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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2413589

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2413589

mardi 5 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2413589
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantOUKHELIFA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 octobre 2024, Mme A C B représentée par Me Oukhelifa, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article

L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner à la préfète du Val-de-Marne de lui octroyer une date de rendez-vous avec injonction d'examen dans le cadre d'une admission au séjour en qualité de parent d'enfant scolarisé ou " vie privée et familiale " sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sous astreinte de

250 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative à verser à son conseil.

Elle soutient que, de nationalité marocaine, elle a sollicité de la préfète du

Val-de-Marne un rendez-vous en vue de déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de parent d'un enfant scolarisé le 31 juillet 2023, et qu'elle n'a eu aucune réponse, malgré une relance du 26 mars 2024, que la condition d'urgence est satisfaite car elle est maintenue en situation irrégulière, et que la mesure sollicitée est utile, et ne fait obstacle à aucune décision administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1 Mme B, ressortissante marocaine née le 17 janvier 1990 à Sidi Kacem (Région de Salé-Rabat-Kenitra), entrée dans l'espace Schengen le 22 février 2018 munie d'un visa de court séjour délivré par les autorités consulaires françaises à Rabat, avec son fils, né

en avril 2015, a sollicité de la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses), le 29 mars 2024, un rendez-vous en vue de déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour, en qualité de parent d'enfant scolarisé. Elle indique que cette demande faisait suite à une précédente, en date du 31 juillet 2023, restée sans réponse. Elle n'a reçu aucune réponse à sa nouvelle demande. Par une requête enregistrée le 31 octobre 2024, elle demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, qu'il soit enjoint à la préfète du Val-de-Marne de lui octroyer une date de rendez-vous avec injonction d'examen dans le cadre d'une admission au séjour.

2 Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence, et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit contenir l'exposé au moins sommaire des faits et moyens et justifier de l'urgence de l'affaire. () ".

3 Eu égard aux conséquences qu'a sur la situation d'un étranger, notamment sur son droit à se maintenir en France et, dans certains cas, à y travailler, la détention du récépissé qui lui est en principe remis après l'enregistrement de sa demande et au droit qu'il a de voir sa situation examinée au regard des dispositions relatives au séjour des étrangers en France, il incombe à l'autorité administrative, après lui avoir fixé un rendez-vous, de le recevoir en préfecture et, si son dossier est complet, de procéder à l'enregistrement de sa demande, dans un délai raisonnable. Lorsque le rendez-vous ne peut être demandé qu'après avoir procédé en ligne à des formalités préalables, il résulte de ce qui vient d'être dit que si l'étranger établit n'avoir pu les accomplir, notamment lorsque le site ne permet pas de sélectionner la catégorie de titre à laquelle la demande doit être rattachée, ce dysfonctionnement ayant été constaté à l'occasion de plusieurs tentatives n'ayant pas été effectuées la même semaine, il peut demander au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de lui communiquer, dans un délai qu'il fixe, une date de rendez-vous. Il appartient alors au juge des référés d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du dysfonctionnement sur la situation concrète de l'intéressé. La condition d'urgence est ainsi en principe constatée dans le cas d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui d'obtenir rapidement ce rendez-vous.

4 En l'espèce, Mme B ne peut se prévaloir d'aucune circonstance particulière propre à rendre nécessaire l'obtention en urgence d'un rendez-vous en préfecture pour y effectuer le dépôt de sa demande de titre de séjour, dès lors qu'elle n'a présenté sa demande que plus de cinq ans après son entrée sur le territoire, qu'elle ne fait état de la présence d'aucun membre de sa famille proche en France, étant divorcée de son conjoint qui résiderait aussi en France, non plus que de l'impossibilité pour elle de retourner au Maroc avec son fils, et qu'elle n'exerce aucun emploi.

5 Dans ces conditions, la requête de Mme B ne pourra qu'être rejetée selon la procédure de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D B et à la préfète du Val-de-Marne.

Le juge des référés,

Signé : M. Aymard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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