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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2411831

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411831

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2411831
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantDELLIEN & ASSOCIES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l'exécution de la décision du 24 juin 2024 par laquelle la section disciplinaire de l'université Paris-Est Créteil Val-de-Marne (UPEC) a exclu M. B de tout établissement public d'enseignement supérieur pour une durée de trois ans. Le juge a estimé qu'aucun des moyens soulevés, notamment ceux tirés de l'irrégularité de la procédure disciplinaire, de la partialité, de la disproportion de la sanction ou du détournement de pouvoir, n'était de nature à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la sanction. La condition d'urgence n'a pas été examinée, le doute sérieux n'étant pas établi.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 24 septembre 2024, M. A B, représenté par la SELARL Dellien Associés, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 24 juin 2024 par laquelle la section disciplinaire du conseil académique de l'université Paris-Est Créteil Val-de-Marne (UPEC) a prononcé à son égard la sanction de l'exclusion de tout établissement public d'enseignement supérieur pour une durée de trois ans ;

2°) de mettre à la charge de l'UPEC la somme de 2 000 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative est remplie ;

- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige pour les raisons suivantes :

* cette décision est intervenue au terme d'une procédure irrégulière, dès lors que : en premier lieu, la section disciplinaire a été saisie par une lettre adressée à son président qui ne mentionnait pas, en méconnaissance de l'article R. 811-26 du code de l'éducation, les faits qui lui sont reprochés ; en deuxième lieu, la section disciplinaire a été saisie dans un contexte d'atteinte à l'égalité de traitement voire de discrimination à son égard de la part du président de l'institut d'études politiques de Fontainebleau ; en troisième lieu, la section disciplinaire était, lorsqu'elle a siégé, irrégulièrement composée au regard, d'une part, de l'article R. 811-20 du code de l'éducation, puisqu'elle ne comprenait que huit membres, d'autre part, de l'article 811-14 du même code ; en quatrième lieu, faute pour l'UPEC de les produire, les procès-verbaux des séances de l'affaire n'ont pas été dressés, en méconnaissance de l'article R. 811-35 du code de l'éducation ; en cinquième lieu, l'instruction de l'affaire a été déloyale, partiale et non-respectueuse des droits de la défense et du contradictoire ;

* elle est entachée de partialité ;

* elle a été prise dans un contexte d'atteinte à l'égalité de traitement et de discrimination à son égard de la part du président de l'institut d'études politiques de Fontainebleau ;

* elle lui inflige une sanction disproportionnée ;

* elle est entachée d'un détournement de pouvoir, dès lors qu'elle a été prise dans le but de contenter la direction de l'institut d'études politiques de Fontainebleau.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2024, l'UPEC, représentée par la SELARL Valadou-Josselin et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est pas remplie ;

- aucun des moyens dont il est fait état n'est propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

Vu :

- la requête n° 2411836 tendant à l'annulation de la décision dont la suspension de l'exécution est demandée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, désigné M. Zanella, premier conseiller, pour statuer sur les référés présentés sur le fondement des dispositions du livre V du même code.

Les parties ont été régulièrement informées de la date et de l'heure de l'audience publique.

Au cours de cette audience, tenue le 4 octobre 2024 à 14h00 en présence de Mme Dusautois, greffière d'audience, ont été entendus :

-le rapport de M. Zanella ;

-les observations de Me Lanté, représentant M. B, présent, qui a conclu aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;

-et les observations de Me Jacq-Nicolas, représentant l'UPEC, qui a conclu aux mêmes fins que le mémoire en défense, par les mêmes motifs.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".

2. M. B, qui était inscrit en deuxième année de licence de sciences politiques parcours préparatoire au professorat des écoles à l'institut d'études politiques de Fontainebleau durant l'année universitaire 2023-2024, a fait l'objet, le 24 juin 2024, d'une décision par laquelle la section disciplinaire du conseil académique de l'université Paris-Est Créteil Val-de-Marne (UPEC) a prononcé à son égard la sanction de l'exclusion de tout établissement public d'enseignement supérieur pour une durée de trois ans, au motif qu'il avait, à l'occasion d'une opération de blocage de locaux universitaires organisée le 21 décembre 2023 à des fins politiques, gravement porté atteinte à l'ordre, au bon fonctionnement et à la réputation de cette université en assénant à un autre étudiant plusieurs coups de poing ayant provoqué des séquelles médicalement constatées. Sa requête tend, à titre principal, à la suspension de l'exécution de cette décision sur le fondement des dispositions citées au point précédent.

3. En l'état de l'instruction, aucun des moyens dont le requérant fait état à l'appui de ses conclusions à fin de suspension, tels qu'ils sont analysés ci-dessus dans les visas de la présente ordonnance, n'apparaît propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en litige.

4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative, que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article

L. 761-1 du même code.

5. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a par ailleurs pas lieu de mettre à la charge du requérant la somme que l'UPEC demande au même titre.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par l'université Paris-Est Créteil Val-de-Marne au titre de l'article L 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à l'université

Paris-Est Créteil Val-de-Marne.

Fait à Melun, le 17 octobre 2024.

Le juge des référés,La greffière,

Signé : P. ZanellaSigné : O. Dusautois

La République mande et ordonne au ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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