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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2410818

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410818

lundi 9 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2410818
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, rejette la requête de M. A. Ce dernier, ressortissant camerounais, demandait la délivrance d'un récépissé de demande de titre de séjour d'une durée de six mois, au lieu des trois mois qui lui avaient été accordés suite à une précédente ordonnance. Le juge estime que la délivrance d'un récépissé de trois mois ne constitue pas, en elle-même, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, dès lors que ce document devra être renouvelé si la carte de séjour n'est pas remise à son échéance. La requête est donc rejetée comme manifestement mal fondée, en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 septembre 2024, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour valable six mois.

Il indique que le récépissé qui lui a été remis, valable uniquement trois mois, ne lui permet pas de couvrir la totalité de la durée de son contrat de travail à durée déterminée.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1 M. A, ressortissant camerounais né le 25 mars 1998 à Douala, titulaire d'une carte de séjour portant la mention " étudiant-élève " valable jusqu'au 16 décembre 2023 délivrée par le préfet du Val-d'Oise, a demandé à la préfète du Val-de-Marne la délivrance d'une carte de séjour portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " sur le fondement de l'article

L. 422-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Sa demande a fait l'objet, le 8 janvier 2024, d'une décision favorable de la préfète du Val-de-Marne qui lui a remis un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'au 7 juillet 2024 qui n'a pas été renouvelé malgré une demande en ce sens. L'absence de remise de la carte de séjour par la préfète du Val-de-Marne n'a pas permis à M. A d'être engagé par la société " Pierre et Vacances " qui n'a pas donné suite à la promesse d'embauche qui lui avait été faite le 7 février 2024. Par une requête enregistrée le 26 août 2024, il a demandé au juge des référés du présent tribunal, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de procéder sans délai à la délivrance immédiate de sa carte de séjour portant la mention " recherche d'emploi et création d'entreprise " ou, à défaut de renouveler son récépissé. Il a été fait droit à sa requête par une ordonnance du 29 août 2024 et la préfète du Val-de-Marne lui a délivré, le 2 septembre 2024, un récépissé de demande de titre de séjour valable trois mois. Par une nouvelle requête enregistrée le 3 septembre 2024, il demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour de six mois.

2 Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3 Il ressort des pièces du dossier que, par son ordonnance du 29 août 2024, le juge des référés du présent tribunal, après avoir constaté que le demande de carte de séjour portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " de M. A avait fait l'objet d'une décision favorable de la préfète du Val-de-Marne le 8 janvier 2024, a enjoint à cette autorité de délivrer à l'intéressé un récépissé de demande de titre de séjour portant autorisation de travail valable, et éventuellement renouvelé sans discontinuité, dans l'attente de la remise en mains propres à l'intéressé de la carte de séjour portant la mention " recherche d'emploi ou création d'entreprise " ayant fait l'objet d'une décision favorable.

4 Dans ces conditions, la circonstance que la préfète du Val-de-Marne ne lui ait remis qu'un récépissé de demande de carte de séjour pour une durée de trois mois ne porte par elle-même aucune atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale dès lors que ce récépissé devra nécessairement être renouvelé à son échéance, dans l'hypothèse où la carte de séjour ne serait pas remise à l'intéressé à cette date.

5 Par suite, la requête de M. A ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2410818

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