mardi 5 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2413110 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ACTIS AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 octobre 2024, Mme A B, représentée par Me Favain, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne d'instruire sa demande dans un délai de
5 jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler dans un délai de 5 jours à compter de la notification de la décision à intervenir également sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat (préfète du Val-de-Marne) une somme de
1 500 euros au titre des frais irrépétibles.
Elle soutient que, de nationalité algérienne, elle est entrée en France le 17 août 2021 munie d'un visa d'étudiant, qu'elle a ensuite obtenu une carte de séjour portant la mention " salarié dont elle a demandé le renouvellement le 7 octobre 2024 en transmettant sa demande par voie postale à la sous-préfecture de L'Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne), qu'elle n'a reçu aucun récépissé, que la condition d'urgence est satisfaite car elle ne dispose plus du droit de travailler en France alors qu'elle a demandé le renouvellement de son titre de séjour et que la mesure sollicitée est utile, et ne fait obstacle à aucune décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1 Mme B, ressortissante algérienne née le 19 septembre 1991 à Kouba, a bénéficié en dernier lieu d'un certificat de résidence algérien portant la mention " salarié " délivré par la préfète du Val-de-Marne et valable jusqu'au 20 octobre 2024. Elle exerce les fonctions de " Engineering program manager " auprès de la société " Opensee " de
Paris (75005) en application d'une autorisation de travail délivrée le 1er octobre 2024 par le ministre de l'intérieur. Elle en a sollicité le renouvellement auprès de la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses) qui, le 20 septembre 2024, lui a accordé un rendez-vous pour le 3 octobre 2024, date à laquelle il lui a été demandé de déposer son dossier de demande par voie postale, ce que l'intéressée a fait dès le 7 octobre 2024. A l'échéance de son certificat de résidence algérien, aucun récépissé de demande de titre de séjour n'a été délivré à l'intéressée. Par une requête enregistrée le 23 octobre 2024, Mme B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne d'instruire sa demande et de lui délivrer un récépissé de demande de titre de séjour.
2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les
deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3 Saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4 Aux termes de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. () ".
5 En l'espèce, il ressort des pièces du dossier qu'à la date de l'échéance du certificat de résidence algérien de Mme B, la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de
l'Haÿ-les-Roses) n'a pas délivré de récépissé de demande de titre de séjour, alors même que l'intéressée dispose d'une autorisation de travail délivrée par le ministre de l'intérieur. Ce défaut de délivrance ne peut être interprété que comme révélant une décision de refus de délivrance de ce document.
6 Eu égard à l'intervention de cette décision de refus, et dans la mesure où, ainsi qu'il l'a été dit au point 3, le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article
L. 521-3 du code de justice administrative, ne saurait faire obstacle à une décision administrative, la demande formée par Madame B sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative ne revêt plus aucun caractère d'utilité.
7 Dans ces conditions, la requête de Madame B ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, l'intéressée demeurant fondée, si elle l'estime utile, de contester la légalité de cette décision implicite par un recours en excès de pouvoir devant le présent tribunal, assorti le cas échéant d'une demande en référé suspension.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la préfète du
Val-de-Marne.
Le juge des référés,
Signé : M. Aymard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — N° TA95-2515745
01/07/2026
Tribunal Administratif de Toulon — N° TA83-2502101
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608358
01/07/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2607258
01/07/2026