vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411076 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Chambre Éloignement 12 |
| Avocat requérant | CLAUDE |
Vu les procédures suivantes :
Par une requête enregistrée le 3 septembre 2024, M. B, représenté par Me Tourki, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 septembre 2024 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de lui attribuer un hébergement ;
M. A soutient que la décision de l'OFII est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux quant à sa condition de vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2024, l'OFII, représenté par son directeur général en exercice, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Binet, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Binet ;
- les observations de Me Tourki, représentant M. A ;
- les observations de M. A qui explique s'être rétracté le jour-même devant l'agent de l'OFII de son refus de l'hébergement qui lui a été proposé et que ce dernier lui a expliqué que sa rétractation était tardive, que la décision ne pouvait pas être modifiée et qu'il devait faire un recours devant le tribunal administratif.
L'office français de l'immigration et de l'intégration n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant camerounais, a sollicité l'asile au guichet unique des demandeurs d'asile de Melun le 2 septembre 2024. M. A s'est vu remettre une offre de prise en charge le jour même qu'il a refusée. Par une décision du 2 septembre 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Melun a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. M. A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 2 septembre 2024.
2. Aux termes de l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur est informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut lui être refusé ou qu'il peut y être mis fin dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 551-15 et L. 551-16 ". Aux termes de l'article L. 551-15 du même code : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : 1° Il refuse la région d'orientation déterminée en application de l'article L. 551-3 ; 2° Il refuse la proposition d'hébergement qui lui est faite en application de l'article L. 552-8 ; 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. "
3. Il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet d'un entretien le 2 septembre 2024 par les services de l'OFII au cours duquel il lui a été proposé une offre d'hébergement à Le Passage dans le département du Lot-et-Garonne, qu'il a initialement refusée. Toutefois, M. A déclare au cours de l'audience, sans être contredit par l'OFII, qu'il s'est rétracté de son refus d'hébergement le jour-même et devant le représentant de l'OFII, mais que ce dernier lui a signifié que sa rétractation était tardive et qu'il devait saisir le tribunal pour contester le refus d'octroi des conditions matérielles d'accueil. Il s'ensuit que le directeur général de l'OFII ne pouvait légalement refuser d'accorder à l'intéressé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif que M. A avait refusé la solution d'hébergement qui lui avait été proposée et cela sans se méprendre sur la vulnérabilité de ce dernier. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens des requêtes, M. A est fondé à demander l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
4. L'annulation prononcée par le présent jugement implique nécessairement que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil soit accordé rétroactivement à M. A depuis le 2 septembre 2024. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de lui enjoindre d'y procéder dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1 : La décision du 2 septembre 2024 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur général de l'OFII d'accorder à M. A le bénéfice des conditions matérielles d'accueil avec effet rétroactif à compter du 2 septembre 2024 dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé : D. BINET
La greffière,
Signé : MD. ADELON
La République mande et au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
MD. ADELON
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026