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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2410992

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2410992

vendredi 18 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2410992
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a rejeté la requête en référé de M. B, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui fixer un rendez-vous pour l'enregistrement de sa demande de titre de séjour. Le juge a considéré que la demande de M. B, dont le titre de séjour avait expiré en février 2023, devait être regardée comme une première demande et non un renouvellement, et qu'il ne justifiait pas avoir épuisé les démarches nécessaires, notamment en signalant son changement d'adresse. En l'absence d'utilité de la mesure sollicitée, la condition d'urgence n'a pas été examinée et la requête a été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 septembre 2024, M. A B, représenté par Me El Amine, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui donner un rendez-vous pour l'enregistrement de sa demande de renouvellement de titre de séjour et la délivrance d'un récépissé, dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

M. B soutient que :

- il est entré en France en 2012 et y réside depuis lors ; un premier titre de séjour portant la mention " salarié " lui a été délivré le 9 décembre 2020 et renouvelé le 22 février 2022 ; il a sollicité le renouvellement de ce titre de séjour ayant expiré le 21 février 2023 et s'est vu remettre une attestation renouvelée le 3 juillet 2023 ; Ayant déménagé dans l'intervalle, la préfecture du Val d'Oise a clôturé sa demande et l'a invité à se rapprocher de la préfecture du Val-de-Marne ; son titre de séjour étant expiré depuis le mois de février 2023, il se trouvait dans l'impossibilité de déposer son dossier ; il a donc sollicité à nouveau le préfet du Val d'Oise qui n'a pas transféré son dossier au préfet du Val-de-Marne et il se trouve dans l'impossibilité d'obtenir un rendez-vous lui permettant de déposer sa demande de titre de séjour auprès du préfet du Val-de-Marne ;

- la condition d'urgence est remplie au regard de la durée de son séjour en France et de l'impossibilité dans laquelle il se trouve de disposer d'un document lui permettant de se déplacer sur le territoire dans risquer de se faire interpeller, alors qu'il a procédé aux démarches de renouvellement de son titre de séjour en déposant un dossier complet, et que le préfet du Val d'Oise aurait dû transférer son dossier à la préfecture du Val-de-Marne.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. Il résulte des pièces jointes à la requête que M. B est titulaire d'un titre de séjour portant la mention " salarié " dont la validité a expiré le 21 février 2023. S'il en a demandé le renouvellement, il n'établit pas avoir procédé à cette démarche avant le 3 juillet 2023 date à laquelle lui a été délivré un récépissé par la préfecture du Val d'Oise. Ainsi cette demande doit être regardée comme étant une première demande de titre de séjour et non une demande de renouvellement. M. B ne conteste pas qu'il ne résidait plus dans le département du Val d'Oise mais dans celui du Val de Marne lorsqu'il a déposé sa demande de titre de séjour. Il n'établit pas avoir signalé son changement d'adresse et solliciter le transfert de son dossier auprès du Val-de-Marne ainsi que l'invitait à le faire le courrier du 3 octobre 2023 par lequel la préfecture du Val d'Oise a décliné sa compétence territoriale pour statuer sur sa demande. Il ne justifie pas non plus avoir tenté de déposer sa demande de titre de séjour en ligne auprès de la préfecture du Val de Marne. Sa demande devant être regardée comme étant une première demande de titre de séjour et non une demande de renouvellement, il ne peut se prévaloir d'un message qu'il restitue dans sa requête sans en justifier l'origine ni la date, dont il résulte que toute demande de renouvellement d'un titre de séjour qui ne serait pas effectuée dans les deux mois précédant la date d'expiration de ce titre sera classée sans suite, pour démontrer l'inutilité de tenter une démarche auprès de la préfecture du Val-de-Marne.

3. Il résulte de ces éléments que la demande que M. B présente devant le tribunal pour obtenir un rendez-vous en préfecture pour l'enregistrement de sa demande de délivrance d'un titre de séjour et l'obtention d'un récépissé durant le temps de l'instruction de cette demande, ne revêt le caractère d'aucune utilité, dès lors que M. B ne justifie avoir épuisé toutes les démarches qu'il est en mesure d'effectuer. Par suite, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'accueillir la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions que M. B présente sur leur fondement à l'encontre de l'Etat qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Melun, le 18 octobre 2024.

La juge des référés,

Signé : C. Ledamoisel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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