LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2412242

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2412242

vendredi 4 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2412242
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7ème chambre, JU
Avocat requérantVAN ELSLANDE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Genies, demande au tribunal :

1°) sur le fondement de l'article L. 779-1 du code de justice administrative, d'annuler l'arrêté du 2 octobre 2024 par lequel le maire de Dammarie-lès-Lys a mis en demeure de quitter les lieux dans un délai de 24 heures les occupants d'un terrain situé 951, quai Voltaire où il est installé ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 700 euros et de la commune la somme de 1200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'incompétence de son auteur, à défaut de justifier d'une délégation de signature régulièrement publiée ;

- alors que l'arrêté attaqué vise la loi du 5 juillet 2000 le maire n'était pas compétent pour prendre la mise en demeure attaquée ;

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'en application de la loi du 5 juillet 2000 le maire pouvait seulement demander au préfet d'édicter l'arrêté attaqué mais ne pouvait pas le prendre lui-même ;

- l'arrêté attaqué méconnait les articles L. 2212-1 et L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales et l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 ; le pouvoir de police spéciale du préfet, qui offre des garanties aux occupants, excluait le pouvoir de police générale du maire ; le maire ne pouvait intervenir qu'en cas de danger grave ou imminent ou de circonstances locales particulières ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'erreur de fait dès lors qu'il n'est pas démontré que le terrain occupé serait une propriété privée ou publique, la charge de la preuve incombant à l'administration ;

- il n'est pas démontré que la mesure se justifiait par l'existence d'une atteinte à la sécurité, la salubrité ou la tranquillité publique ;

- l'arrêté attaqué méconnait le droit de mener une vie familiale normale protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, alors qu'il n'existe aucune aire d'accueil pour les gens du voyage sur le territoire communal, comme l'impose pourtant la loi.

Le 4 octobre 2024, le préfet de Seine-et-Marne a présenté des observations.

Un mémoire a été enregistré le 4 octobre 2024 pour la commune de Dammarie-Lès-Lys, représentée par Me Van Elslande. Elle demande au tribunal de rejeter la requête et de mettre à la charge de M. B une somme de 1500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, le requérant ne justifiant pas être occupant de la parcelle située 951, quai Voltaire. Il ne justifie pas davantage être mandaté pour représenter les occupants sans droit ni titre de la parcelle.

-les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Gougot, vice-présidente, pour statuer sur les litiges visés à l'article L. 779-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, qui s'est tenue le 4 octobre 2024 à 15 heures 30 en présence de Mme Nodin, greffière d'audience, Mme Gougot a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Genies pour M. B qui soutient que la procédure d'urgence était bien applicable, l'arrêté attaqué visant la loi du 5 juillet 2000 ce qui n'était pas une simple erreur de plume ; il abandonne le moyen tiré de l'incompétence du signataire ; en revanche il persiste à soutenir que le maire n'était pas compétent pour édicter l'arrêté attaqué sur le fondement de son pouvoir de police générale alors qu'il existe une police administrative spéciale ; l'arrêté préfectoral du 7 octobre 1999 visé par l'arrêté attaqué n'est pas produit et il n'est pas justifié de la pollution du site ; l'existence d'un risque pour la sécurité publique n'est pas non plus établie ; le requérant justifie d'un intérêt à agir ;

- et les observations de Me Van Elslande pour la commune de Dammarie-lès-Lys qui fait valoir que la loi du 5 juillet 2000 n'exclut pas que le maire fasse usage de son pouvoir général de police administrative ; la loi du 5 juillet 2000 n'a pas vocation à s'appliquer lorsque la commune n'est pas à jour de ses obligations en matière de stationnement des gens du voyage ; il existe un risque pour la sécurité publique au regard des branchements d'eau et d'électricité installés et de l'importance du campement ; il existe en outre un risque pour la salubrité publique ; en outre le site est pollué ; si elle n'est pas en mesure de justifier de l'arrêté préfectoral du 7 octobre 1999 visé par l'arrêté attaqué, cette pollution résulte du courrier du préfet de Seine-et-Marne du 30 novembre 2018 ; l'arrêté attaqué vise la loi du 5 juillet 2000 mais c'est un problème de santé publique qui est en cause ; elle ne renonce pas à sa fin de non-recevoir sur l'intérêt à agir ;

L'instruction a été close à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 2 octobre 2024 notifié le même jour à 16 heures 48, le maire de Dammarie-lès-Lys a mis en demeure de quitter les lieux dans un délai de 24 heures les occupants d'un terrain situé 951, quai Voltaire sur la commune de Dammarie-lès-Lys sur le fondement du II de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage et des articles L. 2212-1, L. 2212-2 et suivants du code général des collectivités territoriales. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur le cadre du litige :

2. Aux termes de l'article L. 779-1 du code de justice administrative : " Les requêtes dirigées contre les décisions de mise en demeure de quitter les lieux mentionnées au II bis de l'article 9 de la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage sont présentées, instruites et jugées dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. " Et selon l'article R. 779-3 du même code : " Le délai de quarante-huit heures imparti au président du tribunal administratif ou à son délégué pour statuer court à partir de l'heure d'enregistrement de la requête au greffe du tribunal. / Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du rapporteur public. " L'article R. 779-4 du même code précise enfin que : " Les parties sont convoquées à l'audience sans délai et par tous moyens. " Enfin l'article R. 779-5 du même code dispose que : " Le juge statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. L'instruction est close dans les conditions prévues au second alinéa de l'article R. 613-2. "

3. L'arrêté contesté vise notamment les dispositions de la loi du 5 juin 2000 et utilise, pour procéder à la mise en demeure de quitter les lieux des gens du voyage en cause, la terminologie issue des dispositions du II de l'article 9 de cette loi. Dès lors, le maire de Dammarie-lès-Lys doit être regardé comme ayant entendu faire application de la procédure prévue par les dispositions du II de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000. Dans ces conditions, la demande d'annulation de cet arrêté, qui se fonde sur l'article L. 779-1 du code de justice administrative et a d'ailleurs été faite dans le délai d'exécution fixé par la décision de mise en demeure conformément aux dispositions du II bis de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000, doit être jugée selon la procédure prévue par ces dispositions.

Sur les fins de non-recevoir opposées par la commune :

4. Si la commune oppose l'absence d'intérêt à agir de M. B il résulte des observations faites à l'audience que celui-ci doit être regardé comme l'un des occupants sans titre visé par l'arrêté litigieux et comme justifiant par suite d'un intérêt à agir.

5. En revanche, contrairement à ce que fait valoir la commune M. B n'a pas indiqué agir pour le compte des autres occupants sans titre. La commune n'est par suite pas fondée à lui opposer le fait qu'il ne justifierait pas être mandaté par eux.

Sur les conclusions en annulation :

6. D'une part, aux termes de l'article 9 de la loi du 5 juillet 2000 relative à l'accueil et à l'habitat des gens du voyage : " I.- Le maire d'une commune membre d'un établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de création, d'aménagement, d'entretien et de gestion des aires d'accueil des gens du voyage et des terrains familiaux locatifs définis aux 1° à 3° du II de l'article 1er peut, par arrêté, interdire en dehors de ces aires et terrains le stationnement sur le territoire de la commune des résidences mobiles mentionnées au même article 1er, dès lors que l'une des conditions suivantes est remplie :/ 1° L'établissement public de coopération intercommunale a satisfait aux obligations qui lui incombent en application de l'article 2 ;/ 2° L'établissement public de coopération intercommunale bénéficie du délai supplémentaire prévu au III du même article 2 ;/ 3° L'établissement public de coopération intercommunale dispose d'un emplacement provisoire agréé par le préfet ;/ 4° L'établissement public de coopération intercommunale est doté d'une aire permanente d'accueil, de terrains familiaux locatifs ou d'une aire de grand passage, sans qu'aucune des communes qui en sont membres soit inscrite au schéma départemental prévu à l'article 1er ;/ 5° L'établissement public de coopération intercommunale a décidé, sans y être tenu, de contribuer au financement d'une telle aire ou de tels terrains sur le territoire d'un autre établissement public de coopération intercommunale ;/ 6° La commune est dotée d'une aire permanente d'accueil, de terrains familiaux locatifs ou d'une aire de grand passage conformes aux prescriptions du schéma départemental, bien que l'établissement public de coopération intercommunale auquel elle appartient n'ait pas satisfait à l'ensemble de ses obligations./L'agrément prévu au 3° du présent I est délivré pour une durée ne pouvant excéder six mois, en fonction de la localisation, de la capacité et de l'équipement de l'emplacement concerné, dans des conditions définies par décret./ L'agrément d'un emplacement provisoire n'exonère pas l'établissement public de coopération intercommunale des obligations qui lui incombent dans les délais prévus à l'article 2./ I bis.-Le maire d'une commune qui n'est pas membre d'un établissement public de coopération intercommunale compétent en matière de création, d'aménagement, d'entretien et de gestion des aires d'accueil des gens du voyage et des terrains familiaux locatifs définis aux 1° à 3° du II de l'article 1er peut, par arrêté, interdire en dehors de ces aires et terrains le stationnement sur le territoire de la commune des résidences mobiles mentionnées au même article 1er, dès lors que l'une des conditions suivantes est remplie :/ II.- En cas de stationnement effectué en violation de l'arrêté prévu au I ou au I bis, le maire, le propriétaire ou le titulaire du droit d'usage du terrain occupé peut demander au préfet de mettre en demeure les occupants de quitter les lieux./ La mise en demeure ne peut intervenir que si le stationnement est de nature à porter atteinte à la salubrité, la sécurité ou la tranquillité publiques./ La mise en demeure est assortie d'un délai d'exécution qui ne peut être inférieur à vingt-quatre heures. Elle est notifiée aux occupants et publiée sous forme d'affichage en mairie et sur les lieux. Le cas échéant, elle est notifiée au propriétaire ou titulaire du droit d'usage du terrain./ Cette mise en demeure reste applicable lorsque la résidence mobile se retrouve à nouveau, dans un délai de sept jours à compter de sa notification aux occupants, en situation de stationnement illicite sur le territoire de la commune ou de tout ou partie du territoire de l'intercommunalité concernée en violation du même arrêté du maire ou, s'il est compétent, du président de l'établissement public de coopération intercommunale prévu au I et de nature à porter la même atteinte à la salubrité, à la sécurité ou à la tranquillité publiques./ Lorsque la mise en demeure de quitter les lieux n'a pas été suivie d'effets dans le délai fixé et n'a pas fait l'objet d'un recours dans les conditions fixées au II bis, le préfet peut procéder à l'évacuation forcée des résidences mobiles, sauf opposition du propriétaire ou du titulaire du droit d'usage du terrain dans le délai fixé pour l'exécution de la mise en demeure. "

7. D'autre part, l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales dispose que : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'Etat qui y sont relatifs. " L'article L. 2212-2 du même code précise que : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : / 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, ce qui comprend le nettoiement, l'éclairage, l'enlèvement des encombrements, la démolition ou la réparation des édifices et monuments funéraires menaçant ruine, l'interdiction de rien exposer aux fenêtres ou autres parties des édifices qui puisse nuire par sa chute ou celle de rien jeter qui puisse endommager les passants ou causer des exhalaisons nuisibles ainsi que le soin de réprimer les dépôts, déversements, déjections, projections de toute matière ou objet de nature à nuire, en quelque manière que ce soit, à la sûreté ou à la commodité du passage ou à la propreté des voies susmentionnées ; / 2° Le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique telles que les rixes et disputes accompagnées d'ameutement dans les rues, le tumulte excité dans les lieux d'assemblée publique, les attroupements, les bruits, les troubles de voisinage, les rassemblements nocturnes qui troublent le repos des habitants et tous actes de nature à compromettre la tranquillité publique ; / 3° Le maintien du bon ordre dans les endroits où il se fait de grands rassemblements d'hommes, tels que les foires, marchés, réjouissances et cérémonies publiques, spectacles, jeux, cafés, églises et autres lieux publics ; / 4° L'inspection sur la fidélité du débit des denrées qui se vendent au poids ou à la mesure et sur la salubrité des comestibles exposés en vue de la vente ; / 5° Le soin de prévenir, par des précautions convenables, et de faire cesser, par la distribution des secours nécessaires, les accidents et les fléaux calamiteux ainsi que les pollutions de toute nature, tels que les incendies, les inondations, les ruptures de digues, les éboulements de terre ou de rochers, les avalanches ou autres accidents naturels, les maladies épidémiques ou contagieuses, les épizooties, de pourvoir d'urgence à toutes les mesures d'assistance et de secours et, s'il y a lieu, de provoquer l'intervention de l'administration supérieure ; / 6° Le soin de prendre provisoirement les mesures nécessaires contre les personnes atteintes de troubles mentaux dont l'état pourrait compromettre la morale publique, la sécurité des personnes ou la conservation des propriétés ; / 7° Le soin d'obvier ou de remédier aux événements fâcheux qui pourraient être occasionnés par la divagation des animaux malfaisants ou féroces. ". Enfin selon l'article L. 2212-4 du même code : " En cas de danger grave ou imminent, tel que les accidents naturels prévus au 5° de l'article L. 2212-2, le maire prescrit l'exécution des mesures de sûreté exigées par les circonstances. / Il informe d'urgence le représentant de l'Etat dans le département et lui fait connaître les mesures qu'il a prescrites. "

8. En premier lieu, en application des dispositions du II de l'article 9 de la loi du 5 juin 2000, s'il était loisible au maire de Dammarie-lès-Lys, en cas de stationnement effectué en violation de son arrêté municipal, de saisir le préfet sur le fondement de ces dispositions, pour que celui-ci mette en demeure les occupants de quitter les lieux, il ne pouvait, sans excéder sa compétence, procéder de lui-même à cette mise en demeure.

9. En second lieu, l'arrêté attaqué se fonde également sur les dispositions de l'article L. 2212-1, L.2212-2 et suivants du code général des collectivités territoriales, le maire invoquant une urgence sanitaire au motif que le terrain comporterait une présence importante d'amiante sur le site et l'existence d'un risque grave pour la sécurité et la santé des occupants qu'il conviendrait de prévenir en urgence. Toutefois, si les dispositions de l'article L. 2212-1 et suivants du code général des collectivités territoriales habilitent le maire à prendre les mesures de police générale nécessaires au bon ordre, à la sûreté, à la sécurité et à la salubrité publiques, celui-ci ne saurait, en l'absence de péril imminent ou de circonstances locales exceptionnelles, se substituer au préfet dans la mise en œuvre des pouvoirs de police spéciale détenus par cette autorité en matière d'accueil des gens du voyage. En l'espèce l'arrêté attaqué est motivé par la présence d'amiante sur le site occupé. Toutefois, la commune a admis à l'audience ne pas être en mesure de justifier de l'arrêté préfectoral n° 99 DAI 2IC 279 du 7 octobre 1999 visé par l'arrêté attaqué ; et en se bornant à se prévaloir d'un courrier du préfet de Seine-et-Marne du 30 novembre 2018, elle ne démontre pas l'existence d'un péril imminent. Si la commune se prévaut à l'audience de l'existence d'un risque pour la sécurité publique et la salubrité publique elle ne démontre pas davantage l'existence d'un péril imminent en se prévalant d'un tel risque, qui au demeurant n'était pas mentionné dans la décision attaquée, en se bornant à se prévaloir de photographie des branchements électriques et d'eau.

8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'ensemble des moyens de la requête, M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 2 octobre 2024.

Sur les frais d'instance :

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de M. B au titre des frais exposés par la commune de Dammarie-lès-Lys et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la commune de Dammarie-lès-Lys la somme de 800 euros à verser à M. B au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu en revanche de mettre à la charge de l'Etat qui n'a pas, dans la présente instance, la qualité de partie, la somme demandée.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du maire de Dammarie-lès-Lys du 2 octobre 2024 est annulé.

Article 2 : La commune de Dammarie-lès-Lys versera une somme de 800 euros à M. B sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Dammarie-lès-Lys.

Copie pour information en sera adressée au préfet de Seine-et-Marne.

Fait à Melun le 4 octobre 2024.

La magistrate désignée, La greffière,

I.GOUGOT M. NODIN

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions