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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2412651

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2412651

mardi 22 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2412651
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension d’une décision implicite de refus de titre de séjour opposée à une ressortissante algérienne. La requérante invoquait l’urgence et une atteinte à sa vie privée et familiale, mais n’a pas justifié de circonstances particulières rendant nécessaire une mesure provisoire immédiate. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas établie, conformément à l’article L. 521-1 du code de justice administrative. La requête a été rejetée sans examen au fond, par application de l’article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2024, Mme B C épouse A, représentée par Me Bernard, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite opposée par la préfète du

Val-de-Marne portant refus de la délivrance d'un titre de séjour et ce jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de réexaminer sa demande de titre de séjour et de la mettre en possession d'un récépissé dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle indique que, de nationalité algérienne, elle est entrée en France en février 2021 pour rejoindre son époux, qu'elle a accouché de leur premier enfant, qu'elle a déposé en préfecture du Val-de-Marne une demande d'admission exceptionnelle au séjour en décembre 2022, que des documents complémentaires lui ont été demandés, qu'elle les a communiqués, qu'une décision implicite de rejet est donc née du silence de l'administration dont elle a sollicité la communication des motifs le 13 mai 2024 et que le 17 mai 2024, il lui a été à nouveau demandé de transmettre les documents déjà produits.

Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car elle est maintenue en situation précaire et, sur le doute sérieux, que la décision en cause porte atteinte à son droit à une vie privée et familiale car elle vit en France avec son conjoint en situation régulière.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Madame C a présenté une requête, enregistrée le 30 août 2024 sous le

n° 2410738, demandant l'annulation de la décision attaquée.

La présidente du Tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C, se disant ressortissante algérienne née le 17 février 1985 à Sidi M'Hamed (Alger), entrée en France selon ses dires en février 2021, pour y rejoindre son époux qui serait titulaire d'un certificat de résidence de dix ans, indique avoir déposé en préfecture du Val-de-Marne une demande d'admission exceptionnelle au séjour qui serait restée sans réponse et qui aurait fait l'objet d'une décision implicite de rejet dont elle aurait sollicité la communication des motifs le 13 mai 2024. Par une requête enregistrée le 30 août 2024,

Mme C a demandé au présent tribunal l'annulation de cette décision implicite de rejet et demande également, par une requête enregistrée le 14 octobre 2024, la suspension de son exécution.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de

l'affaire. () ".

3. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.

4. En l'espèce, la requérante, qui ne précise ni son identité, ni sa situation familiale, ni les conditions et la régularité de son entrée sur le territoire, ni la réalité de ses démarches entreprises auprès de la préfète du Val-de-Marne pour régulariser sa situation administrative, ne fait valoir, en l'état de sa requête, aucune circonstance particulière caractérisant la nécessité pour elle de bénéficier à très bref délai de la mesure provisoire qu'elle sollicite du juge des référés.

5. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter la requête de Mme C selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C épouse A et à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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