Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410893

jeudi 19 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2410893
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantPOUSSIN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a été saisi par M. B pour obtenir, sous astreinte, la signature par le président du conseil départemental de Seine-et-Marne des documents nécessaires à son inscription en baccalauréat professionnel et à son contrat d'apprentissage. Le juge des référés a constaté que ces documents avaient été signés avant ou après l'introduction de l'instance, rendant les conclusions à fin d'injonction sans objet. Il a prononcé l'admission provisoire de M. B à l'aide juridictionnelle sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991, mais a rejeté les demandes de frais de justice. La solution retenue est un non-lieu à statuer sur les mesures d'urgence, l'administration ayant satisfait aux obligations contestées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Poussin, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'enjoindre au président du conseil départemental de Seine-et-Marne de signer, dans un délai de vingt-quatre heures à compter du prononcé de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, les documents relatifs à son inscription en baccalauréat professionnel et son contrat d'apprentissage, ainsi que tout document nécessaire à sa scolarité et à sa formation ;

3°) de mettre à la charge du département de Seine-et-Marne la somme de 1 800 euros à verser à son avocate, au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou, en cas de non-admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à lui-même, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 septembre 2024, le département de

Seine-et-Marne doit être regardé comme concluant au rejet de la requête.

Par un mémoire en réplique, enregistré le 5 septembre 2024, M. B conclut au

non-lieu à statuer sur ses conclusions à fin d'injonction présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative et maintient le surplus des conclusions de sa requête en ramenant toutefois à 1 500 euros la somme demandée au titre des frais liés au litige.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".

2. En application de ces dispositions, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. B.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

3. Il résulte de l'instruction et n'est au demeurant pas contesté, dans le dernier état des écritures de M. B, que le président du conseil départemental de Seine-et-Marne a signé, avant ou après l'introduction de l'instance, les documents relatifs à l'inscription en baccalauréat professionnel du requérant ainsi que le contrat d'apprentissage de celui-ci. Il n'est par ailleurs pas établi qu'un ou plusieurs autres documents nécessaires à la scolarité et la formation de l'intéressé n'auraient pas été signés par la même autorité. Par suite, les conclusions à fin d'injonction présentées par M. B au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative sont sans objet.

Sur les frais liés au litige :

4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge du département de Seine-et-Marne au titre du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction présentées par M. B au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au département de

Seine-et-Marne ainsi qu'à Me Poussin.

Fait à Melun, le 19 septembre 2024.

Le juge des référés,

Signé : P. Zanella

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,