lundi 18 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2413075 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Ducassoux, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, après l'avoir admis à l'aide juridictionnelle provisoire :
1°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de le convoquer en préfecture pour un rendez-vous afin de lui délivrer un récépissé de renouvellement de carte de séjour pluriannuelle au titre de la vie privée et familiale sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;
2°) de mettre à la charge du préfet du Val-de-Marne la somme de 2 400 euros à verser à son conseil au titre des articles 34 et 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ou à défaut, de mettre à la charge du préfet du Val-de-Marne cette somme à lui verser
au titre de l'article L.761-1 du code de la justice administrative.
Il indique que, de nationalité ivoirienne, il a demandé le renouvellement de son titre de séjour en qualité de malade qui est arrivé à échéance le 10 mars 2024, qu'il a communiqué son dossier médical le 26 février 2024, qu'il a reçu une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 27 août 2024 qui n'a pas été renouvelée malgré plusieurs demandes en ce sens et un déplacement en préfecture, et que l'avis du collège des médecins a été transmis en préfecture le 18 septembre 2024.
Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car son contrat de travail a été suspendu et il risque d'être licencié et que cette situation porte atteinte à son droit au travail et à son droit d'accès au service public et aux soins.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien né le 14 mai 1973 à Divo, a été titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " vie privée et familiale ", en qualité de malade, délivrée par la préfète du Val-de-Marne et valable jusqu'au 10 mars 2024. Il en a demandé le renouvellement le 14 février 2024 et a communiqué, le 26 février 2024 son dossier médical à l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le 28 mai 2024, la préfète du
Val-de-Marne a mis à sa disposition sur son compte ouvert sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France une attestation de prolongation d'instruction valable trois mois, qui n'a pas été renouvelée. Le 18 septembre 2024, il a été informé que l'avis du collège de médecins avait été communiqué à la préfète du Val-de-Marne. Celle-ci n'a répondu à aucune de ses demandes tendant à ce que son attestation soit renouvelée. Par une requête enregistrée le
22 octobre 2024, il sollicite du juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de le convoquer en préfecture pour un rendez-vous afin de lui délivrer un récépissé de renouvellement de carte de séjour pluriannuelle au titre de la vie privée et familiale.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Le requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative doit justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de
celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Ne constitue pas une telle circonstance particulière le seul fait que l'étranger se soit vu opposer un refus de renouvellement de son titre de séjour, alors même qu'une présomption d'urgence serait en principe constatée si le
juge des référés était saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du même code.
4. Aux termes de l'article R. 432-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le silence gardé par l'autorité administrative sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2 du même code :
" La décision implicite de rejet mentionnée à l'article R. 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois. () ".
5. Il résulte de ces dispositions que le délai de quatre mois court à compter du dépôt du dossier complet par l'intéressé auprès de l'administration, complétude révélée par la mise à disposition d'une attestation de prolongation d'instruction laquelle n'est délivrée, aux termes de l'article R. 431-15-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que " lorsque l'instruction d'une demande complète et déposée dans le respect des délais mentionnés à l'article R. 431-5 se poursuit au-delà de la date de validité du document de séjour détenu ", et non, comme le soutient le requérant en l'espèce, à compter de la transmission de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et l'intégration à la préfecture concernée, s'agissant d'un délai d'instruction devant comprendre l'ensemble des procédures internes à l'administration.
6. En l'espèce, faute de renouvellement de l'attestation de prolongation d'instruction à son échéance le 27 août 2024, la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses) doit être considérée comme ayant opposé une décision implicite de rejet à la demande de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle présentée par l'intéressé, dès lors que cette date excède le délai de quatre mois, mentionné au point 4.
7. Par suite, comme il l'a été précisé au point 3, une décision de refus de renouvellement d'un titre de séjour ne portant pas, par elle-même, et quand bien même il serait soutenu que cette délivrance serait de plein droit, une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, la requête de M. A ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris en ce qui concerne la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au préfet du
Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026