Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2414172

vendredi 6 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2414172
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation12ème chambre, éloignement
Avocat requérantBOUSQUET

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun rejette la requête de Mme B, ressortissante ivoirienne, qui contestait le refus de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Le tribunal estime que le refus est légalement fondé sur l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, car Mme B a refusé la proposition d'hébergement qui lui avait été faite lors de l'entretien du 28 octobre 2024. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation, la décision de l'OFII n'étant pas entachée d'erreur de droit.

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

Par une requête, enregistrée le 4 novembre 2024, Mme A B, demande au tribunal d'annuler la décision du 28 octobre 2024 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice de conditions matérielles d'accueil.

Mme B doit être regardée comme soutenant que la décision de l'OFII est entachée d'une erreur de droit.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 novembre 2024, l'OFII, représenté par son directeur général en exercice, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Binet, premier conseiller, pour statuer sur les recours dont le jugement relève des dispositions des articles L. 922-1 à L. 922-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Binet,

- et les observations de Me Bousquet, représentant Mme B, absente.

L'office français de l'immigration et de l'intégration n'était ni présent ni représenté.

La clôture d'instruction a été prononcée dans les conditions prévues à l'article R.922-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante ivoirienne, a sollicité l'asile au guichet unique des demandeurs d'asile de l'Essonne le 28 octobre 2024. Mme B s'est vu remettre une offre de prise en charge le jour même et s'est vu en conséquence notifier une orientation en hébergement qu'il a refusée. Par une décision du 28 octobre 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Melun a refusé de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Mme B demande au tribunal d'annuler cette décision du 28 octobre 2024.

Sur le surplus des conclusions des requêtes :

2. Aux termes de l'article L. 551-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur est informé, dans une langue qu'il comprend ou dont il est raisonnable de penser qu'il la comprend, que le bénéfice des conditions matérielles d'accueil peut lui être refusé ou qu'il peut y être mis fin dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 551-15 et L. 551-16 ". Aux termes de l'article L. 551-15 du même code : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : 1° Il refuse la région d'orientation déterminée en application de l'article

L. 551-3 ; 2° Il refuse la proposition d'hébergement qui lui est faite en application de l'article

L. 552-8 ; 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; 4° Il n'a pas sollicité l'asile, sans motif légitime, dans le délai prévu au 3° de l'article L. 531-27. / La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. "

3. Il ressort des pièces du dossier que Mme B a fait l'objet d'un entretien le 28 octobre 2024 avec les services de l'OFII au cours duquel il lui a été proposé une offre d'hébergement qu'elle a refusée. Conformément aux dispositions précitées, l'OFII lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Par suite, Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée.

4. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision attaquée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à l'office français de l'immigration et de l'intégration.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

D. Binet

La greffière,

C. Mahieu La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,