mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2413007 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 octobre 2024, Mme A B, représentée par Me Al Kahef, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, après l'avoir admise à l'aide juridictionnelle provisoire :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour lui permettant de justifier de son séjour et l'autorisant à travailler, dans un délai de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance de référé et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de poursuivre l'instruction de sa demande de titre de séjour dans un délai de 72 heures à compter de la notification de l'ordonnance de référé et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'État.
Elle indique que, de nationalité marocaine, elle est entrée en France le 4 septembre 2023 avec un visa d'étudiant, qu'elle n'a obtenu que le 20 décembre 2023 un rendez-vous en préfecture du Val-de-Marne, qu'elle n'a eu qu'une attestation de dépôt, que des compléments lui ont été demandés en mars 2024 qu'elle a produits, qu'elle n'a plus eu de nouvelles après, qu'elle a eu un récépissé le 5 juillet 2024 valable un mois qui n'a pas été renouvelé malgré de nombreuses relances et demandes.
Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car elle ne peut plus justifier de la régularité de son séjour et elle risque de ne pas valider son master en pouvant pas être engagée en alternance, et que cette situation porte atteinte à à sa liberté d'aller et venir, à son droit à la formation et au travail et à son droit au respect de la vie privée et familiale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante marocaine née le 18 mars 2002 à Ain Chock (Casablanca), entrée en France en dernier lieu le 4 septembre 2023 munie d'un visa de court séjour délivré par les autorités consulaires françaises à Casablanca, s'est inscrite à la " Sport Management School " de Paris (75019), pour y suivre des études en vue d'obtenir un master. Elle a déposé, le 20 décembre 2023, en préfecture du Val-de-Marne, une demande de titre de séjour et " une attestation de dépôt ", valable trois mois lui a été délivrée. Des éléments complémentaires lui ont été demandés les 4 et 25 mars 2024 qu'elle a produit. Son " attestation de dépôt " n'a toutefois pas été renouvelée. Par une première requête enregistrée le
4 juillet 2024, elle a demandé au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de la convoquer pour lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne a convoqué l'intéressée pour le 5 juillet 2024 à cette fin et lui a délivré un récépissé valable un mois qui n'a pas été renouvelé malgré de multiples demandes et interventions en ce sens, toutes restées sans réponse. Par une nouvelle requête enregistrée le
21 octobre 2024, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour lui permettant de justifier de son séjour et l'autorisant à travailler.
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'admettre la requérante, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
5. Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Ne constitue pas une telle circonstance particulière le seul fait que l'étranger se soit vu opposer un refus de renouvellement de son titre de séjour, alors même qu'une présomption d'urgence serait en principe constatée si le juge des référés était saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du même code.
6. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code :
" La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de
quatre mois. () ".
7. En l'espèce, faute de renouvellement du récépissé de Mme B à son échéance, la préfète du Val-de-Marne doit être considérée comme ayant opposé une décision implicite de rejet à la demande de première délivrance d'une carte de séjour présentée par l'intéressée, dès lors qu'elle intervient plus de quatre mois après la production des pièces complémentaires demandées par le service instructeur de la préfecture.
8. Par suite, comme il l'a été précisé au point 3, une décision de refus de première délivrance d'un titre de séjour ne portant pas, par elle-même, et quand bien même il serait soutenu que cette délivrance serait de plein droit, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la requête de Mme B ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme B n'est pas admise à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la préfète du
Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026