mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2411991 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre Reconduite à la frontière 12 |
| Avocat requérant | MOULA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 septembre 2024, M. B A, retenu au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot n° 2, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination, décision révélée par l'arrêté du 21 septembre 2024 par lequel ledit préfet l'a placé en rétention ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler le temps de cet examen ;
3°) à titre subsidiaire, de suspendre l'arrêté du 20 octobre 2023 par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français, de l'enjoindre à réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler le temps de cet examen.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- eu égard aux changements de circonstances de droit et de faits intervenus depuis sa précédente obligation de quitter le territoire français, son placement en rétention révèle une nouvelle obligation de quitter le territoire français prise le 21 septembre 2024 ;
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire, tel qu'il est garanti par les stipulations du paragraphe 2 de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, et du respect des droits de la défense ;
- elle méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnaît les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er octobre 2024, le préfet de la
Seine-Saint-Denis, représenté par le cabinet Centaure avocats, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est dirigée contre une décision inexistante ;
- les autres moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Le centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot n° 2 a produit des pièces, enregistrées le 28 septembre 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné Mme Jean, première conseillère, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jean ;
- les observations de Me Moula, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et fait plus particulièrement valoir que l'arrêté du 21 septembre 2024 le plaçant en rétention lui fait grief, que contrairement à ce qu'il mentionne, il était assigné à résidence, dispose d'une adresse et est entré en France lorsqu'il était enfant ; elle soutient également que le préfet organise son retour vers Haïti en méconnaissance du jugement rendu que 12 juillet 2024 par la Cour administrative d'appel de Paris ;
- M. A, qui indique ne pas avoir d'observation.
Le préfet de la Seine-Saint-Denis n'était, ni présent, ni représenté.
Après avoir prononcé la clôture d'instruction à l'issue de l'audience publique à 14h49.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant haïtien né en 1984, est entré en France en 1989 selon ses déclarations. Par un arrêté du 20 octobre 2023, la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par un arrêt du 12 juillet 2024, devenu définitif, la cour administrative d'appel de Paris a annulé les décisions contenues dans l'arrêté du 20 octobre 2023 par lesquelles la préfète du Val-de-Marne a fixé Haïti comme pays à destination duquel M. A pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. Par un arrêté en date du 21 septembre 2024, le préfet de la Seine-Saint-Denis a prononcé son placement en rétention administrative. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision implicite par laquelle le préfet de la Seine-Saint-Denis l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination, décision révélée selon lui par l'arrêté du 21 septembre 2024 par lequel ledit préfet l'a placé en rétention.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ". Aux termes de l'article L. 741-1 du même code : " L'autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quatre jours, l'étranger qui se trouve dans l'un des cas prévus à l'article L. 731-1 lorsqu'il ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement et qu'aucune autre mesure n'apparaît suffisante à garantir efficacement l'exécution effective de cette décision () ".
3. Le placement en rétention administrative d'un étranger faisant l'objet depuis moins de trois ans d'une obligation de quitter le territoire français a pour objet de mettre à exécution la décision prononçant cette obligation et ne peut être regardé comme constituant ou révélant une nouvelle décision comportant obligation de quitter le territoire qui serait susceptible de faire l'objet d'une demande d'annulation. Il appartient toutefois à l'administration de ne pas mettre à exécution l'obligation de quitter le territoire si un changement dans les circonstances de droit ou de fait a pour conséquence de faire obstacle à la mesure d'éloignement.
4. Il ressort des pièces du dossier que la décision ordonnant le placement en rétention administrative de M. A a été prise le 21 septembre 2024 par le préfet de la Seine-Saint-Denis pour mettre à exécution l'arrêté du 20 octobre 2023 par lequel la préfète du Val-de-Marne a prononcé à son encore une obligation de quitter le territoire français. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision le plaçant rétention révèle une nouvelle décision d'éloignement. Dans ces conditions, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir invoquée par le préfet de la
Seine-Saint-Denis tirée de l'inexistence de la décision attaquée et de rejeter comme irrecevables les conclusions à fin d'annulation de la requête. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter également ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les conclusions à fin de suspension :
5. Si le requérant demande au tribunal de suspendre l'arrêté du 20 octobre 2023 par lequel la préfète du Val-de-Marne l'a obligé à quitter le territoire français, il n'appartient pas au juge de l'éloignement de prononcer la suspension des décisions dont il est saisi. Par suite, ces conclusions ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la
Seine-Saint-Denis.
Lu en audience publique le 1er octobre 2024.
La magistrate désignée,
A. JeanLa greffière,
C. Mahieu
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Saint-Denis en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026