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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2413232

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2413232

mardi 5 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2413232
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET BARDON & DE FAY - BF2A

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 24 octobre 2024, présentée par Me de Faÿ, la commune de Coulommiers, représentée par son maire en exercice, demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de prononcer l'expulsion du cirque Zavatta, dont Mme A se présente comme la responsable légale, et tous les occupants sans droit ni titre, du Foirail de la Sucrerie et du petit parking de la Sucrerie, situé au 77 rue du Général Leclerc ;

2°) d'enjoindre à Mme A d'évacuer sans délai l'emplacement que ce cirque occupe irrégulièrement sous astreinte à l'encontre de 500 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de Mme A et des représentants légaux du cirque Zavatta le versement de la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les conditions d'urgence et d'utilité, au sens de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, sont remplies dès lors que l'occupation illégale de son domaine public par le cirque Zavatta crée un trouble manifeste à l'ordre public, une brocante réunissant une centaine d'exposants devant occuper les lieux pour la journée du 27 octobre 2024 ; qu'il ne sera pas possible de respecter les normes applicables en matière d'accueil du public compte tenu de la présence des installations du cirque sur le site ; que l'occupation illégale des lieux par le cirque Zavatta empêchera les prochains occupants des lieux à réaliser normalement leurs activités ou même elle-même d'honorer la totalité de ses engagements envers les organisateurs des événements prévus sur le site au cours des prochaines semaines, à savoir le salon du tatouage le 8 novembre 2024, le salon des collectionneurs les 16 et 17 novembre 2024 et le téléthon du 28 au 30 novembre 2024 ;

- sa demande ne se heurte à aucune contestation sérieuse dès lors les représentants du cirque Zavatta et leurs occupants ne justifient d'aucun droit ni titre d'occupation régulier du domaine au jour de l'introduction du présent référé.

La requête a été communiquée à Mme A, représentante légale du cirque Zavatta ainsi qu'aux occupants du site, qui n'a pas produit d'observations en défense.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Di Candia, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 28 octobre 2024 en présence de Mme Aubret, greffière d'audience, M. Di Candia a lu son rapport et entendu :

- les observations de Me Lesure, pour la commune de Coulommiers, qui maintient ses conclusions par les mêmes moyens et soutient en outre que la brocante du 27 octobre 2024 n'a pas pu se tenir dans des conditions normales, de nombreux exposant ayant dû renoncer à leur présence, afin d'éviter des troubles à l'ordre public, que le salon du tatouage doit réunir davantage d'exposants encore.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique le

28 octobre 2024 à 15h09.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur ce fondement d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, dont l'expulsion d'occupants sans titre du domaine public, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.

2. Par arrêté du 27 août 2024, le maire de Coulommiers a autorisé le cirque Zavatta à occuper le foirail de la Sucrerie, sis 77 rue du Général Leclerc, pour la période du 17 au 21 octobre 2024 inclus aux fins d'y organiser ses spectacles. Sur demande du pétitionnaire, le maire a prolongé verbalement cette autorisation jusqu'au 24 octobre 2024, le dernier spectacle autorisé étant prévu la veille. Le 24 octobre 2024, les agents de police municipale ont constaté la persistance de la présence sur le site des installations du cirque, composées de trente-quatre véhicules, de deux chapiteaux d'une surface respective de 200 mètres carré et 25 m², d'un barriérage et d'une cage d'une surface approximative de 50 mètres carré. Par courrier du même jour remis en main propre, le maire de Coulommiers a enjoint aux représentants légaux du cirque de quitter les lieux le jour même à peine de saisine du préfet de Seine-et-Marne pour obtenir le concours de la force publique en vue de leur expulsion. Par la présente requête, la commune de Coulommiers demande au juge des référés, statuant par application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de prononcer l'expulsion du cirque Zavatta, dont la responsable est Mme A, et de tous les occupants sans droit ni titre, du foirail de la Sucrerie et du petit parking de la Sucrerie sans délai et sous astreinte.

3. En l'espèce, il résulte de l'instruction et il n'est au demeurant pas contesté que

Mme A et d'autres membres du personnel du cirque Zavatta se sont installés sur le foirail de la Sucrerie, qui fait partie du complexe socio-culturel de la Sucrerie, lequel consiste en un grand parking adjacent une salle de spectacle de plus de neuf cents places assises, sur lequel sont organisés des événements de type foire ou salon, et d'un petit parking.

4. D'autre part, il n'est pas davantage contesté que le foirail de la Sucrerie appartient au domaine public de la commune de Coulommiers et que les personnes qui l'occupent ne disposent plus d'aucun titre les y habilitant.

5. Enfin, il résulte également de l'instruction et n'est pas davantage contesté que l'occupation du foirail par le cirque fait obstacle à ce que les lieux puissent accueillir dans des conditions de sécurité suffisantes le salon du tatouage, qui doit se tenir le 8 novembre 2024, le salon des collectionneurs, les 16 et 17 novembre 2024, ou encore le téléthon, du 28 au 30 novembre 2024. Dans ces conditions, la libération des lieux présente un caractère d'utilité et d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative.

6. Aucune contestation sérieuse ne s'opposant à la demande d'injonction de la commune de Coulommiers, il y a lieu d'enjoindre aux occupants sans droit ni titre du site du foirail de la Sucrerie de quitter les lieux immédiatement à compter de la notification de la présente ordonnance, sous peine d'en être expulsés avec le concours de la force publique. Il y a lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte de 300 euros par jour de retard si elle n'est pas exécutée dans les quinze heures suivant la notification de la présente ordonnance.

7. Enfin, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire de Mme A et de tous autres occupants de son chef une somme de 1 000 euros à verser à la commune de Coulommiers, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est enjoint à tous les occupants sans droit ni titre du foirail de la Sucrerie sis 77 rue du Général Leclerc sur le territoire de la commune de Coulommiers, de libérer immédiatement les lieux, sous peine d'en être expulsés avec le concours de la force publique.

Article 2 : Cette injonction est assortie d'une astreinte de 300 euros par jour de retard si elle n'est pas exécutée dans les quinze heures suivant la notification de la présente ordonnance.

Article 3 : Mme A et tous occupants de son chef verseront solidairement à la commune de Coulommiers une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Coulommiers, à Mme A et aux occupants du site du foirail de la Sucrerie, à Coulommiers.

Copie en sera adressée pour information au préfet de Seine-et-Marne.

Fait à Melun, le 5 novembre 2024.

Le juge des référés,

Signé : O. Di CandiaLa greffière,

Signé : S. Aubret

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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