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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2411992

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2411992

mardi 5 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2411992
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationChambre Éloignement 12
Avocat requérantGALINDO SOTO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 25 septembre 2024, enregistrée le 28 septembre suivant, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal le dossier de la requête de M. A B, représenté par Me Galindo Soto.

Par cette requête et un mémoire, enregistrés les 23 mai et 18 juin 2024, M. B demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 22 mai 2024 par lequel le préfet de police Paris a porté à trente-six mois la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français de douze mois prononcée à son encontre le 1er août 2023 par le préfet de Seine-et-Marne, a indiqué son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen et chargé de la notification de cet arrêté les préfets et, à Paris, les directeurs de la préfecture de Paris ;

2°) d'enjoindre au préfet de police de Paris de lui délivrer une carte de séjour temporaire d'un an mention " vie privée et familiale " dans le délai de quinze jours compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de deux jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 200 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient dans le dernier état de ses écritures que :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence de son auteur ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'appréciation dès lors que le préfet de police n'a pas tenu compte de la durée de sa présence en France, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec ce pays, de la circonstance qu'il a déjà fait ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace à l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ;

- elle méconnaît les stipulations des articles 3-1, 2 et 28 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

La requête a été communiquée au préfet de police de Paris qui n'a pas produit d'observations en défense.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 septembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du Tribunal a désigné Mme Billandon, vice-présidente, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendus au cours de l'audience publique, qui s'est tenue en présence de

Mme Aït Moussa, greffière d'audience, le rapport de Mme Billandon, vice-présidente, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien, né en 2001 est entré en France le 11 janvier 2022 selon ses déclarations. Par un arrêté du 1er août 2023, le préfet de Seine-et-Marne a notamment prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois. Le 21 mai 2024 à 12h25, M. B a été interpellé par les services de police pour des faits de détention, cession, transport et usage des stupéfiants à Paris 19ème. Par un arrêté du 22 mai 2024, le préfet de police Paris a porté à trente-six mois la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français susmentionnée, a indiqué le signalement de l'intéressé aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen et chargé de la notification de cet arrêté les préfets et, à Paris, les directeurs de la préfecture de Paris. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

2. Par une décision du 18 septembre 2024, le bureau d'aide juridictionnelle a admis M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Les conclusions tendant à ce que le requérant soit provisoirement admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, sont ainsi devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

3. L'arrêté attaqué ne mentionnant pas le nom et la qualité de son auteur, il ne met pas le tribunal en mesure d'apprécier si cette personne était compétente pour l'édicter au nom du préfet de police de Paris. M. B est par suite fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de son auteur.

4. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'annuler l'arrêté attaqué pour incompétence, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

5. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions de la requête doivent par suite être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

6. M. B ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que l'avocate renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat (préfet de police de Paris) le versement à Me Galindo Soto de la somme de 1 200 euros.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : L'arrêté du 22 mai 2024 par lequel le préfet de police Paris a porté à trente-six mois l'interdiction de retour sur le territoire français de douze mois prononcée à l'encontre de M. B le 1er août 2023 par le préfet de Seine-et-Marne est annulé.

Article 3 : Sous réserve que Me Galindo Soto renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera à Me Galindo Soto, avocate de M. B, une somme de 1 200 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Galindo Soto et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 novembre 2024.

La magistrate,

Signé : I. BILLANDONLa greffière,

Signé : S. AÏT MOUSSA

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

S. AÏT MOUSSA

N°2411992

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