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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2414006

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2414006

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2414006
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantVAHEDIAN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 novembre 2024, M. B C, représenté par Me Vahédian, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article

L. 521-1 du code de justice administrative, et jusqu'à ce qu'il soit statué sur sa légalité, après l'avoir admis à l'aide juridictionnelle provisoire :

1°) de suspendre la décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour en date du 30 juillet 2024 qui lui a été opposée par la préfète du Val-de-Marne ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " dans le délai de huit jours sous astreinte de

200 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet du Val-de-Marne à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative dans le délai de huit jours sous astreinte de 200 euros par jour de retard et lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat (préfet du Val-de-Marne) la somme de 2 500 euros à verser à son conseil, en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du

10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée par le bureau d'aide juridictionnelle, condamner le préfet du Val-de-Marne à lui verser cette somme.

Il indique que, de nationalité dominicaine, il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour et la préfète du Val-de-Marne lui a délivré, le 29 mars 2024, un récépissé de demande de titre de séjour qui n'a pas été renouvelée à son échéance, faisant naître une décision implicite de rejet le 30 juillet 2024, qu'il en a demandé la communication des motifs le 11 octobre 2024 sans obtenir de réponse.

Il soutient que la condition d'urgence est satisfaite car son récépissé n'a pas été renouvelé alors qu'il lui avait été délivré à la suite d'une ordonnance du juge des référés du présent tribunal ayant déjà constaté la condition d'urgence, et, sur le doute sérieux, que cette décision n'est pas motivée par il n'a pas été répondu à sa demande de communication de motifs et qu'elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme.

Par un mémoire en défense enregistré le 20 novembre 2024, le préfet du Val-de-Marne (sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses) conclut au non-lieu à statuer, son récépissé ayant été renouvelé le 14 novembre 2024, pour trois mois.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée relative à l'aide juridique et le décret

n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 modifié pris pour son application ;

- le code de justice administrative.

Par une requête enregistrée le 12 novembre 2024 sous le n° 2413973, M. C a demandé l'annulation de la décision contestée.

La présidente du tribunal administratif de Melun a désigné M. Aymard, vice-président, pour statuer en tant que juge des référés en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.

Après avoir, au cours de l'audience du 19 novembre 2024, tenue en présence de

Mme Dusautois, greffière d'audience, présenté son rapport et entendu les observations de Me Sangue substituant Me Vahédian, représentant M. C, absent, qui rappelle qu'il a contesté le défaut de renouvellement de son récépissé de demande de titre de séjour.

Le préfet du Val-de-Marne, dûment convoqué, n'était ni présent ni représenté.

Par une note en délibéré enregistrée le 22 novembre 2024, M. C, représenté par Me Vahédian, conclut aux mêmes fins.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, ressortissant dominicain né le 21 mai 1982 à Comendador (province d'Elias Piña), entré en France le 1er octobre 2015 muni d'un visa de long séjour délivré en qualité de conjoint de français par les autorités consulaires françaises à Saint-Domingue, a été titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle de deux ans portant la mention " vie privée et familiale " délivrée par le préfet du Val-d'Oise et valable jusqu'au 17 avril 2020, a été autorisé, le 12 mars 2024, par la préfète du Val-de-Marne à déposer une demande d'admission exceptionnelle au séjour par le travail, faisant valoir une activité professionnelle continue depuis août 2016. Aucun récépissé de demande de titre de séjour ne lui ayant été délivré lors de ce dépôt, il a contesté cette décision de refus par une requête enregistrée au greffe du présent tribunal le 19 mars 2024, assortie d'une demande de suspension de son exécution à laquelle il a été fait droit par une ordonnance du juge des référés du 28 mars 2024. La préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses) a alors délivré, le 29 mars 2024 à M. C un récépissé de demande de titre de séjour valable jusqu'au 28 septembre 2024, qui n'a pas été renouvelé à son échéance. Considérant s'être vu opposer une décision implicite de rejet à sa demande, il en a demandé la communication des motifs par une lettre notifiée le 11 octobre 2024 à la préfète du Val-de-Marne. Par une requête enregistrée le

12 novembre 2024, il a demandé au présent tribunal l'annulation de cette décision et sollicite du juge des référés, par une requête du même jour, la suspension de son exécution. Postérieurement à sa requête, la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses) indique avoir remis à

M. C un nouveau récépissé le 14 novembre 2024, valable trois mois.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Aux termes de l'article 61 du décret du

28 décembre 2020 : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre le requérant, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

5. Ainsi qu'il l'a été dit au point 1, la préfète du Val-de-Marne (sous-préfecture de l'Haÿ-les-Roses) a délivré à M. C, le 14 novembre 2024, un deuxième récépissé de demande de titre de séjour, comportant une autorisation de travail, valable trois mois. Dans ces conditions, et dans la mesure où le juge des référés, en application de l'article L. 511-1 du code de justice administrative, ne peut statuer que par des mesures qui " présentent un caractère provisoire " ; il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de sa requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Sur les frais irrépétibles :

6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

7. Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat du bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, partielle ou totale, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'État, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. Si l'avocat du bénéficiaire de l'aide recouvre cette somme, il renonce à percevoir la part contributive de l'État. S'il n'en recouvre qu'une partie, la fraction recouvrée vient en déduction de la part contributive de l'État. Si, à l'issue du délai de douze mois à compter du jour où la décision est passée en force de chose jugée, l'avocat n'a pas demandé le versement de tout ou partie de la part contributive de l'État, il est réputé avoir renoncé à

celle-ci () ".

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat (préfet du Val-de-Marne) une somme de 1 500 euros qui sera versée à Me Vahédian, conseil de

M. C, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée. Dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle ne serait pas attribuée au requérante, cette somme lui sera versée directement sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. C est admis à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. C présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.

Article 3 : L'Etat (préfet du Val-de-Marne) versera une somme de 1 500 euros à Me Vahédian, conseil de M. C, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour celle-ci de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à la mission d'aide juridictionnelle qui lui aura été confiée. Dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle ne serait pas attribuée au requérante, cette somme lui sera versée directement sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C, à Me Vahédian au ministre de l'intérieur.

Copie en sera communiquée au préfet du Val-de-Marne.

Le juge des référés,La greffière,

A : M. AymardA : O. Dusautois

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2414006

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