jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411434 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL ISABELLE GUENEZAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 16 septembre et le 11 octobre 2024, M. B J H, M. E C, M. I G et M. D A, représentés par Me Gorse, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 19 juillet 2024 par laquelle le maire de la commune de Villeneuve-Saint-Georges a délivré à la société Farachatti un permis de construire un bâtiment en R+1 pour la création d'une salle de formation, sur la parcelle cadastrée AH11 sis 164 rue de Paris et 4 rue Diderot ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Villeneuve-Saint-Georges et de la société Farachatti une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient de leur intérêt à agir en leur qualité de voisins immédiats du projet, qui porte sur la construction d'un bâtiment en R+1 sur une partie de terrain actuellement dépourvue de toute construction ;
- la façade nord du projet comporte des baies créatrices de vue directe vers leurs propriétés, en limite immédiate des jardins de MM. J H, A et C ;
- le projet porte sur l'ouverture d'un établissement recevant du public et génèrera du passage et des nuisances sonores :
- la condition tenant à l'urgence est présumée, en vertu de l'article L. 600-3 alinéa 2 du code de l'urbanisme, alors en outre que les travaux sont en cours de réalisation depuis plusieurs semaines, sans être achevés ;
- l'arrêté litigieux a été édicté à l'issue d'une procédure irrégulière, à défaut pour la commune de justifier que la demande de pièces complémentaires du 20 février 2024 ne présentait aucun lien avec les champs d'intervention des autorités consultées préalablement ;
- les dernières pièces produites en défense ne permettent toujours pas de justifier du contenu des pièces complémentaires transmises en cours d'instruction du permis ;
- le dossier de demande présente une incohérence sur la destination du bâtiment, destiné à de la formation et correspondant probablement à la destination " établissements d'enseignement, de santé et d'action sociale ", tandis que certaines pièces font état d'une destination de bureaux, circonstances ayant faussé l'appréciation de la commune ;
- ce dossier est incohérent sur la superficie du terrain, de 548 m² selon la notice PC4 ou de 1 693 m² selon le plan de masse, confusion ne permettant pas de définir les limites à prendre en compte pour l'application de plusieurs règles ;
- ce dossier ne comportait pas de plan de coupe, ce qui empêche de vérifier le respect du plan de prévention des risques inondation, tandis que le document graphique produit est insuffisant ;
- le projet ne respecte pas les règles d'accès et de sécurité publique, dès lors que l'unique accès au terrain d'assiette est une voie privée d'une largeur de 2,40 m seulement ;
- le dossier de demande ne justifie pas des raccordements aux réseaux d'eau potable et d'assainissement ;
- le projet méconnaît les dispositions de l'article UB.13 du règlement du plan local d'urbanisme, alors que la surface libre avant la réalisation du projet est de 791,08 m², ce qui oblige à traiter une surface minimale de 395,54 m² en espaces verts dont 60% en pleine terre, alors que le projet prévoit 101 m² de surface végétalisée au sol ;
- les " surfaces libres " au sens des dispositions de l'article UB.13.2.1.3 s'entendent nécessairement comme visant les surfaces libres de construction avant la réalisation du projet ;
- le projet ne prévoit la plantation d'aucun nouvel arbre, alors que l'article UB.13 impose la plantation d'un arbre par tranche de 100 m² des surfaces libres de construction et que les deux arbres déjà présents sont situés sur la parcelle voisine ;
- il ne respecte pas l'article UB.6 du règlement du plan local d'urbanisme, qui impose une implantation de la construction à l'alignement, apprécié par rapport à la voie sur laquelle s'organise l'accès des véhicules motorisés au terrain, alors que le projet est implanté à plus de 20 mètres de l'alignement avec la rue Diderot ;
- il a été défini en méconnaissance de l'article UB.7 du règlement du PLU, dès lors que la limite de fond de parcelle en secteur UB3 implique une implantation avec un retrait d'au moins deux mètres ;
- le nombre de places de stationnement devrait s'élever à dix ou onze, selon la destination retenue, alors que le projet prévoit trois places sur le terrain d'assiette et se contente de justifier d'un contrat de location d'une durée de douze mois pour les huit autres places, sur le parking d'une résidence à proximité, les derniers éléments produits, non justifiés à l'appui de la demande de permis, ne justifiant toujours pas d'une concession à long terme ;
- le projet ne prévoit aucun emplacement pour les opérations nécessaires aux livraisons.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 3 et le 10 octobre 2024, la société civile immobilière Farachatti, représentée par Me Guenezan, conclut à titre principal à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire à l'incompétence de la juridiction administrative, à titre encore plus subsidiaire au rejet de la requête, et dans tous les cas à ce que la somme de 6 000 euros soit mise à la charge solidaire de MM. J H, C, G et A, ainsi que les entiers dépens.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable au regard du défaut d'intérêt à agir des requérants, car s'ils ont la qualité de voisins immédiats, ils ne démontrent pas les conséquences personnelles et directes du projet sur leur situation ;
- le recours est porté devant un ordre juridictionnel incompétent pour en connaître, dès lors que les troubles anormaux de voisinage, relatifs à un litige entre personnes privées, relèvent de la seule juridiction judiciaire ;
- les pièces complémentaires envoyées le 20 février 2024 portaient sur une seconde transmission des plans afin de permettre l'identification de toutes les cotes ;
- la destination du projet est clairement définie comme relative à des locaux destinés à la formation d'adultes, cœur de métier de l'association IFFEN, la case " bureaux " ayant été cochée sur le formulaire Cerfa à défaut de rubrique plus approchante ;
- l'erreur matérielle de la notice PC4 sur la définition de la surface du terrain reste sans incidence ;
- aucune des observations de la requête sur l'incomplétude alléguée du dossier de permis n'est fondée, et si par extraordinaire une critique devait être retenue, de tels points pourraient au pire des cas donner lieu à un permis modificatif ;
- le maire a fait application de l'option ouverte par les articles R. 111-2 et R. 111-5 du code de l'urbanisme, qui laissent à l'autorité de délivrance le pouvoir d'apprécier l'accessibilité au projet par les véhicules de secours, alors qu'au cas d'espèce le cheminement se fera depuis la voie privée existante, accessible aux personnes à mobilité réduite ;
- il est justifié du raccordement du projet à l'ensemble des réseaux, alors en outre que la parcelle contigüe, qui lui appartient, comporte déjà de tels raccordements ;
- l'article UB.13 du plan local d'urbanisme inclut les toitures terrasses végétalisées dans la comptabilisation de l'espace végétalisé, alors en outre que le quota de 50% d'espaces verts doit se calculer sur la base des espaces libres de construction, et non de la surface totale de la parcelle ;
- en conséquence, et contrairement à l'affirmation des requérants, le toit terrasse végétalisé ne doit pas être pris en compte dans ce calcul ;
- le projet est conforme à l'obligation de s'implanter sur les deux limites séparatives latérales, applicable au secteur UB3 ;
- elle justifie être locataire d'un nombre suffisant de places de stationnement, tandis que son représentant légal, M. F, est également propriétaire, à travers la SCI Koala, de cent places de stationnement au 152 rue de Paris, qui constitue également un centre de formation IFFEN séparé d'à peine 250 mètres.
La requête a été communiquée à la commune de Villeneuve-Saint-Georges le 17 septembre 2024, qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu :
- la requête enregistrée le 16 septembre 2024 sous le n° 2411424 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Letort, première conseillère, pour statuer sur les demandes de référés, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 4 octobre 2024 à 10h00, ont été entendus :
- le rapport de Mme Letort ;
- les observations de Me Gorse, représentant MM. J H, C, G et A, qui soutient en outre que les éléments mis en avant dans leur requête ont pour seul but de justifier de leur intérêt à agir et sont sans lien avec les questions relevant de la compétence de la juridiction judiciaire, alors qu'ils justifient de vues directes sur le projet implanté en limite de leurs jardins, que plusieurs des moyens soulevés n'ont fait l'objet d'aucune défense, qu'un permis de construire modificatif n'aurait pas pour effet de régulariser l'incomplétude du dossier de demande, que le photomontage figurant au dossier ne permet pas d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement, que l'impossibilité de comparer les pièces initiales et complémentaires du dossier de demande ne permet pas de vérifier si les dernières portaient sur des points soumis aux autorités consultées, que la faible largeur de la voie d'accès, non contestée en défense, ne permet pas le passage des services de secours alors que le projet porte sur la construction d'un établissement recevant du public, et que le dernier justificatif de places de stationnement n'est pas recevable dès lors qu'il ne figurait pas en annexe du dossier de demande de permis de construire ;
- et les observations de Me Guenezan, représentant la SCI Farachatti, qui fait valoir en outre qu'en l'absence de défense de la part de la commune, des éléments complémentaires seront produits, après consultation de cette dernière, afin de répondre à l'ensemble des moyens soulevés, que les préjudices allégués par les requérants ne sont pas individualisés, que le projet est situé dans une zone urbaine très dense et industrielle alors qu'il porte sur un bâtiment à un seul étage, avec des vues indirectes et très limitées en conséquence de l'opacité des baies, que les conditions d'accès à ce bâtiment ont été jugées suffisantes par la commune, que l'appréciation des 50% d'espaces verts doit tenir compte des terrasses végétalisées, et que les places de stationnement supplémentaires sont louées sur un terrain situé rue de Paris, à proximité du terrain d'assiette.
La commune de Villeneuve-Saint-Georges n'était pas représentée.
Par une ordonnance du 4 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été différée au 11 octobre 2024 à 17h00.
Par un courrier du 24 octobre 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que l'ordonnance était susceptible d'être fondée sur le moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité du recours en excès de pouvoir formé contre le permis contesté, enregistré le 16 septembre 2024 sous le n° 2411424, faute d'accomplissement des formalités de notification de cette requête, prévues à l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme.
MM. J H, C, G et A ont présenté une réponse au moyen relevé d'office par une production en date du 24 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile immobilière (SCI) Farachatti, propriétaire de la parcelle AH 11 sise 4 rue Diderot, sur le territoire de la commune de Villeneuve-Saint-Georges, a déposé le 29 novembre 2023 une demande de permis pour la construction d'un bâtiment en R+1 destiné à l'accueil d'un centre de formation professionnelle, complétée le 20 février 2024. Par un arrêté du 19 juillet 2024, le maire de Villeneuve-Saint-Georges a délivré le permis de construire sollicité. MM. J H, C, G et A, respectivement propriétaires des maisons d'habitation sises 8, 10, 12 et 14 rue Diderot, ont formé un recours gracieux contre cette décision par une lettre du 29 juillet 2024, distribuée le 1er août suivant, implicitement rejeté. MM. J H, C, G et A demandent la suspension de l'exécution de cet arrêté.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
En ce qui concerne l'urgence :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme : " Un recours dirigé contre une décision de non-opposition à déclaration préalable ou contre un permis de construire, d'aménager ou de démolir ne peut être assorti d'une requête en référé suspension que jusqu'à l'expiration du délai fixé pour la cristallisation des moyens soulevés devant le juge saisi en premier ressort. / La condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est présumée satisfaite ".
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. La construction d'un bâtiment autorisée par un permis de construire présente un caractère difficilement réversible. Par suite, lorsque la suspension de l'exécution d'un permis de construire est demandée sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la condition d'urgence est en principe satisfaite ainsi que le prévoit l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme. Il ne peut en aller autrement que dans le cas où le pétitionnaire ou l'autorité qui a délivré le permis justifie de circonstances particulières. Il appartient alors au juge des référés, pour apprécier si la condition d'urgence est remplie, de procéder à une appréciation globale de l'ensemble des circonstances de l'espèce qui lui est soumise.
5. Alors que la défense ne fait valoir aucune circonstance particulière de nature à renverser la présomption d'urgence définie par les dispositions de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme, il résulte de l'instruction que les travaux du projet en litige sont en cours de réalisation. Dans de telles circonstances, la condition tenant à l'urgence doit être regardée comme satisfaite.
En ce qui concerne l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté en litige :
6. D'une part, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".
7. Il résulte de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
8. D'autre part, aux termes de l'article L. 151-33 du code de l'urbanisme : " Lorsque le règlement impose la réalisation d'aires de stationnement pour les véhicules motorisés, celles-ci peuvent être réalisées sur le terrain d'assiette ou dans son environnement immédiat./ Lorsque le bénéficiaire du permis ou de la décision de non-opposition à une déclaration préalable ne peut pas satisfaire aux obligations résultant du premier alinéa, il peut être tenu quitte de ces obligations en justifiant, pour les places qu'il ne peut réaliser lui-même, soit de l'obtention d'une concession à long terme dans un parc public de stationnement existant ou en cours de réalisation et situé à proximité de l'opération, soit de l'acquisition ou de la concession de places dans un parc privé de stationnement répondant aux mêmes conditions () ". Selon l'article UB.12.1.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Villeneuve-Saint-Georges, relatif aux constructions destinées aux bureaux : " Il est exigé que soit réalisée au minimum 1 place de stationnement par tranche de 55m² de surface de plancher () ". Aux termes de l'article UB.12.1.1.3 de ce règlement, relatif aux constructions destinées aux commerces et à l'artisanat : " " Il est exigé que soit réalisée au minimum 1 place de stationnement par tranche de 40m² de surface de plancher avec une exonération pour les 100 premiers m² () ". Enfin, l'article UB.12.1.1.6 du même règlement, relatif aux constructions et installations nécessaires aux équipements d'intérêt collectif et services publics, dispose que " Le nombre de places à réaliser doit répondre aux besoins nécessaires à la nature de l'équipement, son mode de fonctionnement, le nombre et le type d'utilisateurs et sa localisation dans la commune () ".
9. D'une part, il résulte de l'instruction que MM. J H, C, G et A sont propriétaires de parcelles contiguës au terrain d'assiette du projet. Il ressort également des photographies et des schémas produits que le bâtiment projeté, aligné sur le fond de leurs parcelles constitué de jardins, donnerait une vue au moins en partie directe sur des façades de leurs maisons comportant de multiples ouvertures. Si la défense a fait valoir au cours de l'audience le fait que les vitres figurant sur la façade Nord du projet seraient teintées, une telle affirmation n'est pas corroborée par les éléments du dossier de demande de permis de construire, alors en outre que le projet, portant sur l'édification d'un bâtiment en R+1 sur un terrain dépourvu à ce jour de toute construction, doit être regardé comme affectant directement les conditions de jouissance des maisons d'habitation en R+2 des requérants. En outre, il ne ressort pas de la requête que MM. J H, C, G et A auraient entendu se prévaloir de troubles anormaux de voisinage, mais vise uniquement à contester la légalité de l'arrêté du 19 juillet 2024 par lequel le maire de la commune de Villeneuve-Saint-Georges a délivré le permis de construire en litige. Dès lors, il ne résulte pas de l'instruction que le recours en excès de pouvoir formé par les requérants ne relèverait manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative, ni qu'il serait irrecevable.
10. D'autre part, il résulte de l'instruction que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 151-33 du code de l'urbanisme et de l'article UB.12 du règlement du plan local d'urbanisme est de nature, en l'état de l'instruction, à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du maire de la commune de Villeneuve-Saint-Georges du 19 juillet 2024.
11. Il résulte de ce qui précède que l'exécution de cet arrêté doit être suspendue.
Sur les frais du litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de MM. J H, C, G et A, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que la SCI Farachatti demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge solidaire de la commune de Villeneuve-Saint-Georges et de la SCI Farachatti une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés par MM. J H, C, G et A et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du maire de la commune de Villeneuve-Saint-Georges du 19 juillet 2024 est suspendue.
Article 2 : La commune de Villeneuve-Saint-Georges et la SCI Farachatti verseront solidairement une somme de 2 000 euros à MM. J H, C, G et A, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B J H, désigné représentant unique pour l'ensemble des requérants, à la SCI Farachatti et à la commune de Villeneuve-Saint-Georges.
La juge des référés,
Signé : C. LetortLa greffière,
Signé : C. Rouillard
La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026