LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2413115

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2413115

mardi 12 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2413115
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLANTHEAUME

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 octobre 2024, Mme C B, représentée par

Me Lantheaume, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité, après l'avoir admise à l'aide juridictionnelle provisoire :

1°) de suspendre l'exécution de la décision de refus de renouvellement de titre de séjour pris à son encontre par le préfet de Seine-et-Marne le 4 septembre 2024 ;

2°) d'enjoindre au préfet de Seine-et-Marne, sur le fondement des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, injonction assortie d'une astreinte fixée à 50 euros par jour de retard, en application de l'article L. 911-3 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat (préfet de Seine-et-Marne) la somme de 1 300 euros à verser à son conseil, sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve de la renonciation à la part contributive de l'État. En cas de rejet de l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle, mettre cette somme à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle indique que, de nationalité algérienne, elle est entrée en France le 14 avril 2023 avec un visa de long séjour en qualité de conjoint de français, qu'elle a été contrainte de quitter le domicile conjugal en raison des violences subies par son mari et qu'elle a trouvé refuge chez son frère, qu'elle a déposé plainte le 9 mai 2024 et a assigné son époux en divorce le 11 septembre 2024, qu'elle a sollicité le renouvellement de son certificat de résidence algérien et que, par un arrêté du

4 septembre 2024, le préfet de Seine-et-Marne a refusé de faire droit à sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

Elle soutient que la condition d'urgence est satisfaite car le renouvellement de son titre de séjour lui a été refusé et, sur le doute sérieux, que la décision en cause est insuffisamment motivée, qu'elle méconnait les stipulations des articles 6, 2°) et 7 bis a) de l'accord franco-algérien car elle est toujours mariée à son conjoint français et qu'elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation car le préfet n'a pas fait usage de son pouvoir discrétionnaire au regard de sa vie privée et familiale sur le territoire français et qu'elle méconnait donc les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 5 novembre 2024, le préfet de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.

Vu :

- la décision contestée,

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République algérienne démocratique et populaire relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique et le décret

n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 modifié pris pour son application ;

- le code de justice administrative.

Par une requête enregistrée le 14 octobre 2024 sous le n° 2412695, Mme B a demandé l'annulation de la décision contestée.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Après avoir, au cours de l'audience du 5 novembre 2024, tenue en présence de

Mme Dusautois, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu les observations de

Me Lantheaume, représentant Mme B, absente, qui maintient que l'appréciation du préfet de Seine-et-Marne est erronée car il n'a pas pris en compte le fait qu'elle avait porté plainte et engagée une procédure de divorce, qu'elle est suivie par un médecin et qu'elle a mis en place une démarche d'insertion.

Le préfet de Seine-et-Marne, dûment convoqué, n'était ni présenté ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante algérienne née le 15 février 1983 à Mekla (wilaya de Tizi-Ouzou), entrée en France le 14 avril 2023 munie d'un visa portant la mention " famille de français " délivré par les autorités consulaires françaises à Alger, a bénéficié d'un certificat de résidence algérien portant la mention " vie privée et familiale " en qualité de conjoint de français délivré par le préfet de Seine-et-Marne et valable jusqu'au 19 juillet 2024. Elle avait en effet épousé, le 15 août 2022 en Algérie un ressortissant français et l'acte de mariage a été transcrit à l'état-civil français le 28 février 2023. Elle en a sollicité le renouvellement et s'est vu remettre, le 20 août 2024, un récépissé de demande de titre de séjour valable trois mois. Le 9 mai 2024, Mme B a porté plainte contre son conjoint pour violences conjugales devant les services de police de Villeparisis (Seine-et-Marne) et a engagé une procédure de divorce le 11 septembre 2024. Par une décision du

4 septembre 2024, le préfet de Seine-et-Marne a refusé de faire droit à sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par une requête enregistrée le 14 octobre 2024, Mme B a demandé l'annulation de cet arrêté et sollicite du juge des référés, par une requête enregistrée le 23 octobre 2024, la suspension de son exécution en tant que cette décision a refusé de renouveler son certificat de résidence algérien.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre la requérante, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

5. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".

6. Aux termes des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du

27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 2) au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français () Le premier renouvellement du certificat de résidence délivré au titre du 2) ci-dessus est subordonné à une communauté de vie effective entre époux ". Ces stipulations régissent de manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, ainsi que les conditions dans lesquelles leurs conjoints et leurs enfants mineurs peuvent s'installer en France.

7. Si une ressortissante algérienne ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives au renouvellement du titre de séjour lorsque l'étranger a subi des violences conjugales et que la communauté de vie a été rompue, il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressée, et notamment des violences conjugales alléguées, l'opportunité d'une mesure de régularisation ; qu'il appartient seulement au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de vérifier que le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation portée sur la situation personnelle de l'intéressée.

8. Il résulte par ailleurs de ces mêmes dispositions que, si l'octroi et le renouvellement du certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " délivré de plein droit au ressortissant algérien marié avec un ressortissant de nationalité française sont subordonnés à l'existence de ce lien conjugal, seul le premier renouvellement d'un tel certificat est soumis à la condition d'une communauté de vie effective entre les époux.

9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme B est entrée en France le 14 avril 2023, à l'âge de 40 ans, soit moins de dix-huit mois avant la décision contestée, que son mariage avec un ressortissant français n'avait été célébré que moins d'un an auparavant, que le couple n'a pas d'enfants, qu'il est constant que la vie commune effective entre les époux a duré moins d'un an, qu'une procédure de divorce a été engagée en septembre 2024, que l'intéressée ne fait valoir aucune intégration ni aucune qualification professionnelle particulière et que, si de nombreux membres de sa famille résident régulièrement en France, elle a vécu en Algérie jusqu'à l'âge de 40 ans sans qu'il soit soutenu que cet éloignement ait eu des conséquences sur sa vie personnelle.

10. Dans ces conditions, et en l'état de l'instruction, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet de Seine-et-Marne, en lui refusant, par la décision contestée, par ailleurs correctement motivée, le renouvellement de son certificat de résidence algérien au motif de la rupture de la communauté de vie effective d'avec son époux français aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation à laquelle il s'est livré de sa situation personnelle dans l'exercice de son pouvoir discrétionnaire de régularisation.

11. Par suite, les moyens tirés de ce que la décision contestée, en tant qu'elle a refusé à Mme B le renouvellement de son certificat de résidence algérien, méconnaitrait également les stipulations du b) de l'article 7 de l'accord franco-algérien, dès lors qu'il est constant que la communauté de vie effective entre les époux a cessé avant même son premier anniversaire et les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, à raison de la présence de ses proches en France et son suivi médical, ne sont pas de nature, également à créer un doute sérieux sur sa légalité.

12. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que, aucun des moyens n'étant de nature, en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, la requête de

Mme B ne pourra qu'être rejetée, sans qu'il soit besoin de statuer sur l'urgence.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B est admise à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C B, à Me Lantheaume et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera communiquée au préfet de Seine-et-Marne.

Le juge des référés,La greffière,

A : M. AymardA : O. Dusautois

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2413115

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions