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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2413082

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2413082

mardi 5 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2413082
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantACTIS AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A, ressortissante britannique, qui demandait qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour. La requérante invoquait une atteinte à son droit au travail et à sa liberté d'aller et de venir en raison de l'absence de réponse à sa demande de titre. Le juge a estimé que la condition d'urgence particulière n'était pas satisfaite, faute pour l'intéressée de démontrer un risque imminent de suspension ou de rupture de son contrat de travail par son employeur. La requête a donc été rejetée comme manifestement mal fondée en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 octobre 2024, Mme B A, représentée par Me Manelphe de Wailly, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour en lui fixant un rendez-vous pour y procéder, dans un délai de 24 heures à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard,

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 100 euros par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle indique que, de nationalité britannique, elle est entrée en France avec un visa portant la mention " passeport talent - salarié entreprise innovante " valable jusqu'au

30 octobre 2024, qu'elle a déposé sa demande de titre de séjour le 24 septembre 2024 et qu'elle n'a eu aucune réponse.

Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car son entreprise risque de mettre fin à son contrat de travail et que cette situation porte atteinte à son droit au travail et à sa liberté d'aller et de venir.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante britannique née le 14 janvier 1995 à Irvine, entrée en France munie d'un visa de long séjour portant la mention " passeport talent - entreprise innovante " délivré par les autorités consulaires françaises à Francfort (Allemagne) et valable jusqu'au 30 octobre 2024, a déposé sur la plateforme de l'Administration numérique pour les étrangers en France, le 24 septembre 2024, une demande de titre de séjour. Elle a conclu un contrat à durée indéterminée en qualité de " customer support and expérience @Ayolab " avec la société " AYO17 " de Paris (75014), reconnue entreprise innovante par le ministre de l'économie, des finances et de la relance. Elle n'a reçu aucune réponse de la préfecture du

Val-de-Marne. Par une requête enregistrée le 23 octobre 2024, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour en lui fixant un rendez-vous pour y procéder.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. / Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ".

3. En l'espèce, l'intéressée, qui est liée par un contrat à durée indéterminée avec la société " AYO17 ", ne fait valoir aucune intention exprimée par son employeur, nonobstant les termes de son contrat de travail, de suspendre son contrat de travail, voire d'y mettre fin, en cas d'absence de titre de séjour valide, y compris à la date de la présente ordonnance.

4. Par suite, la condition d'urgence particulière de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne peut être considérée comme satisfaite et la requête de Mme A ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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