vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411217 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Chambre Éloignement 12 |
| Avocat requérant | TOURKI |
Vu les procédures suivantes :
Par une requête, enregistrée le 26 août 2024, Mme B C et M. A C, représentés par Me Tourki, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 31 juillet 2024 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a mis fin au bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil qui lui avaient été accordées en qualité de demandeur d'asile ;
Ils soutiennent que :
- sa requête est recevable en ce qu'il l'avait initialement adressée par erreur à l'OFII avant de l'adressée au tribunal administratif de Versailles ;
- l'OFII a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de leur vulnérabilité en ce que le logement attribué dans le cadre des conditions matérielles d'accueil est insalubre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2024, l'OFII, représenté par son directeur général, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable, dès lors que la requête initiale n'est assortie d'aucun moyen permettant au tribunal d'en apprécier la portée et le bien-fondé ;
- la requête est irrecevable comme étant tardive ;
- les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Binet, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Binet ;
- et les observations de Me Tourki, représentant les époux C, assistés de Mme D, interprète assermentée en langue turque, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et soutient, en outre, que la décision ne leur a pas été notifiée dans la langue qu'ils comprennent et que cette notification n'a pas fait courir le délai pour saisir le tribunal, que les époux C démontrent que le logement attribué dans le cadre des conditions matérielles d'accueil est insalubre ; que les conditions matérielles d'accueil doivent être rétablies ;
- les époux C assistés de Mme D, interprète assermentée en langue turque, qui indique que le logement est insalubre et provoque des allergies chez leur enfant.
L'office français de l'immigration et de l'intégration n'est ni présent ni représenté.
Les époux C ont transmis des pièces complémentaires le 5 octobre 2024 qui n'ont pas été communiquées.
La clôture de l'instruction a été fixée au 4 octobre à 12h00.
Considérant ce qui suit :
1. Les époux C, ressortissants turcs, ont accepté les conditions matérielles d'accueil qui leur ont été proposées à la suite de l'enregistrement de leur demande d'asile le 26 octobre 2023. Dans ce cadre, le 9 juillet 2024, ils ont accepté une proposition d'hébergement à Etampes. Toutefois, retenant que les époux C n'avaient pas rejoint ce lieu d'hébergement, l'OFII a mis en œuvre une procédure de cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du 17 juillet 2024, clôturée par une décision du 31 juillet 2024 par laquelle le directeur général de l'OFII a mis fin au bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil. Mme et M. C demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les fins de non-recevoir opposées par l'OFII :
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance () / 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que les époux C ont adressé le 26 juillet 2024 un recours à l'OFII pour contester la décision de cessation des conditions matérielles d'accueil, et dans lequel ils expliquent s'être présentés à l'hébergement proposé, puis avoir décidé de ne pas l'occuper au regard de son insalubrité et de son inadaptation à la situation médicale de leur enfant. Les requérants expliquent, sans être utilement contredits, que ce courrier du 26 juillet 2024 constitue en fait le recours qu'ils auraient dû adresser au tribunal compétent. Ainsi, et contrairement à ce que soutient l'OFII, qui a connaissance du contenu de ce courrier, les époux C doivent être regardés comme ayant émis un recours contre la décision de l'OFII dans lequel il soutiennent que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'évaluation de leur vulnérabilité.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de sept jours à compter de la notification de la décision. Sous réserve de l'article L. 921-4, il statue dans un délai de quinze jours à compter de l'introduction du recours. "
5. Il est constant que le courrier du 31 juillet 2024 portant cessation des conditions matérielles d'accueil a été notifié aux intéressés le 1er août 2024 contre leur signature. Toutefois, ce courrier n'ayant pas été rédigé dans la langue parlée et comprise par les requérants, le délai de sept jours prévu à l'article cité au point précédent n'a donc pas commencé à la date de sa notification et la requête du 26 août 2024 n'est par conséquent pas tardive.
6. Il résulte de ce qui précède, que les fins de non-recevoir opposées par l'OFII doivent dont être écartées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
7. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : / () / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; / () / Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. / L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil. ".
8. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des photographies produites par les requérants, que le lieu d'hébergement qui leur a été proposé présente des signes d'insalubrité susceptibles d'entrainer des conditions de vie dégradées et inadaptés aux besoins et à la situation familiale. Dans les circonstances particulières de l'espèce, en ne tenant pas compte de ces éléments et de la situation particulière de cette famille, le directeur général de l'OFII, à qui il appartenait, en application de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'examiner notamment les raisons pour lesquelles les intéressés n'ont pas respecté les obligations auxquelles ils avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil, a fait une inexacte application de ces dispositions. Par suite, les époux C sont fondés à demander l'annulation de la décision attaquée.
9. L'annulation prononcée par le présent jugement implique nécessairement que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil consenties aux époux C soit rétabli à compter du 31 juillet 2024.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 31 juillet 2024 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur général de l'OFII de rétablir à compter du 31 juillet 2024 à Mme B C et M. A C le bénéfice des conditions matérielles d'accueil qui leur avait été accordé.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé : D. BINET
La greffière,
.
Signé : MD. ADELON
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
MD. ADELON
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026