mardi 5 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2412366 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Chambre Éloignement 12 |
| Avocat requérant | SELARL JOVE - LANGAGNE - BOISSAVY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 et 23 octobre 2024, Mme A B, représenté par Me Langagne, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 4 octobre 2024 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil a refusé de lui accorder les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui octroyer, ainsi qu'à son fils mineur, les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le versement de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les efforts de la structure qui l'a recueillie à son arrivée en France, alors qu'elle était mineure et mère d'un très jeune enfant, se sont concentrés sur sa prise en charge et non sa demande d'asile ;
- dès lors qu'elle justifie ainsi d'un motif légitime concernant la tardiveté de sa demande d'asile, la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2024, l'Office français de l'immigration et de l'intégration, représenté par son directeur général en exercice, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête n'est pas motivée et par suite irrecevable ;
- la décision attaquée est légale dès lors que la demande d'asile de Mme B a été formée plus de quatre-vingt-dix jours après son entrée sur le territoire français, elle n'a produit aucun document médical justifiant de sa vulnérabilité lors de son entretien de vulnérabilité ;
- il ne résulte d'aucune disposition qu'il soit tenu d'attendre le retour du certificat médical remis au demandeur d'asile avant de se prononcer sur l'ouverture ou non des conditions matérielles d'accueil ;
- en tout état de cause, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du Tribunal a désigné Mme Billandon, vice-présidente, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Ait-Moussa, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Billandon, vice-présidente ;
- et les observations de Me Langagne, pour Mme B, qui persiste dans ses conclusions par les mêmes moyens et Mme B
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 4 octobre 2024, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Créteil a refusé d'accorder les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile à Mme B, ressortissante ivoirienne née en 2006. Par la présente requête, Mme B demande l'annulation de cette décision.
2. Aux termes de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil sont refusées, totalement ou partiellement, au demandeur, dans le respect de l'article 20 de la directive 2013/33/ UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, dans les cas suivants : / () 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est entrée en France le 29 décembre 2023 alors qu'elle était mineure et mère d'un très jeune enfant. Si l'intéressée soutient qu'à son arrivée sur le territoire français, elle a été prise en charge par l'association France terre d'asile qui s'est concentrée sur sa mise à l'abri compte tenu de son jeune âge et de celui de son bébé, elle ne justifie pas ainsi d'un motif légitime au sens de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile expliquant la tardiveté du dépôt de sa demande d'asile, le 4 octobre 2024, soit vingt-deux mois après son entrée en France. Le moyen tiré de l'erreur d'appréciation doit par suite être écarté.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non recevoir opposée par l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 novembre 2024.
La magistrate,
Signé : I. BILLANDONLa greffière,
Signé : S. AÏT MOUSSA
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
S. AÏT MOUSSA
N°2412366
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026