vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2412641 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Après avoir, au cours de l'audience du 16 octobre 2024, tenue en présence de
Mme Aubret, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu les observations de
Me Rahmouni, représentant la préfète du Val-de-Marne, qui maintient ses conclusions tendant au non-lieu.
La requérante, dûment convoquée, n'était ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, ressortissant marocaine née le 6 avril 1999 à Menara Gueliz (Marrakech), a bénéficié d'un titre de séjour pluriannuel de deux ans en qualité d'étudiante délivré par le préfet de la Haute-Vienne et valable jusqu'au 30 septembre 2022, puis d'un titre d'un an portant la même mention et délivré par la préfète du Val-de-Marne, valable jusqu'au
30 septembre 2023. Elle en a demandé le renouvellement et a été informée le 6 septembre 2023 qu'une décision favorable avait été prise par la préfète du Val-de-Marne et qu'une carte de séjour valable du 1er octobre 2023 au 30 septembre 2024 était mise en fabrication et lui serait remise. Elle n'a jamais reçu cette carte malgré de nombreuses demandes en ce sens, et s'est donc trouvée dans l'impossibilité d'en demander le renouvellement sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, son compte étant bloqué en raison de cette absence de remise. Par une requête enregistrée le 14 octobre 2024, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'enjoindre à la préfète du
Val-de-Marne de lui remettre son titre de séjour et lui permettre d'en demander le renouvellement. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a émis une convocation à destination de l'intéressée, mais à une adresse électronique erronée, avec comme destinataire " Monsieur A C ", pour le 21 octobre 2024 à 9 heures pour la remise de son titre de séjour et le dépôt d'une demande de renouvellement.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
3. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne, tout en soutenant, sans toutefois le démontrer, avoir convoqué Mme C le 19 septembre 2023 par message téléphonique en vue de la remise de son titre de séjour, a communiqué au tribunal une nouvelle convocation adressée le 15 octobre 2024 à 15 h 54 à " Monsieur A C ", comportant une adresse électronique de destination qui n'est pas celle mentionnée par la requérante sur son compte ouvert sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, pour le 21 octobre 2024 à 9 heures aux fins de se voir remettre son titre de séjour périmé depuis le 30 septembre 2024 et déposer une demande de renouvellement. Nonobstant ces erreurs matérielles, l'intéressée doit être considérée comme ayant été régulièrement informée de cette convocation, qui fait droit à sa demande. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
Sur les frais du litige :
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 2 000 euros qui sera versée à Mme C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme C présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
Article 2 : L'Etat (préfète du Val-de-Marne) versera une somme de 2 000 euros à
Mme C en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera communiquée à la préfète du Val-de-Marne.
Le juge des référés,La greffière,
B : M. AymardB : S. Aubret
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2412641
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