avait plus lieu de statuer sur les conclusions principales. La demande de frais irrépétibles a été rejetée, la requérante n'établissant pas avoir engagé de frais d'avocat.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 septembre 2024, Mme B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction ou d'un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de 48 heures à compter de la décision à intervenir, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 500 euros au titre des frais irrépétibles engagés pour l'instance et non compris dans les dépens, par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle indique que, de nationalité mauritanienne, elle a été titulaire d'une carte de séjour en qualité de parent d'enfant français valable jusqu'au 28 juin 2024, qu'elle en a demandé le renouvellement le 5 avril 2024, qu'elle n'a eu aucune réponse avant l'échéance de sa carte de séjour, qu'elle a répondu dès le 18 juillet 2024 aux demandes de complément de dossier qui lui ont été faites par la préfète du Val-de-Marne et qu'elle n'a plus eu aucune nouvelle.

Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car elle a été radiée de " France Travail " et ne bénéficie plus des aides sociales, et elle ne peut pas travailler alors qu'elle a eu des propositions à la suite de l'obtention de son diplôme, alors qu'elle a droit à une attestation de prolongation d'instruction et que l'absence de ce document porte atteinte à sa liberté d'aller et de venir et à son droit au travail.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 septembre 2024, la préfète du

Val-de-Marne, représentée par Me Termeau, conclut au non-lieu à statuer, l'intéressée étant convoquée le 12 septembre 2024 en vue de la remise d'un récépissé de demande de titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Après avoir, au cours de l'audience du 11 septembre 2024, tenue en présence de

Mme Dusautois, greffière d'instance, présenté son rapport et entendu les observations de

Me Kerkeni, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui maintient ses conclusions tendant au non-lieu à statuer.

La requérante, dûment convoquée, n'était ni présente ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante mauritanienne née le 8 novembre 1992 à Nouadhibou, a été titulaire d'une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " délivrée par la préfète du Val-de-Marne et valable jusqu'au 28 juin 2024. Elle en a demandé le renouvellement sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France le 5 avril 2024. Elle n'a pas eu de réponse avant l'échéance de sa carte de séjour ni bénéficié d'attestations de prolongation d'instruction. Le 17 juillet 2024, des compléments de dossier lui ont été demandés auxquels elle a répondu le jour-même et le lendemain. Aucun document ne lui a par la suite été délivré, malgré de très nombreuses relances du service, entraînant sa radiation comme demandeur d'emploi et la fin du versement de ses aides sociales. Par sa requête enregistrée le 2 septembre 2024, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction. Postérieurement à sa requête, soit le

10 septembre 2024, la préfète du Val-de-Marne l'a convoquée en préfecture le

12 septembre 2024 en vue de la remise d'un récépissé de demande de titre de séjour.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".

3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, Mme A a été convoquée le

12 septembre 2024 à 14 heures en préfecture du Val-de-Marne aux fins de se voir délivrer un récépissé de demande de titre de séjour. L'intéressée ne soutenant pas, trois semaines plus tard, que cette convocation n'a pas été honorée ni que ce document ne lui a pas été remis à cette occasion, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

Sur les frais du litige :

4. Mme A ayant présenté sa requête sans l'assistance d'un avocat, elle n'établit pas avoir engagé des frais. Il n'y a donc pas lieu de mettre à la charge de l'Etat (préfète du

Val-de-Marne) une somme à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. AymardLa greffière,

Signé : O. Dusautois

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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