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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2411382

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411382

mardi 17 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2411382
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B, ressortissant afghan bénéficiaire de la protection subsidiaire, qui demandait la délivrance de sa carte de séjour pluriannuelle ou d'un récépissé. Le juge a estimé que l'absence de renouvellement de l'attestation de prolongation d'instruction au-delà du 26 avril 2024 révélait une décision implicite de rejet de sa demande de titre de séjour. Il a rappelé qu'un refus de délivrance d'un titre de séjour ne constitue pas, par lui-même, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2, et que la condition d'urgence n'était pas caractérisée. La requête a donc été rejetée comme manifestement mal fondée, en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 septembre 2024, M. A B demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer sa carte de séjour pluriannuelle et à défaut, un nouveau récépissé de demande de titre de séjour dans un délai de 48 heures à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 1 500 euros au titre des frais irrépétibles engagés pour l'instance et non compris dans les dépens, par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il indique que, de nationalité afghane, il a obtenu le bénéficie de la protection subsidiaire le 18 octobre 2023, qu'il a donc déposé en préfecture du Val-de-Marne sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France une demande de carte de séjour pluriannuelle, et s'est vu mettre à disposition une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 26 avril 2024 qui n'a pas été renouvelée, malgré de nombreuses demandes toutes restées sans réponse, que la condition d'urgence est satisfaite car il est bénéficiaire de la protection subsidiaire et que l'absence d'attestation de prolongation d'instruction porte atteinte à son droit à aller et venir ainsi que de travail.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1 M. B, ressortissant afghan né le 1er février 1997 dans la province de Pakhtya, entré en France en août 2021 pour y solliciter l'asile, s'est vu reconnaître le bénéficie de la protection subsidiaire par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 18 octobre 2023. Il a déposé sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France une demande de carte de séjour pluriannuelle le 27 octobre 2023. La préfète du Val-de-Marne a mis à sa disposition une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 26 avril 2024 qui n'a pas été renouvelé malgré plusieurs demandes en ce sens. Par une requête enregistrée le 14 septembre 2024, M. B demande à nouveau, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer sa carte de séjour pluriannuelle ou une nouvelle attestation de prolongation d'instruction.

2 Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3 Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Ne constitue pas une telle circonstance particulière le seul fait que l'étranger se soit vu opposer un refus de renouvellement de son titre de séjour, alors même qu'une présomption d'urgence serait en principe constatée si le juge des référés était saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du même code.

4 En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la préfète du Val-de-Marne n'a pas renouvelé l'attestation de prolongation d'instruction de M. B au-delà du 26 avril 2024. Cette absence de renouvellement, nonobstant toutes mentions figurant sur le compte de l'intéressé ouvert sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, lesquelles ne sauraient ouvrir aucun droit aux demandeurs, ne peut que révéler l'existence, à cette date du 27 avril 2024, d'une décision implicite de rejet opposée par la préfète du Val-de-Marne à la demande présentée par M. B le 27 octobre 2023.

5 Par suite, comme il l'a été précisé au point 3, une décision de refus de délivrance d'un titre de séjour ne portant pas, par elle-même, et quand bien même il serait soutenu que cette délivrance serait de plein droit, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la requête de M. B ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°241138

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