lundi 9 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2410829 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 septembre 2024, M. B C A, représenté par Me Olibé, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui octroyer une attestation de prolongation de son droit au séjour et des droits y afférents, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard à compter de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative.
Il indique que, de nationalité brésilienne, il est entré en France le 12 août 2017 avec un visa de long séjour, qu'il a eu un titre de séjour portant la mention " passeport-talent " de quatre ans valable jusqu'au 2 juillet 2023, qu'au prix de multiples difficultés liées notamment à un changement d'adresse, il a déposé sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France une demande de renouvellement de son titre de séjour le 29 août 2023 ainsi qu'une demande de changement de statut en qualité de parent d'enfant français sur la plateforme de la préfecture du
Val-de-Marne qui a été clôturée sans suite, qu'il n'a eu aucune attestation de prolongation d'instruction, que son contrat de travail a été suspendu depuis le 2 octobre 2023, qu'il n'a eu une attestation de prolongation d'instruction que le 23 octobre 2023 valable trois mois, puis un nouveau le 26 avril 2024 valable aussi trois mois, qui n'a pas été renouvelé, que la condition d'urgence est satisfaite car son contrat de travail a été à nouveau suspendu et que l'absence d'attestation de prolongation d'instruction porte atteinte à son droit au travail.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1 M. C A, ressortissant brésilien né le 18 juillet 1992 à Engenheiro Paulo de Frontin (Etat de Rio de Janeiro), entré en France le 12 août 2017 sous couvert d'un visa de long séjour comme étudiant, a été titulaire, en dernier lieu, d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " passeport talent " valable du 3 juillet 2019 au 2 juillet 2023. Souhaitant obtenir le renouvellement de ce titre de séjour ou la délivrance d'un nouveau titre de séjour en sa qualité de conjoint de ressortissante française depuis le 14 septembre 2019, il a notamment déposé à cette fin les 1er mars, 2 mai et 4 septembre 2023, sur le site internet " démarches-simplifiees.fr " de la préfecture du Val-de-Marne, trois demandes de rendez-vous qui ont toutes été classées " sans suite " ou rejetées, respectivement le 20 juin, 16 juilet et 14 septembre 2023. Il a également déposé les
1er juin et 29 août 2023, sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, deux demandes de titre de séjour. La première a fait l'objet d'une " notification de clôture " le 28 août 2023. La seconde a quant à elle donné lieu, après l'introduction de deux instances en référé sous les numéros 2309655 et 2310995, à la mise à disposition de l'intéressé, sur cette plateforme, d'une attestation de prolongation de son instruction valable du 23 octobre 2023 au
22 janvier 2024, puis d'une autre, le 25 janvier 2024, valable jusqu'au 24 avril 2024. Son contrat de travail, qui l'avait déjà été deux fois, a été suspendu pour la troisième fois le 25 avril 2024 pour
non-présentation d'un justificatif de la régularité de son séjour. Par une nouvelle requête enregistrée le 25 avril 2024 sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, M. C A a demandé qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un nouveau document provisoire l'autorisant à séjourner en France et à y exercer une activité professionnelle durant l'instruction de sa demande de titre de séjour du 29 août 2023. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne lui a délivré une quatrième attestation de prolongation d'instruction, valable jusqu'au 25 juillet 2024, qui n'a pas à son tour été renouvelée malgré une demande en ce sens. Par une nouvelle requête enregistrée le 3 septembre 2024, M. C A demande à nouveau, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer une nouvelle attestation de prolongation d'instruction.
2 Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3 Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Ne constitue pas une telle circonstance particulière le seul fait que l'étranger se soit vu opposer un refus de renouvellement de son titre de séjour, alors même qu'une présomption d'urgence serait en principe constatée si le juge des référés était saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du même code.
4 En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la préfète du Val-de-Marne n'a pas renouvelé l'attestation de prolongation d'instruction de M. C A au-delà du
25 juillet 2024. Cette absence de renouvellement, nonobstant toutes mentions figurant sur le compte de l'intéressé ouvert sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, lesquelles ne sauraient ouvrir aucun droit aux demandeurs ni être considérées comme dérogeant aux dispositions de l'article R. 432-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile , ne peut que révéler l'existence, à la date du 26 juillet 2024, d'une décision implicite de rejet opposée par la préfète du Val-de-Marne à la demande présentée par M. C A le 28 août 2023.
5 Par suite, comme il l'a été précisé au point 3, une décision de refus de délivrance d'un titre de séjour ne portant pas, par elle-même, et quand bien même il serait soutenu que cette délivrance serait de plein droit, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la requête de
M. C A ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A et à la préfète du
Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2410829
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
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Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026