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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2411649

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411649

mardi 24 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2411649
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, était saisi par M. A d'une demande d'injonction sous astreinte visant à obtenir une convocation pour la remise de son titre de séjour. En cours d'instance, la préfète du Val-de-Marne a convoqué l'intéressé à un rendez-vous, rendant sans objet les conclusions principales de la requête. Le juge a donc constaté un non-lieu à statuer sur ces conclusions. Il a en revanche mis à la charge de l'État le versement de 1 200 euros à l'avocat de M. A au titre des frais d'instance, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Rouvet Orue Carreras, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne ou à tout autre préfet territorialement compétent de lui délivrer une convocation en vue de la remise de son nouveau titre de séjour, dans le délai de 48 heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ;

3°) de mettre à la charge de 1'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence, au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, est remplie ;

- cette mesure porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit au respect de sa vie privée et familiale et à sa liberté d'aller et venir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 septembre 2024, la préfète du Val-de-Marne conclut à ce que le tribunal constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête.

Elle fait valoir que :

- une nouvelle convocation pour un rendez-vous fixé au 26 septembre 2024 à 14h00 a été adressée à M. A aux fins de remise de son nouveau titre de séjour ;

- M. A ne justifie pas se trouver dans une situation d'urgence du fait de la fixation d'un nouveau rendez-vous en préfecture ;

- la situation d'urgence dont il se prévaut résulte seulement de sa propre négligence.

Par un mémoire, enregistré le 23 septembre 2024, M. A, représenté par

Me Rouvet Orue Carreras, déclare ne pas s'opposer à ce que le tribunal constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur sa demande aux fins d'injonction sous astreinte et persiste dans ses conclusions tendant au bénéfice des frais de l'instance.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Billandon, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

L'affaire, enrôlée à l'audience publique fixée le 23 septembre 2024 à 14h00, a été radiée du rôle.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". En application de ces dispositions, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur le non-lieu à statuer :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique. () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

3. Au cas particulier, postérieurement à l'introduction de l'instance, la préfète du Val-de-Marne a convoqué M. A en préfecture à un rendez-vous fixé le 26 septembre 2024 à 14h00 en vue de la remise de son nouveau titre de séjour. Par suite, les conclusions de la requête tendant à ce qu'il soit enjoint sous astreinte à cette autorité ou à tout autre préfet territorialement compétent de lui délivrer une convocation en vue de la remise de ce document sont devenues sans objet. Il n'y a dès lors pas lieu d'y statuer.

Sur les frais de l'instance :

4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 200 euros qui sera versée à Me Rouvet Orue Carreras, conseil de M. A, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle qui lui a été confiée. En cas de rejet de l'aide juridictionnelle cette somme sera versée directement à M. A.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte de M. A.

Article 3 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 1 200 euros à Me Rouvet Orue Carreras, conseil de M. A, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. En cas de rejet de l'aide juridictionnelle, cette somme sera versée directement à M. A.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Rouvet Orue Carreras et à la préfète du Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 24 septembre 2024.

La juge des référés,

Signé : I. Billandon

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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